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CHAPITRE XVI

Missouri, le Missouri dans le Mississipi, et le Mississipi dans le golfe du Mexique. La dernière, la Green-River, coule dans le Colorado, el le Colorado dans le golfe de Californie, où il se mêle aux flots de l'océan Pacifique. La première a un parcours de plus de deux mille cinq cents milles, l'autre en a un de plus de quinze cents. Ces fleuves coulent dans les régions tropicales. Précisément au nord du même lieu se trouvent les sources de la Rivière du Serpent (Snake-River), qui se jette dans la Colombia, près du quarante-sixième degré de latitude, après un parcours de miUe milles, et au sud les sources du Rio-Grande, qui, après un parcours de mille sept cents milles, se perd dans le golfe du Mexique. Les Mormons occupent, comme on le voit, un des plus remarquables points de la surface du globe.

Avant qu'un territoire placé sous la protection des États-Unis puisse se faire admettre dans l'Union comme Etat, sa population doit être de soixante mille âmes. C'est là ce qui explique le mot de Brigham Young dans son adresse aux saints de tous les pays : « Il nous faut des hommes. » Plusieurs émissaires ou apôtres de la secte furent envoyés en Europe, avec la mission expresse de hâter le départ des saints pour Sion. Ce n*est pas un (Jes traits les moins remarquables de l'histoire du mormonisme, que la foi et le zèle des mis-

sionnaires. Ils parlent sans argent, se fiant à la Providence qui nourrit le moindre passereau.

Quelques-uns se rendent en Allemagne , en Italie , en France, en Norvège, en Russie; ils ignorent complérement la langue de ces divers pays , mais ils espèrent l'apprendre en chemin , le Saint-Esprit venant en aide à leurs prédications. En 1849, ils établirent un fonds perpétuel d'émigration, dont la nature et l'objet étaient définis dans une épître de Brigham Young à Orson Prat , leur agent à Liverpool. Tous ceux qui en profitaient pour se rendre en Amérique étaient invités à rembourser, dès qu'ils le pourraient, les avances qui leur avaient été faites. On comptait sur les fidèles de toutes les nations pour entretenir ce fonds par des cotisations. L'émigration mormone se compose principalement de laboureurs et d'artisans. Ce sont en général des hommes, des gens d'une bonne conduite , et Tordre le plus admirable règne à bord des navires où ils prennent passage , et qui sont généralement frétés pour eux seuls. Leur première opération à bord est d'élire un président avec un comité, qui exercent une autorité sans conteste pendant la traversée.

Un corresppndant de la New-York Tribune dit que l'eûipire mormon peut être considéré aujour- , d'hui comme un des plus grands prodiges dii^ siècle , et , comparativement à sa récente origine ,

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