‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 42 sur 143 · LeUre LXXXVII · texte numérisé non relu

LeUre LXXXVII

4. Rideo istos qui turpe existimant cum servo suo cœnare.... Sic -cum inferiore vivas, quemadmodum tecum superiorem velles vivere. LeUre XLYU.

penser comme si le cœur avait un témoin ^ Je le vois sans cesse occupé de morale, à table avec ses amis, à la promenade dans 6es Jbeaux jardins, sur son lit où le retient sa mauvaise santé. Il va jusqu'à rendre grâces à la maladie qui le défend contre les distractions *. Au milieu du monde, il porte avec lui quelque pensée morale dont il se nourrit en secret '. Il vit en présence de Dieu et dans la compagnie invisible de quelque sage des anciens temps, dont il porte llimage dans son cœur et dont il sanctifie ses pensées *. Ni le bruit du cirque voisin de sa maison, ni les délices de Baies, ce séjour du luxe et de Télégance romaine, ne peuvent le distraire*^ . Et ce n'est pas de spéculations morales qu'il s'occupe ; il ne cherche qu'à se rendre meilleur, U ne s'entretient «pi'avec son âme, il se gourmande, il s'encourage ®. Si devant le public il étale parfois une vertu arrogante, dans les confidences de l'amitié il nous dévoile ses faiblesses. Il appartient, nous dit-il lui-même, à la classe de ces sages incomplets guéris de leurs vices, non de leurs passions. Mais il fait des progrès tous les jours ; il ne s'amende pas, il se transfigure ''. Tous les soirs, quand on lui a retiré la lumière, à côté de Pauline, qui respecte son recueillement.

1. Sic cogitandum , tanquam allquis in pectus intimum iospicere possit. Lettre LXXXIII.

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