CHAPITRE
ces termes : « Dieu m'a ordonné de demander au n premier homme que je rencontrerais dans la rue « cinquante dollars pour m'aider à faire Fœuvre de « Dieu en traduisant la Bible d'or. • Martin Harris, naturellement crédule , prêta l'argent à Joseph. Au printemps de 1829, Martin alla en Pensylvanie, et à son retour à Palmyre , il raconta que la femme du prophète, au mois de juin suivant, serait délivrée d'im enfant mâle, qui dès Tàge de deux ans serait capable de traduire la Bible d'or. « Alors « vous verrez, disait -il, Joseph Smith se promener « dans les rues de Palmyre avec une Bible d'or sous « son bras, la poitrine couverte d^urie cuirasse d'or « et une épée d'or pendue à son côté. » Tout cela, comme on le pense bien, se trouva faux.
« En avril 1830, je redemandai àHiram la pierre qu'il m'avait empruntée ; il me répondit que je ne pouvais l'avoir, attendu que Joseph s'en servait pour traduire sa Bible. Je lui rappelai sa promesse et sa parole d'honneur de me la rendre; mais il me donna le démenti, et prélendit que la pierre ne m'avait jamais appartenu. Harris, qui l'accompagnait , se mit tout à coup en colère , me prit par le collet et s'écria que j'étais un menteur, comme il pourrait le prouver par douze témoins. Je m'étais à peine débarrassé de ses mains, quand Hiram, furieux , me montra le poing à son tour et m'insulta de la manière la plus scandaleuse. Il me se-
rait aisé de faire connaître le caractère de tous ces grands prêtres, dit en finissant M. Chase, et de raconter leurs actes l'un après l'autre , ce cpii les ferait voir sous le même jour qu'on les envisageait dans le voisinage, c'est-à-dire comme une peste sociale. »
La déposition que nous venons de citer pour établir notre impartialité , et que nous avons choisie entre beaucoup d'autres parce qu'elle est la plus originale et la plus amusante, ressemblant parfois à un conte des Mille et une Nuits, fait le fond du pamphlet du général Bennel contre les Mormons , et toutes les diatribes dont ils ont été l'objet roulent à peu près sur les mêmes données. Joseph Smith, du reste, passait condamnation sur les erreurs de sa jeunesse ; et l'imposture sur laquelle fut fondée la secte des Mormons est assez évidente pour qu'on ne s'attache pas aux antécédents suspects du prophète.
Nous allons voir, du reste, son rôle devenir plus sérieux et grandir constamment, malgré tous les obstacles et malgré l'étrangeté, pour ne pas dire parfois le ridicule des moyens.
C'est ici que la doctrine des Mormons semble se formuler un peu plus distinctement, à travers le mélange des phrases pillées alternativement dans la Bible et l'Évangile, que Joseph Smith se prétend appelé à compléter. La divinité qu'il prêche semble