‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 39 sur 143 · Sermon sur les jugements humains · texte numérisé non relu

Sermon sur les jugements humains

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nos indiscrètes comparaisons : « Laissez Totre Sénèqne avec ses superbes opinions^... Ce philosophe insultait aux misères du genre humaine par une raillerie arrogante^. » Ayec quel éloquent dédain il adresse ces apostrophes aux chimériques maximes sur rinyulnérabilité du 8ag« : « C'est le prendre d'un ton bien haut pour des hommes faibles et mortels. Mais, ô maximes vraiment pompeuses I ô insensibilité affectée ! ô fausse et imaginaire sagesse, qui croit être forte parce qu'elle est dure, et généreuse parce qu'elle est enflée ! Que ces principes sont opposés à la modeste simplicité du Sauveur des âmes, qui, considérant dans notre Ëvangile ses fidèles dans l'affliction, confesse qu'ils en seront attristés : Vos autem contristabimini*. » Ailleurs il écarte de son discours « ces maîtres délicats qui louent la pauvreté parmi les richesses ou qui prêchent la patience dans la mollesse et la volupté '. » Son amère raillerie ne recule pas même devant un jeu de mots quand il peint les satisfactions intérieures de la sageçse stoîque, qui ne sont, selon lui, que les contentements profonds de l'orgueil : « N'est*ce pas l'orgueil qui a retiré tant de philosophes du- milieu de la multitude? Nous voulons, disaient-ils^ vaquer à nous-mêmes : et, certes, ils disaient vrai; c'était en eux-mêmes qu'ils voulaient s'occuper à contempler leurs belles idées, à se contenter de leurs beaux et agréables raisonnements, à se former à leur fantaisie une image de vertu de laquelle ils faisaient leur idole*. » Admirons les beaux emportements de cette éloquence sans souscrire à tous les arrêts de cette justice irritée. Que là direction morale de Sénèque n'ait pas

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