‹ Les mormonsChapitre 103 sur 126 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

mèine temps, dans Thistoire de son succès, les preuves les plus convaincantes de Favide crédulité d'une grande partie de la famille humaine. Que ne peut-on faire croire aux hommes? »

Pour nous, il faut l'avouer, Joseph Smith reste un problème. Avec nos idées européennes il n'est pas facile de comprendre ces caractères de la race anglo-saxonne, qui ne procèdent nullement des hé* résiarques de la primitive Église , encore moins de Luther et de Calvin, mais plutôt de ces sectaires moitié religieux moitié politiques de l'Angleterre républicaine, qu'on vit, sous Cromwell lui-même, prétendre à fonder un État dans FÉtat, une Église dans l'EgUse. Après le retour des Stuarts, toutes ces subdivisions de la grande secte des Indépendants se . dispersèrent et quelques-uns de leurs prophètes allèrent protester en Amérique contre la restauration. Il y a dans Joseph Smith un mélange de Georges Fox, de Bunyan et de ces visionnaires moins connus , qui sous le nom de Banters se livraient aux interprétations les plus absurdes de la Bible. Évidemment le prophète des Mormons est un plagiaire : l'origine assez bien prouvée de son fameux livre atteste qu'il manque d'invention, mais on ne peut lui refuser une véritable habileté pour tirer parti de son plagiat. Quelque humbles que ses débuts aient été , on le voit grandir avec le succès, et, tout en s'exaltant jusqu'à croire lui-même

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k ses fictions, conserver le sang-froid nécessaire pour organiser ses adeptes, apprécier leur capacité, leur distribuer les rôles, établir une hiérarchie, poser enfin toutes les bases d'une société théo-démocratique. Sa perséTérance dans la persécution est admirable , puisqu'elle se Irouve justifiée par la réalisation de ses vues. D'autres ont fondé des sectes. Joseph Smith aura fondé un peuple. Il mérite d'être jugé par le résultat.

Nous ne saurions donc être de l'avis du Christian Beflecior, journal rédigé par les docteurs de quelque secte rivale. Les facultés naturelles du prophète mormon étaient très-certainement fort aurdessus de la moyenne, et il ne lui manquait qu'un peu de culture pour prendre rang parmi les hommes les plus éminents par l'intelligence. Quoiqu au moment de sa mort il eût déjà, en quatorze ans, raUié autour de lui cent cinquante mille disciples, sous plus d'un rapport, Joseph Smith ne semble pas contredire le proverbe évangélique : « nul n'est prophète en son pays; » il eut à subir toutes sortes d'outrages et de souffrances, la loi de Lynch, la prison, l'assassinat. Sa vie ne fut qu'une longue scène de périls et de détresses , à peine éclairée par le rayon de prospérité dont il jouit dans sa cité de Nauvoo. Toute sa famille fut enveloppée dans les mêmes tribulations.

Jamais on ne découvrit les «auteurs du Jàehe et

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