Fônelon, Méditation pour un malade
3. l!}ihil est tam damnosum bonis moribus, quam in aliquo spectaculo desldere; tune enim per voluptatem facilius vitia surrepunt.... avarior redBo, ambitiosior, luxuriosior, imo vero cruddlior quod inter homines fui. Lettre VU.
« Toutes leurs pièces ne sont que de vires représentations de passions, d'orgueil, d'ambition, de jalousie, de vengeange, etc. » Micole, de la Comédie, oh. vi.
■3. Hon débet excusationes vitio philosophia suggerere. KuQam liabet spem salutis «ger, qaum ad intemperantiam medicus hor- Utur. Lettre GXXIII.
mmmm
DANS ISS LETTRES BE SËNËQUE. 79
âornnt 'ttM reodues jnesponsabies. Les hypocrites dewent être assez nombreux dans une secte qui arait adopté certaines marques extérieures, un eostume^ un maintien dont la dignité sévère imposait le respect à la foule. Une robe Icmgue, des cheveux coupés ras, la pâleur de i-insomnie, une parole courte et rare, ime démarche grave, mi visage où se lisait la vertu % tel était rextéfîeur d'un stoïcien, sous lequel ee cachaient souvent des débauchés et des traîtres doot Tacite, Juvénal et Lucien ont fait justice. Sénèque ne parle point de leurs turpitudes, comme l'ont osé faire les satiriques; mais il n'épargne ni le faux zèle des uns, ni la sagesse banale des autres, ni surtout les dangereux sophismes de ces dialecticiens corrupteurs qui, sous l'autorité de la doctrine stoîque, fournissent aux vices des excuses, et enveloppent dans les formules sacrées de la philosophie leurs détestables maximes, enseignent, par exemple, que le sage seul sait faire l'amour, que seul il possède l'art d^être bon conviye et de bien boire. Sous prétexte de ne refuser au sage aucime qualité, conformément à la doctrine, ils lui accordaient même la perfection dans le vice, et lui per« mettaient ainsi de satisfaire ses passions sans abjurer sa foi philosophique, et de pécher honnêtement. « Le malade, dit Sénèque, est hors d'espérance de guérir quand le médecin lui conseille de faire la débauche*. » On croit entendre Bossue t s'écriant : « Seigneur « faites-nous justice contre ces ignorants médecins qui, pour trop épargner le membre pourri, font couler le venin au eœur*. » H faut les comparer, dit encore Sénèque, « à ees empiriques dont l'enseigne annonce des remèdes, et
1. Juvénal, II, 15; III, U5. — Perse, III, 54. — Taisite, An-