CHAPITRE l
Olivier Cowdery, auquel nous empruntons ce récit, était précédemment le scribe ou secrétaire choisi par Joseph Smith. Le travail marcha aussi vite que le permettaient les ressources personnelles du nouveau prophète, et il ne s'arrêta qu'à la partie scellée du livre, La partie traduite , intitulée : Le livre de Mormon y contient à elle seule presque autant de matières que l'Ancien Testament,
« Après la traduction du livre, dit Olivier Cowdery, le Seigneur suscita pour les nations des témoins de son authenticité. Ils rendirent leur témoignage en ces termes : «Qu'il soit porté à la « connaissance de toutes les nations,, de toutes les « langues , de tous les peuples à qui le livre de « Mormon parviendra, que, par la grâce de Dieu le « Père el de Notre-Seigneur Jésus -Christ , nous « avons vu les lames d'or contenant ces Annales , « qui sont les annales du peuple de Néphi , des La- « manites, leurs frères , et du peuple de Jared, les- « quels vinrent de la tour dont il a été parlé. Nous « attestons que ces Annales ont été traduites par le « don et la puissance de Dieu , car sa voix nous l'a « déclaré. Nous savons de toute certitude que « l'œuvre est vraie , car lious avons vu les carac- « tères gravés sur les lames qui nous ont été mon- « trées par la puissance de Dieu, et non par celle « de l'homme. Nous déclarons, avec toute notre « raison, qu'un ange de Dieu, descendu du ciel,
« nous a apporté et mis le livre devant les yeux « pour nous faire regarder et voir les lames d*or et « les caractères dont elles sont couvertes. Et nous « savons que c'est par la grâce de Dieu le Père et « de Notre -Seigneur Jésus-Christ que nous avons « vu et que nous rendons témoignage de la vérité «» de ces choses merveilleuses. Et nous savons que, « si nous sommes fidèles au Christ, nos vêtements « seront purs du sang de tous les hommes ; nous « serons trouvés sans tache devant le tribunal du «« Christ, et nous habiterons éternellement avec « lui dans les cieux. Gloire au Père, au Fils et au « Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu. Amen. »
Cet étrange document , intitulé : Témoignage de trois témoins , et signé Olivier Cowdery , David Whitmer, Martin Harris, fut bientôt suivi d'une autre pièce qui a le mérite d'être plus courte :
^Témoignage de huit témoins, Qu'il soit porté à la connaissance de toutes les nations, familles, langues et peuples à qui ce livre parviendra, que Joseph Smith junior, le traducteur de cet ouvrage, nous a montré les plaques dont il, a été parlé et qui ont l'apparence de l'or. Nous avons touché de nos mains autant de feuilles que ledit Sriiith en a traduites, et nous avons vu de nos yeux les caractèrest gravés, qui ont toute l'apparence d'une œuvre ancienne et d'un art curieux. C'est pourquoi nous attestons avec toute notre raison que
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ledit Smith nous les a montrées ; et nous savons de toute certitude que ledit Smith a en sa possession les plaques dont nous avons parlé , et nous donnons nos noms au monde en foi de ce que nous avons vu, et nous ne mentons pas, Dieu nous en est témoin. Signé : John Whitmer, Christian Whitmer, Jacob Whitmer, Peter Whitmer junior, Hiram Page , Joseph Smith senior, Hy ram Smith, Samuel H. Smith. »
Tel est le récit d'un Mormon , extrait de documents publiés à diverses époques par le prophète luimême. On remarquera que les témoins de 1^ vérité appartenaient pour la plupart aux deux familles Whitmer et Smith. Les Smith étaient le père et les frères de Joseph. On sait moins bien ce qu'étaient les Whitmer. Toute donnée sur leur valeur morale et sur leurs actes depuis cette date est introuvable pour le vulgaire profane, quoique les Mormons mêmes soient sans doute mieux renseignés. Dans l'histoire d'une révélation si extravagante, le récit du principal acteur est toujours le plus curieux. Nous allons^ donc donner un instant la parole au prophète lui-même. Ce qui suit est extrait de son autobiographie publiée dans le Millenial Star (l'Étoile millénaire) :
« Si grandes étaient la confusion et la lutte entre les diverses sectes religieuses, qu'un homme aussi jeuçe que moi, et connaissant aussi peu les hom-^ 103 * . d
mes et les choses, ne pouvait arriver à aucune conclusion touchant le bien et le mal. Mon esprit , à diverses époques , avait été violemment agité par des clameurs et des tumultes incessants. Les presbytériens se prononçaient très-énergiquement contre les baptistes et les méthodistes; ils employaient toute la puissance de leur raison ou de leurs sophismes pour prouver ou au moins pour faire croire que leurs adversaires étaient dans Terreur. D'un autre côté, les baptistes et les méthodistes mettaient le même zèle à défendre leurs doctrines et à blâmer celles des autres.
« Témoin de cette guerre et de ce tumulte d'opinions, je me disais souvent à moi-même : « Que faut-il faire ? Qui d'entre tous ces disputeurs « a raison? ou bien ont-ils tous tort? S'il en est « un qui ait raison , lequel est-il , et comment le « distinguer? «
« Au milieu de mes perplexités, il m'arriva un jour de lire l'épître de saint Jacques, chapitre 1", verset 6 : « Si quelqu'un de vous manque de la sa- « gesse , il doit la demander à Dieu , qui la donne à « tous libéralement et ne la reproche point , et elle « lui sera donnée. » Jamais passage de l'Écriture n'alla plus puissamment au cœur d'un homme que ce verset au mien en ce moment-là. Mainte et mainte fois j'y réfléchis, sachant que , si quelqu'un avait besoin de la sagesse de Dieu, c'était moi; car