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dédaigneuse des écrivains profanes, que l'on s*inqaiète de voir les coutumes incomprises de ce peuple méprisé se répandre de plus en plus. Le vieil esprit romain^ de toutes parts débordé, en est réduit à se défendre par des cris d'alarme; il voudrait repousser ces mœurs et ces doctrines étrangères qui le dénaturent ; il sent confusément que Tart grec dans lei^ classes élevées de la société^ la superstition orientale dans les rangs inférieurs du peuple, transforment le monde, et, de même qu'Horace disait : La Grèce conquit Rome, ainsi Sénèque, faisant allusion aux Juifs qu'il confondait peut-être avec les chrétiens, s'écriait avec douleur : Les .vaincus ont donné des lois aux vainqueurs ; victi victoribus leges dedere.
Les pauvres.
Dans cette revue rapide de toutes les classes de la société romaine, nous devons nous occuper on moment de la plus nombreuse et la plus confuse, d'où sortaient, toutes les autres, où elles rentraient, de la classe des pauvres. Si Rome, ainsi que nous venons de le voir,, était devenue le rendez-vous de tous les peuples, et offrait à tous les aventuriers le moyen de faire fortune parleurs arts, leur industrie, leur commerce, leurs superstitions lucratives, les mendiants aussi de tous les pays y affluaient, comme il arrive dans les capitales, oà. la misère attend les reliefs de l'opulence. La mendicité se promène dans les rues, s'établit sur les ponts et les quais, revêt toutes les formes, quelquefois semble exei-*
cer un petit métier et trotrre mille moyens de solliciter la pitié. Celui-ci dit la bonne aventure; celui -là, pour n'avoir pas à raconter sans cesse son malheur à chaque passant, porte suspendu à son cou le tableau qui représente son naufrage. La Juive pénètre en treniblant dans les maisons et mendie timidement à Toreille des dames romaines ; elle dresse *sa jeune familiB à demander l'aumône *. La mendicité donne lieu à une horrible industrie; on vole et on mutile des enfants qu'on envoie dans les carrefours étaler lertirs hideuses infirmités pour exciter la compassion au profit des bouTneaux. S^ansnous arrêter sur cette mendicité qui n'est point particuEère à l'antiquité, on peut dire que presque tout le monde était pauvre à Rome. Le peuple romaein tout entier ne vivait que de libéralités. Le gouvernement se chargeait de lui fournir tout ce dont il avait besoin, des jeux et du pain. Les riches nourrissaient leurs clients, « la foule desquirites en toge qui se disputaient la sportule '; » tous tendaient la main devant une porte opulente, magistrats, patriciens, affranchis, confondus dans l'égalité de la misère. La principale cause du mal était l'extension de la grande propriété qui envahissait des provinces entières, transformait en pâturages ou en jar^s improductifs la terre habitée par les htmames, et .par des usurpations ccmtinuelleB que le gouvernement même des empereurs ne pouvait empêcher, dépeuplait les campagnes et réduisait les laboureurs à chercher mt asile dans Home en n'emportant dans leur fuite qm leurs dieux pénates et leurs enfants : c Vous compte*riez à peine, dit Juvé&al, ceux qui ont à pleurer aujont^ d'iuii le-champ usurpé de leurs pères \ » Mémedajaslo»