CHAPITRE XVI, Î
coiniiie la plus gigantesque de toutes les républiques existantes. Le oiëme correspondant parait fort enthousiasmé de la beauté et de l'élégance simple des dames mormones. Les chants cl la musique des saints des derniers jours l'ont également séduit, li- est moins élogieux en ce qui regarde l'éloquence de M. Brigham Young , dont il entendit un long discours roulant un peu sur la politique, mais beaucoup plus sur la religion et la philosophie, et un peu aussi sur l'or de la Californie. M. Brigham Young, dans le sermon en question, rappelait que l'Angleterre devait sa richesse, sa puissance et sa gloire à ses mines de charbon , à ses mines de fer, à son industrie, et que l'or et l'arçent, au contraire , n'avaient produit pour l'Espagne et pour l'Amérique espagnole que la pauvreté , la faiblesse et la dégradation.
Tout l'auditoire semblait frappé de la justesse de ces observations, et très-décidé à se livrer patiemment aux travaux de l'agriculture et de l'in- . dustrie, bien qu'à proximité des Mormons il y ait des montagne^ d'or. L'habile orateur peignit sous de vives couleurs la ruine dont la soif de l'or menaçait les États-Unis. Il ne craignit j d'une nation qui tuait les | Dieu pour l'appeler au repe par expulser les saints des di 1er leurs propriétés, désoler
leur temple. Dieu avait un compte à régler avec ce peuple, et l'or serait rinstrument de son châtiment. Les constitutions et les lois des États-Unis pouvaient être les meilleures du monde , mais les administrateurs étaient corrompus , et les lois sans force. L*orateur conclut néanmoins en disant que les Mormons , admis comme un nouvel État dans le gouvernement central , lui obéiraient malgré sa corruption et ses abus.
« Mais, ajouta-t-il encore, nous ne leur demandons aucune faveur, qu'ils nous accordent ou nous refusent Fobjet de notre pétition. Jamais nous ne demanderons de faveurs à un peuple qui nous a chassés de nos foyers. S'ils consentent à ce qui est notre droit , tant mieux ; au cas contraire , ils ne sauraient nous faire plus de mal qu'ifs ne nous en ont déjà fait. Les États-Unis , comme les Mormons, comme tous les hommes, sont dans les mains du Dieu tout-puissant, qui gouverne toutes . choses pour le mieux. »
« Tel fut en partie, ajoute le correspondant de la NeW'York Tribune ^ le discours que j'entendis. Les Mormons ne sont pas morts comme on le croyait. Si je ne me trompe , un esprit noble , audacieux , indomptable et vraiment démocratique, peuplera ces montagnes d'une race indépendante et entreprenante , qui peut exercer un jour la plus grande influence sur les destinées de l'Union et peut-être du