‹ Les mormonsChapitre 13 sur 126 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

esprit qu'elles pussent toutes avoir tort. 11 me fut répondu que je ne devais me joindre à aucune d'elles, toutes ayant tort; et le personnage qui me parlait ajouta : « Toutes leurs croyances sont une « abomination à mes yeux. Tous leurs docteurs sont « corrompus; ils se rapprochent de moi avec leurs « lèvres, mais leurs cœurs sont. loin de moi. Ce ne « sont pas mes commandements qu'ils enseignent, « mais ceux des hommes. »* Après m'avoir ordonné de nouveau de ne me joindre à aucune d'elles, il me dit beaucoup de choses que je ne puis écrire en ce moment. Quand je revins à nioî, je me trouvai couché sur le dos, regardant le ciel. »

Joseph Smith raconte ensuite que, peu de jours après cette vision , se trouvant par hasard dans la compagnie d'un des prédicateurs méthodistes qui avaient pris une part très-active dans le tumulte religieux dont il est parlé plus haut, il n'hésita pas à lui confier ce qu'il avait vu. Cette confidence fut accueillie non-seulement avec légèreté, mais avec un mépris qui étonna beaucoup le jeune visionnaire. « C'était là, selon le prédicateur, l'œuvre du diiable ; il n'y avait pliis de nos jours ni visions ni révélations ; toute chose pareille avait cessé depuis le temps des apôtres, et il n'y en aurait plus jamais. • « Je m'aperçus bientôt, poursuit Joseph, que mon técit avait excité une grande émotion parmi les prédicateurs. Je n'étais qu'un jeune garçon de qua-

torze à quinze ans, sans conséquence aucune dans le monde par la position de ma famille ; cependant des hommes qui occupaient une situation élevée ne dédaignèrent pas d'exciter Tesprit public contre moi. Cette conduite fut commune à toutes les sectes ; toutes s'unirent pour me persécuter. Il en résulta de grandes tribulations pour moi ; mais la vision que j'avais eue n'en était pas moins un fait. J'ai pensé depuis que je me trouvais à cette époque dans une situation toute semblable à celle de saint Paul, lorsque , forcé de se défendre devant le roi Agrippa, il raconta la vision qu'il avait eue : comment « il avait vu une lumière et entendu une « voix. » Cependant, peu de personnes le croyaient; les uns disaient qu'il manquait d'honnêteté, les autres qu'il était hors de sens. On le ridiculisait, on le vilipendait; mais tout cela ne détruisait pas la . réalité de sa vision. Moi aussi, j'avais eu une vision; et qui étais-je, pour résister à Dieu? Pourquoi le monde voulait-il me faire nier ce que j'avais réellement vu ? Oui, j'avais eu une vision ; je le savais, et je savais aussi que Dieu le savait. Je ne le pouvais nier, et je n'osais le faire, de peur d'offenser Dieu et d'encourir la damnation. Mon esprit était maintenant en repos touchant le monde sectaire. Je devais ne me joindre à aucune secte, mais rester comme j'étais, en attendant de nouvelles instnictions. »

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