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UN POÈTE stoïcien. 139
liguaient souvent avec elle, et saint Jérôme ne Élisait pas difficulté de dire : « Les stoïciens sont presque toujours d'accord avec nos dogmes, st<n€i in pUrisque nostro dogmati concordant^. » L'illusion était naturelle ; et quand on lit, par exemple, ces vers de Perse sans trop «ipprofondir le. sens stoïque de chaque mot, on croit lire des vers chrétiens : c Instruisez-vous^ malheureux, étudiez les lois dé la nature* Sachez ce que nous^ sommes et dans quel dessein nous avons été mis dans le monde, quel est Tordre étahli, comment dans la carrière de la vie il faut avec précaution tourner la horne et revenir à son point de départ,.... dans quelles limites on peut désirer, à quoi sert la monnaie reluisante, ce qu'on doit faire pour sa patrie et pour sa famiUe, ce que Dieu a voulu que vous fussiez sur la terre et quel rang il vous a. donné dans la société humaine. »
Disciteqne, o miseri, et causas cognoscite rerum : Quid sumus, et quidnam victurî gignimur; ordo
Quis datUB. • »•
.......... Patries carisque propinquis
Quantum élargir! deceat; quem te Deus esse Jussit, et humana qua parte locatus es in re '•
Si à la place de ce dieu vague et mal défini du Portique on mettait un dieu personnel; si à cette loi immuable, à ' cette nécessité plus ou moins aveugle, qui est Impuissance suprême du panthéisme stoïcien, on substituait la Providence divine, ces beaux vers, par le fond, la forme et le ton, pourraient passer pour des vers inspirés par le christianisme; et du reste, tels qu'ils sont, ils ont mérité d'être adoptés par lui.
Ces enseignements ordinaires du stoïcisme sont re-