‹ Les mormonsChapitre 27 sur 126 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

phète me pria de lui fabriquer un coffre de bois, en me disant qu'il allait repartir pour la Pensylvanie, et qu'il espérait être bientôt possesseur du. lingot d'or. 11 me donna en même temps à entendre que, si je faisais le coffre , j'aurais une part dans la propriété du livre. Je lui répondis que je n'avais pas le temps actuellement, mais que s'il m'apportait le livre, je ferais aussitôt le coffre. A l'entendre, la chose était impossible, vu qu'il avait ordre de ne montrer le livre à personne durant deux années. Ce commandement fut mal gardé par lui , car deux mois ne s'étaient pas écoulés que plus de douze personnes se vantaient de l'avoir vu. Sur mon refus définitif, il me dit'que je n'aurais aucune part au livre d'or.

« Quelques semaines après cette conversation, Joseph revint à la maison et me raconta une autre histoire. Le 22 septembre , il s'était levé de grand matin; il avait pris, sans en demander la permission, un chariot attelé d'un cheval appartenant à une personne qui avait passé la nuit chez eux, et il s'était rendu avec sa femme près de la colline où le livre était enterré. Laissant alors mistress Smith dans le chariot près de la route, il était monté seul sur la colline, située à trente ou quarante verges plus loin ; il avait déterré le livre^ et, après l'avoir caché dans le haut d'un arbre, il s'en était retourné d'abord chez lui, puis à Macedon, où il

avait un travail à faire. Au bout de dix jours envi- I ron, un bruit s'étant répandu que quelqu'un s'était | emparé du livre, sa femme alla l'en prévenir. Il loua un cheval, retourna chez lui dans Taprèsdînée, y resta le temps nécessaire pour prendre I une tasse de thé, partit à la recherche de son livre, | le retrouva à la place où il l'avait caché, l'enveloppa dans son surtout, le mit sous son bras, et ' franchit en courant la distance d'environ deux milles qui le séparait de sa maison. Le livre pou- 1 vait bien peser trente kilogrammes, disait-il, mais très-certainement il en pesait vingt. Chemin faisant il fut attaqué dans les bois par deux hommes qu'il renversa tous les deux par terre d'un coup de poing, et il arriva sain et sauf avec son trésor. Il me dit encore que, sans la pierre qu'il reconnaissait m'appartenir, il n'aurait jamais obtenu le livre; mais peu de jours après, il avouait à un de ses voisins que le prétendu livre d'or n'existait même pas, et qu'il avait conté toute cette histoire à cet imbécile pour le décider à lui faire un coffre dont il avait grand besoin. Voyant tous ses voisins dégoûtés de ces contes absurdes, il résolut de retourner en Pensylvanie pour éviter ce qu'il appelait «ne persécution. Restait à imaginer un nouvel expédient pour payer ses frais de. déménagement. Un jour il rencontra dans les rues de Palmyre un riche fermier, nommé Martin Harris ; il Faborda en

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