CHAPITRE III
Le talent de Morcau comme graveur. — Les illustrations d'Ovide et de Molière. Les interprètes de Moreau. — Quelques eaux-fortes de sa main.
Si, dès cette période, Moreau mérite tous les éloges comme dessinateur, rélève de Le Bas est également bien près de passer maître.
Payant, comme presque tous ses confrères, son tribut à l'art galant, il grave d'après une gouache de Baudouin le Coucher de la mariée, estampe considérée, par les meilleurs juges, comme exquise au point de vue purement technique. On y reconnaît « un aquafortiste tout à fait supérieur, léger et clair, dégagé de la sécheresse et de la lourdeur du métier, la pointe spirituelle à la façon d'une pointe de peintre mordant au cuivre, brillante, lumineuse, piquante, touchant les figures de femme comme un ton de crayon, relevé d'un trait de plume, ayant etitin cette qualité de l'eau-forte, le croquant, qui fait aujourd'hui rechercher ce que Moreau a ainsi gravé d'après les autres comme des eau.\-fortcs
originales de maître, tant ces interprétaiions lui sont personnelles ' ».
Deux ans après (1770), Baudouin lui commandait comme pendant le Modèle honnête, scène qui nous montre un élégant atelier encombré de bibelots.
L'habile burin de Simonet, en terminant ces deux planches, a laissé toute leur importance aux dessous de l'eau-forte.
Devenu par son mariage le neveu de Prault, Morcau trouva, grâce à sa parenté avec un éditeur renommé, le moyen d'utiliser son talent de composition.
Il entreprend .ainsi à partir de 1766 une série de litres pour une collection de petits ouvrages italiens : il Pastor fido, Ricciardetto, le Rime di Petrarca, il Decamerone, il Tempio di Cnido, etc., s'occupant en même temps de compléter par des fleurons de son invention la très fine illustration de l'Histoire de France du président Hénault.
L'ingénieuse habileté mise en œuvre dans ces travaux, le bon goût dans le choix des ornements, la gracieuse disposition des emblèmes ordinairement usités, signalèrent Morcau à l'attention de Le Mire et de Basan.
MM. de Concourt, l'Art au XVIJI- siècle, t. II, p.
3o LES ARTISTES CÉLÈBRES
Ces deux admirateurs d'Ovide donnaient tous leurs soins à la luxueuse édition des Métamorphoses qui plus tard faillit les brouiller.
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