Quanto satius est ire aperta via et recta. Lettre CIL
% Non débet hoc nobis esse propositum, arguta disserere et philosophiam in bas angustias ex sua majestate detrabere. Ibid.
3. Quid ista resmejuvat? fortiorem faciet, justiorem, tempera- UoremYleltreCUL
Mon est jocandi locus : ad miseros advocatus es. Lettre XLYIII,
c'est elle qui lui doDne cette apparence de directeur et lui fait répéter si souvent, sous tant de formes diverses, cette humble et morale pensée qui semble empruntée à la pratique chrétienne : «Ces sortes de questions font des hommes habiles et non des gens de bien. La sagesse est une science plus ouverte et plus simplet »
Sénèqae comparé aveo les directeurs ohrMiàiM.
Pour prouver mieux encore combien renseignement moral de Sénèque est pratique, il convient de montrer comment dans ses lettres il a rencontré souvent les idées du christianisme, et presque son langage ^. Aussi les chrétiens ont-iÈs revendiqué le philosophe païen. Le concile de Trente le cite comme il ferait un Père de TÉglise,
1. Non facîunt bonos ista sed doctos. Apertior r^s est lÀpere, imo sîmplicior. Lettre GVI.
2. Nous nlndiquons ces rapports qu'au point de vue particulier de la direction morale. Il n'entre pas dans notre plan de relever toutes les ressembrance? plus ou moins réelles qu'on a souvent signalées entre la doctrine stolque et le christianisme. Cette comparaison a été faite dans bien des livres dont les conclusions sont fort diverses, entre autres dans l'ouvsage de M. Fleury, Sénèque et saint Paul, où l'auteur entreprend de prouver que le philo- ' sophe a connu l'apôtre. Mais nous aimon? mieux renvoyer au livre de M. Âubertin sur les rapports supposés de Sénèque et de saint PauZ, où il est démontré, d'une manière, selon nous^ irréfutable^ que ces ressemblances de doctrine sont toutes fortuites. Ce livre remarquable et trop peu connu annonce à la fois un érodlt et un écrivain.
et saint Jërôme le place aca nombre des écrivains eccKsîostiqties et l'appelle notre Sénèque.
Sons dente il ne fant pas attacher un trop grand prix k ces hommages rendus au philosophe par saint Jérôme, .Tertnllira, et d'autres autorités chrétiennes, parce qu'on croyait alors qu'il avait été le disciple de saint Paul et qu'il tenait ses lumières de l'apôtre. C'était moins k sa profonde sagesse qu'à son prétendu christianisme qu'on faisait honneur. Mais il est d'autres témoignages plus désintéressés et plus précieux, ceux de Lactance , par exemple, qui, tout en sachant que Sénèque n'est qu'un païen, tout en déclarant qu'il est étranger à la véritable religion, ne laisse pas de reconnaître avec admiration que sur Dieu il a parlé comme les chrétiens*.
Cependant, sur les grandes questions religieuses et morales, Sénèque ne fait que reproduire les idées de Platon, que Gicéron avait déjà répandueset popularisées, en leur enlevant les grâces subtiles de l'imagination grecque. Or si, sans avoir rien inventé, il a frappé davantage les chrétiens, c'est qu'il a fait descendre des hauteurs de la métaphysique, et entrer dans l'usage ces grandes idées renfermées autrefois dans les écoles, et qu'en les appliquant à la conduite particulière des hommes, il a trouvé ces nuanoes délicates qui vivifient la morale, en ta rendant plus persuasive, et rencontré souvent les prescriptions que la religion chrétienne, si familière et si pratique, devait découvrir et ordonner. Nous devons examiner cette conformité de Sénèque et .des directeurs chrétiens, pour montrer jusqu'à quel point le philosophe païen a pénétré dans ce que la mo^
1. Quid vérins die! potest ab eo qui Deum nosset, quam dictum est ab hoimoe verse religionis ignare? Divin. Inst.f II, 14.— Quam multa alla de Deo no^^H similia locutus est! Ihid,, I, 4.
raie a de plus intérieur. Ici Bossuet pourra nous servir encore de commentaire.
Quoique Sënèque se contredise parfois, partage qu'il est entre le panthéisme stoïcien et la philosophie de Platon, cependant il est évident qu'il admet un Dieu unique, dont la providence gouyeme le monde, veille sur le genre himiain et s'enquiert même des hommes en particulier. Le eulte qu'il faut rendre à la divinité doit être tout moral. U l'honore^ celui qui la connaît, qui croit à sa toute-puissance, ainsi qu'à sa bonté ^ Bossuet, dans im sermon sur le Culte dû à Dieu^ ne fait que développer les idées de Sénèque dans le^même ordre : On adore Dieu, dit-il, en connaissant qu'il est une nature parfaite, souveraine et bienfaisante ; telle est la division de son discours.
Selon Sénèque, on honore Dieu en l'imitant, en s'efforçant de lui ressembler^. Soyons des dieux j s'écrie Bossuet, il nous le permet par limitation de sa sainteté^ Ce ne sont pas les richesses ni les honneurs qui peuvent nous rendre semblables à Dieu; Dieu est nu. Dieu est pauvre^. Combien tous les arguments sont-ils éloignés de la force de ces deux mots: Jésus-Christ est pauvre^ un Die» est paiavre^^
Le Dieu de Sénèque nfest pas reloué au fond des dâux, il vit avec les hommes, il est avec nous, il est en
1. Deum colit qui novit..«. Primus est Deorum cultus^ Deos credere; deinde reddere illis majestatem suam, reddere bonitatem sine qua nulla majestas est; scire illos esse qui praesident mundo, ' qui universa vi sua tempérant^ qui humani geueris tutelam gerunt, interdum curiosi slngutorum. Lettre XCY.