‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 49 sur 143 · Satires, Y · texte numérisé non relu

Satires, Y

jusqu'à quel point je vous al fait entrer dans les profondeurs de mon âme, pour exprimer par la parole tout f ce que mon cœur renferme'de sentiments ineffables. » *

Ut quantum mihi te sinuoso in pectore fizi, Yoce traham pura, totumque hoc verba résignent, Quod latet arcana non enarrabile fîbra >.

Je ne sais si on trouverait ailleurs dans un auteur profane autant de grâce morale que dans les vers suivants, où Perse déclare lui-même les motifs de sa reconnaissance. Il doit son salut à son maître. A l'âge où commençaient pour lui les périls de la jeunesse et de la liberté, il a trouvé auprès de Gornutus une sollicitude tutékire. Vers curieux et touchants d'un jeune païen que le plaisir effarouche, que l'indépendance inquiète et qui court déposer ait plus vite son âme entre des mains sûres ! On n'a pas dû entendre souvent à Rome des jeunes gens s'effrayer ainsi à la vue de la charmante carrière qui s'ouvrait devant eux. Ce sont là des scrupules bien nouveaux et délicats où nous croyons reconnaître l'influence de l'éducation maternelle et de toute une famille composée, comme nous le verrons, de tout ce qu'il y avait de plus honorable à Rome :

« Lorsque, tout craintif, j'eus déposé la robe de ' pourpre gardienne de T enfance et suspendu ma bulle en offrande devant les dieux lares, lorsque, entouré d'aimables compagnons, je dus au privilège de ma robe nouvelle de pouvoir promener mes regards dans le voluptueux quartier de Suburra; au moment enfin où deux chemins s'ouvrent devant nous, où Tâme incertaine et tremblante ne sait pas lequel il faut suivre dans ce carrefour de la vie, je me mis sous votre discipline,

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