‹ Les mormonsChapitre 37 sur 126 · CHAPITRE IV. iOi · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. iOi

lions. Les saints régneront alors avec Jésus-Christ pendant ces mille années; mais ce règne sera précédé de grandes calamités et de prodiges effrayants. Partant de cette idée, Joseph Smith voyait des avertissements pour les saints dans tous les tremblements de terre mentionnés par les journaux, dans la découverte des nouvelles comètes, dans l'apparition des météores, dans les guerres et les rumeurs de guerre en Europe et en Amérique, dans les naissances monstrueuses parmi les animaux inférieurs, dans toutes les grandes calamités publiques, les tempêtes, les incendies, les explosions de chaudières à vapeur, si fréquentes aux États-Unis, et qui transforment certains steamers en véritables machines infernales. Faisant reposer sa doctrine sur des passages isolés de la Bible, vraie falsification du livre saint qui devient ainsi un dangereux instrument de propagande ( car on peut lui faire dire tout ce qu'on veut quand on s'attache plus à la lettre qu'à l'espritj , se prétendant inspiré du Très-Haut, promettant la possession de la terre entière, la gloire, la toutepuissance temporelle , et la bénédiction du ciel aux vrais croyants; doué, en outre, d'une éloquence , vulgaire peut-être , mais d'autant plus persuasive qu'elle s'adressait, en général, -à des hommes vulgaires; mêlant à la phraséologie des mystiques ces images sensuelles qui réveUlent les

iji$tincts égoïstes ; plein d'une grande audace et d'une persévérance indomptable, Joseph Smith, dès qu'il se donna publiquement pour prophète, fut bientôt entouré d'ardents disciples. Cependant , le 1" juin 1830, lorsque la première conférence de la secte, comme Église organisée, fut tenue à Fayetteville, endroit où Joseph établit quelque temps sa résidence , le nombre des Mormons , y compris sa propre famille et les témoins du Livre d'or^ qui était déjà imprimé, ne s'élevait qu'à trente. Dès cette époque, ils rencontraient une grande opposition dans le public. Joseph ayant fait construire un barrage dans un petit courant d'eau pour y baptiser ses disciples , comme saint Jean baptisait les siens dans le Jourdain, la population s'ameuta, détruisit le' barrage , couvrit Joseph et ses sectateurs d'injures, et fit même entendre des menaces de mort. Le prophète ne se laissa pas émouvoir. Soit qu'il comprît la nécessité de payet* d'audace, soit qu'il eût fini par s'exalter l'imagination jusqu*à se persuader à lui-même slss propres fables et à les prendre pour des visions surnaturelles, sa conduite en cette circonstance fut pleine d'habileté et de courage. Il voulut d'abord ôter à ses ennemis leur arme la plus dangereuse, la calomnie plus ou moins justifiée , en avouant qu'en effet il avait d'abord mené une vie désordonnée et immorale : mais Dieu ne l'en avait pas moins choisi ;

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