‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 56 sur 143 · Sermon sur la Prière · texte numérisé non relu

Sermon sur la Prière

f erge : il a chaugéde religion^ mais il eat resté k mèmA. Ses 4eBiaadeay ses plaintes discrètes, telles qu'elles aant exprimées parBossuet, sa déconvenue, vous paraîtraient même plaisantes et feraient sourire, si Téloqnenoe ia&^ . périeuse delà réponse divine ne vous rappelait à de plqs gravies seatiments *■ .

^près avoir confondu Thypocrite, le poète libre penseur raille une autre espèce de superstition, celle, de ceis Lannes gens qui, en accomplissant toutes sortes de cérémonies minutieuses et vaines, deomandent au ciel, par exemple, de préserver leur enfant du mauvais œil et de lui accorder la richesse, le succès en amour, d'impossibles prospérités, en un mot toutes les faveurs, Peese change de ton et se relâche de ses rigueurs pour déorine de si innocentes fobes ; dans des vers pleins de giéoe, d'une grâce austère et concise, il nous déoouw^ un iiKlérieur romain et nous fait assister à une scène domdsfkiqpie lidicnle et touchante dans sa naïveté. — « YoyosHvoMS cette grand'mère ou cette tante craignant les dieux I elle tire Tenfant du berceau, promène le doigt du milieu sur son front et sur ses petites lèvres humides, pour le purifier 4Lvec la salive lustrale. Elle est si sûre que cW Ik le moyen de le préserver des mauvais r^ards ! Gela &it, elle le secoue un peu dans ses mains, oertaiue ^ue cet

1. Sermon sur la nativité de Notre-Seigneur, — Bossuet, selon son usage, a refait plus d'une fois c^e dialogue. Ailleurs, l'orateur sacrô ose employer coiztre les faux chrétifens des termes dont la aoble trifialité n&us paiallrait aujourd'hui choquante : « JUs afiair-e& in]j)ortantes qu'on recommande de tous côtés dans nos sacristies, ne sont-elles pas des affaires du monde ? Et plût à Dieu flu moins qu'elles fussent justes ; et que -si nous ne craignons pas ée rendue Dieu et ses saints les imaistres et les partisans de ses intérêts, nous appréhendions du moins de les faire complices de nos crimes!... C'est pouiquor, dit le Seigneur, je déteste vos observances : vos oraisons me font mal au ooBur. » Serm. snr la dévotion à Ut sainte Vierge»

UN POÈTE STOlCffiN. 131

enfant^ maigre et chétive espérance de la famille, va tere, grftce à son humide prière^ envoyé en possession des domaines de Licinus et des palais de Grassns. Que le roi, s'éisrie-t-elle, que la reine le désirent pour gendre 1 que les jeunes filles se Tarrachent im jour ! que, partout où il mettra les pieds, il naisse des roses I Pour moi, oe n'est pas une nourrice qpie je chargerais de faire des vœux. Ne l'écomte point, Jupiter, quand même elle t'ailfesfierait ces prières tout de Uanc haÛUée *• » Le poète stoïcien, fidèle à sa doctrine, n'admet que les prières qui ont poacir objet les biens de Tâme, les seuls biens qu'on ne se repentira jamais â'a^x>ir demandés. Quant aux avantages extérieurs et matériels que les noiurrices, les femmes et les grands parents ne manquent jamais de comprendre dans leurs vœux à la naissance d'un enfant, ils peuvent devenir précisément une caus& de malheur. Dans les sociétés antiques surtout, la ri-» ehesse, les honneurs, la beauté amenaient souvent k leur suite bien des catastrophes, ainsi qœ J'uvénal s'est donné la peizie de le prouver dans sa dixième satire par de nombreux exemples tirés de l'histoire romaîçi&. Ces sortes de prières peuvent être pernicieuses, disaient les philosophes; la prière exige beaucoup de prudence : il n'y a rien de plus £du que de demander étourdiment aux dieux des maux en pensant leur demander des biens et de chanter la palioôdie un moment a^rès. La prière en «fiet, dMK hoR paiens, ëtahHssant erafere l'hommâ et les dieux une sorte de contrat que ceiiix*ci étaiedat censés exécuter à la lettre, il fallait bien peser ses paroles de peur de solliciter une chose qui pouvait être imisible. Aussi les philosophes admiraient-ils la courte et vague prièfe des Lacédémoniens, qxd, sans rien préeiAer, de-

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