XIV
LA 80GEÉTÉ BCUCAniE. SSl
luHDiQe? Ita servus h&mê M*^^ » De kiigiiinr riÙBàims fia diraient luoinB que Mft qaalqiiw mots «tspm dans une quereUa de ménage.
Nous ne prëtendons paa maàr fait de Juisénl voe étude complète , et nous sa^KMcts de eombiîeB M s'en facEt Un nombre infim de détails intéressants, mais épars^ comme on en ^encontre dans tons les onvxsges satiriques, n'ont pas pu trouver place dans le cadre que neinB avons choisi. II nous resterait «Dcore h l'envisager comme poète, à &ire un examen plus délicat de son talent et de son style. Qu'il nous suffise d*avQir détaché de oes peintures historiques ce qui peut éclairer l'histoire gétiérale de Borne sous 1* empire. Malgré Texagération quelquefois suspecte de son langage, ce fidèle interprète des opinions vulgaires fait bien connaître l'esprit de son temps, par cela précisément qu'il s'est foirmé, non dans les écoles de philosophie dont renseignement devance souvent le siècle, mais dans les officines de la rhétorique, où l'on ne met en œuvre que des idées communes et déjà répandues. C'est pourquoi on rencontre chez lui tant de préventions romaines fortement enracinées et un certain nombre de sentiments nouveaux, confus, nud compris, qui percent ça et là dans ses satires avec une étonnante vigueur. Qu'il nous soit permis de rappeler et de présenter en raccourci cette suite de tableaux où Juvénal a peint les différentes classes de la société romaine. On y voit comment le patriciat, jadis exclusif et jaloux, est écrasé par les empereurs, avili par sa propre corruption et de toutes parts envahi. Avec lui tombent de vieilles barrières et les privilèges d'un peuple et d'une caste. Les affranchis arrivent à la lumière, prennent leur place au soleil et ouvrent la voie à ceux qui marchent
derrière eux et qui seront affranchis demain. En' même temps, pendant gne les préjugés contre la race servile sont surmontés par la force des choses, s'affaiblissent et s'effaoent, Rome devient le refuge de tous les vaincus, les étrangers pénètrent dans la cité et étendent chaque ■jour leur pacifique conquête. Les Grecs, par le prestige de leurs arts et leur habileté insinuante^ s'emparent des classes élevées et imposent aux vainqueurs leurs mœurs, leur langue et leur littérature. Dans les bas-fonds, les Asiatiques, les juifs, les chrétiens, propagent leurs croyances méconnues et préparent obscurément Tavenir. La multitude des pauvres, mécontente du présent, murmure, se plaint et proteste contre cette société épuisée qui ne sait rien faire pour eux. Enfin les esclaves comp« tent pour quelque chose et sont au moins réhabilités parla pitié* H se fait partout un sourd et vaste travail de lente transformation. L'institution politique seule demeure, mais sous ce solide édifice qui abrite tant de pensées hétérogènes et d'éléments disparates, tout se mêle, se confond, aspire à l'unité, se nourrit d'inquiètes espérances. Même en lisant le satirique Juvénal, on sent que le monde ancien troublé éprouve de vagues tressail*^ lements et qu'il porte dans ses flancs les germes d'une doctrine et d'une société nouvelles.
LE