‹ Les MoreauChapitre 6 sur 37 · A -PARIS · texte numérisé non relu

A -PARIS

ffiixdi^r Pcri Litratix tei^ Jcj Atuniirti/U , pr'e^ „z riù Patiie . ;

KAC-SIMILE DE LA G R A V U R lî DE P. M A R T I .N' I . d'iiprès la composition de J. M. Morcau K' Jeune.

Afin de consacrer au poète latin un monument pouvant rivaliser avec les merveilles du genre, ils s'étaient assuré la collaboration de Boucher,

LES MORE AU 3i

d'Eisen, de Gravelot, de Monnet, en un mot, des vignettistes Justement

consacres par la mode et leur mérite. Entrer en concurrence avec de

semblables rivaux

devenait, pour un lf--T-'^-i^

nouveau venu tel que

Moreau, un périlleux

honneur dont il ne se

montra pas indigne.

Dans cette traduction de l'abbé Banier,

27 compositions lui

sont échues sur 141.

Citons parmi elles les

métamorphoses d'Io

et de Coronis, la

prière de Phaéton,

les enlèvements de

Proserpine et de Déja-

nire, les luttes d'Apollon et de Marsyas, de Thésée et du Minotaure, d'Hippomène et d'Atalanie, la scélératesse de Progné, les malheurs d'Erésichthon. Les vignettes où sont retracées les aventures d'Aréthuse, de Nyctimène, de Drycpe et de Sémélé semblent les mieux réussies.

Cependant, sur un pareil terrain. Boucher demeurait le maître. L'Olympe dont son pinceau s"est plu à retracer les voluptés, loin d'être celui d'Homère ou de Phidias, se retrouve plutôt dans le Panthéon d'Ovide. Aussi le peintre favori de M^^" de Pompadour devait particulièrement

lAC-SIMILE D fN' DESSIN A L ENCRE DE CHINE.

Exccalc p:ir J. M. Moreau le Jeune, en 1767,

pour lilluslration des Grâces, OJe Je PinJare.

Traduction de Kabbc Massieu.

iColleclion de .M. Henry Lacroix.)

goûter des poésies offrant avec son propre talent d'indéniables affinités. A défaut de sa signature, la plupart des vignettes portent l'empreinte de sa toute-puissante influence; seul, Moreau ne la subit pas avec cette absolue docilité, faisant preuve en mainte occasion d'un

sentiment tout personnel de la beauté féminine. Le type adopté par lui, type que nous retrouverons dans YAlmanacIi des Grâces et les tigures de ses allégories, est moins sensuel sans être beaucoup plus vrai que celui de Boucher. Si les têtes petites et fines conservent une physionomie moderne, les corps aux torses allongés ont des sveltesses de nymphes. .\ussi ne peut-on s'associer à la critique de Renouvier lorsqu'il reproche

à l'artiste « de n'avoir jamais cliangé le modèle de ses femmes et d'être resté toujours à des formes toutes ramollies en leur rotondité qui

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