‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 45 sur 143 · PERSE · texte numérisé non relu

PERSE

Garaotère de ses satires.

En regard de Sénèque, qui fut le plus éloquent docteur du Portique, il convient de placer ici le portrait d'un jeune adepte dont l'éducation toute stoïcienne laisse voir combien était efficace l'influence que la doctrine exerçait alors sur les plus nobles familles de Rome.

Nous voudrions intéresser le lecteur à un poète latin que peu de personnes ont le courage d'aborder, dont le langage trop dur et difficile à pénétrer repousse souvent la curiosité la plus intelligente et la plus résolue^ et qui mérite pourtant de devenir le sujet d'une grave étude^ non pas seulement à cause de son talent incontesté, mais pour avoir été le disciple passionné d'une grande philosophie, le censeur mélancolique de

la corruption universelle sous le règne de Néron, Tin*terprète ardent et candide de la plus noble société romaine, de cette héroïque élite de philosophes et de politiques où sYtait réfugiée, comme en un dernier asile, la conscience du genre humain. Sans prétendre explorer et traverser en tous sens les profondeurs de cette poésie obscure, hérissée et touffue, nous voudrions du moins y ouvrir quelques chemins praticables qui permettent à chacun de voir ce qu'il y a de grandeur austère et de sincère tristesse dans ces œuvres poétiques trop doctrinales, mais dont la monotonie ne manque pas d'une certaine majestés On a beaucoup écrit sur Perse, et son petit livre est comme opprimé par les commentairQS, qui malheureusement ne sont pas superflus. Les uns Pont exalté sans mesure et Tout loué en raison des peines qu'il leur a coûtées; d'autres l'ont décrié avec la légèreté et l'injustice de l'impatience ; le grand nombre a trouvé plus commode de le vanter à tout hasard que de chercher à le comprendre. Pour nous, nous ne pouvons lire qu'avec sympathie et respect un livre où non-seulement nous voyons éclater sous une forme originale et avec une j^une virilité les sentiments personnels du poëte, mais où nous croyons saisir encore les qnnions morales, politiques, religieuses et même littéraires de toute une famille stoïcienne aussi célèbre par ses vertus que par ses malheurs im,méritéSy et >^ versa acm sang pour sa foi civiquie. On aborde avec plus d'iadolgence «tde recaeillemeat cette poésie péoibfo ^axul'on ne songe pas trop à la jug^ en critique lâlérairo et qu'on n'y cherche que le sévère plaisir de coatempier des convictions généreuses, Anssi n'avonsnoas pas le dessein de considérer Perse comme le rml d'Honee etdtt Jwvéïnl; nous ne voulons étudier en M qtte r«depte éa. uUàmm^ k jeune enthousiaste patd-

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