Virg., Éneid., II
2. Hsc disputamuSj attractis superciliis, fronts rugosa. Le$ire CXIII. •— Hoc est quod tristes docemus et pallidi. Lettre XLVIII.
de raisonnement, et qu'il les ramène aux solides médi* tations.
£n résumé, bien qu'il soit arrivé quelquefois à Sénèque de s'arrêter, plus qu'il ne fallait, dans une de ces questions inutiles, pour prouver sans doute, comme Socrate, qu'il savait battre les dialectiques avec leurs propres armes, il est à remarquer cependant qu'il évite ces curiosités de l'école % que d'ordinaire il reste moraliste, et qu'il a le bon sens et le bon goût d'accommoder, autant que les principes stoïciens le permettent, la morale k la nature humaine, jugeant directement les actions à la lumière du sens commun, expliquant les faiblesses, donnant le remède des maladies morales, montrant le bien et le mal en homme sensé, qui tient moins à faire tomber l'esprit dans les pièges de la dialectique, qu'à l'éclairer par les préceptes d'une expérience appuyée encore sur les principes d'une forte doctrine.
Selon lui, il ne faut pas profaner la majesté de la philosophie par des disputes sans dignité et sans but moral '. Au lieu de la compromettre par des tours d'adresse qui peuvent embarrasser les ignorants ou amuser les délicats, il faut songer uniquement à réformer les mœurs. Prouver parles choses et non par les mots, agir sur l'imagination et l'esprit par des peintures éloquentes et des pensées lumineuses, toucher le cœur et l'entraîner par des maximes dont on apprécie immédiatement la vérité et que le bon sens accepte, telle est la tâche du véritable philosophe, de celui qui veut rendre les hommes meilleurs •. C'est là Tunique préoccupation de Sénèque;