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des centurions; il ne lenr ménage pas les ping dures épithëtes. A ces balourds brutaux, il se croit en droit de parler avec brutalité; à ces ignorants glorieux qui se piguaient de ne Heu comprendre à la langue philosophique, et qui, au dire d'un ancien, pensaient qu'un coup de pied est nn syllogisme, Perse riposte par une sorte de coup de poing poétique. De pareils vers devaient plaire à la société des patriciens et des philosophes hostiles au pouvoir. Avec ces puissances de bas étage, on se mettait à l'aise, on leur répliquait sans façon; et tandis qn'on était obligé d'envelopper sa pensée quand on voulait dire des vérités à la cour, cette fois on avait le plaisir de ne pas se gêner, et si on ne pouvait toucher au prince, on avait du moins la joie de malmener son satelHte.
En pariant de ces sentiments hostiles aux princes, gardons-nous pourtant de croire que cette société de frondeurs soit composée, comme on le répète, de républicains faisant la guerre à l'institution impériale. Perse n'est pas plus républicain que Juvénal, sur lequel on a fait tant de phrases vaines. Nous avons trop l'habitude d'appliquer à l'antiquité nos distinctions et nos cadres politiques. La question n'était pas à Home outre la république et la monarchie, par la raison qu'il n'y avait pas de monarchie. L'empire n'était qu'une forme de la république. Les institutions sont les mêmes, rieu un parait changé; et si le pouvoir demeure entre les maiiis d'un seul, c'est une chose dont presque personne ne soDgekse plaindre, d'abordparce que sous la république même les exemples n'étaient pas rares de la puissance gardée entre les mains d'un seul, ensuite parce i^u'on était persuadé qu'un si vaste empire avait besoin d'une seule tête. Les conspirateurs mêmes ne songent pas à renverser les institutions : ilâ ne demandent qu'un meilleur gouvernement. 11 y a dans Shakspeare un mot d'une
mandaient simplement Vhonnête avec Vutile. On vantait beaucoup encore cette autre prière, véritable chef-d'œuvre d'un poète inconnu : t Puissant Jupiter, donne-nous les biens soit que nous les demandions, soit que nous ne les demandions pas, et éloigne de nous les maux, quand même nous te les demanderions *. » Prière plaisante pour nous,'k ne considérer que la méticuleuse prudence des termes, mais admirable pourtant par la confiance qu'elle exprime en la Providence divine I Tout cela fait comprendre pourquoi Perse se moque de ces vœux grossiers qui renferment un danger. S'il s'amuse à dévoiler sur ce point les pièges de la religion, c'est pour engager les hommes à élever leur pensée vers des biens plus nobles, à n'entretenir le ciel que des besoins de Tâme. Sa raillerie n'est pas une fantaisie légère d'irréligion ; elle est vive et accablante, tombant du haut d'une grande doctrine.
Toute cette polémique de la philosophie contre la superstition ne procède que par saillies et se découpe en quelques . courts tableaux. S'il est des prières dangereuses, il en est aussi de bien embarrassantes pour les dieux. — a Voici un homme qui demande la santé, une vieillesse allègre : il n'y a rien de déraisQunable dans ses vœux; mais cet homme est un grand mangeur qui, par ses excès de table, compromet tous les jours cette santé qu'il veut obtenir. Les plats énormes et les grosses viandes farcies empêchent les dieux d'accomplir sa prière^ et Jupiter n'y peut plus rien^. » Autre exemple qui montre ce qu'il y a d'illogique, d'absurde dans certains sacrifices. — « Voyez ce paysan qui pour faire fortune immole un bœuf à Mercure, et la main dans le sang : Mercure, fais prospérer mon domaine, donne-moi du