‹ Les mormonsChapitre 40 sur 126 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

c'esl-à-dire dans dés territoires en partie seulement explorés, où la population était encore clair-^emée, et où ils pourraient par conséquent acheter des terres fertiles à bas prix. Il leur fallait « leurs coudées franches, » et ils pensaient avec raison qu'une population rurale serait mieux disposée à recevoir la doctrine nouvelle qu'une population urbaine. OUvier Cov^^dery, chargé d'un voyage d'exploration, fit un rapport si favorable sur la beauté, la fertilité, le bas prix des terres dans le comté de Jackson, État de Missouri, que Joseph Smith, après quelques semaines seulement de séjour à Kirtland , résolut de visiter luirméme cette terre promise» Laissant donc sa famille et ses principaux sectateurs à Kirtland , il entreprit avec Sydney Rigdon et plusieurs autres Mormons un long et pénible voyage dans le désert , pour fixer l'emplacement de « la nouvelle Jérusalem , là future cité du Christ , où le Seigneur devait régner sur les saints , comme roi temporel, en puissance et en gloire. » Ils partirent vers la mi-juin et voyagèrent en chariot ou en bateau sur les canaux jusqu'à Cincinnati. Ils se rendirent ensuite par les steamers à Louisville et à Saint-Louis. Dans ce dernier endroit, tous les moyens de transport venant à leur manquer, ils durent faire à pied trois cents milles environ jusqu'à Indépendance, dans le comté de Jackson.

C'était le lieu de leiu: destination , « l'héritage pro-

mis aux saints. » Ils y arrivèrent épuisés de fatigue et les pieds tout meurtris, vers la mi-juiUet. Joseph fut ravi de la beauté du pays. Son enthousiasme éclata dans la description suivante , citée dans son autobiographie, à laquelle nous avons déjà fait plusieurs emprunts, et qui prouve que le prophète illettré était parvenu à se faire un style ou à trouver un secrétaire habile à rédiger sous sa dictée :

« Ce pays ne ressemble pas aux États boisés de l'Est , si ce n'est près des rivières et des courants d'eau, qui sont bordés d'une, lisière d'arbres d'un à trois milles de largeur. Aussi loin que le regard peut s'étendre , d'admirables prairies se déroulent autour de vous comme une mer de verdure. Ces prairies sont émailléee de fleurs aussi splendides que les étoiles du ciel, et qui dépassent toute description. Le sol végétal a de trois à dix pieds de profondeur. Il se compose, généralement d'un riche terreau noir, mêlé d'argile et de sable. Il produit en abondance le froment, les autres céréales et des pommes de terre; on y récolte aussi du coton. Les chevaux, le bétail et les porcs , quoique de race inférieure , sont assez nombreux, et semblent s'élever tout seuls en broutant l'herbe des vastes prairies en été et celle des vallons en hiver. Xe gibier est moins abondant dans les endroits où l'on a commencé à cultiver le sol qu'aune petite distance plus loin,

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