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CHAPITRE IV. i

« Une nouvelle ardeur, une nouvelle énergie semblèrent Infusées dans la secte nouvelle , et il se répandit partout de si merveilleuses histoires de visions, de voix entendues du ciel et de miracles, qu'on accourait de toutes parts de la région des lacs pour juger par ses yeux d'une chose si nouvelle. Les extases étaient fréquentes ; des hommes et des femnies tombaient par terre dans les assemblées publiques, se roulaient et tordaient leurs mains , montrant dans les cieux « la nuée de té- « moins » du livre d'or qu'ils disaient voir, parlant des dialectes inconnus, et déclarant qu'ils voulaient immédiatement convertir les Indiens; d'autres tombaient en syncope , d'autres se précipitaient hors des portes et couraient dans les champs , d'autres encore montaient sur des bornes et des tronçons d'arbres pour mieux se faire entendre, et improvisaient dans des langues étrangères. Quelques-uns ramassaient des pierres et prétendaient lire des caractères miraculeusement tracés , mais qui disparaissaient soudainemeat, ou bien ils trouvaient des morceaux de parchemin tombés, disaient-ils, sur eux du ciel et scellés du sceau du Christ ; mais ils

lée du grand lac Salé; histoire de leur origine et de leurs progrès, de leurs doctrines particulières, de leur condition actuelle et de leur avenir, d'après des observations personnelles pendant une résidence parmi eux, par le lieutenant J. W. Gunnison, du corps des ingénieurs topographes. Philadelphie, 1852, texte anglais.

ne les avaient pas plutôt copiés qu'ils s'évanouis^ saient. La plus grande excitation régnait dans leurs meetings , et tout cela était attribué à « l'effusion « de l'esprit. »

Le prophète lui-même finit par craindre que le don des visions ne lui échappât et que la vocation de voyant ou de révélateur ne devînt commune à tous les néophytes. Il commença, en conséquence, à prêcher la modération, et finalement il invita les fidèles à se défier de l'œuvre du diable, qui contrefaisait les dons de l'esprit. Une nouvelle révélation compléta ces avertissements , en rendant les fonctions du voyant si pénibles, qu'elles ne lui laissaient pas la force nécessaire pour travailler. Il devait donc, d'après l'ordre de Dieu, vivre aux frais de l'Église, qui, par son unique entremise, recevrait les conseils de la suprême sagesse et les clartés divines. Lui seul avait désormais le privilège de converser avec les anges, et tous les fidèles étaient tenus de lui obéir comme à la voix du Très-Haut, lorsque le message serait précédé de ces mots : « Ainsi dit le Seigneur, sous la pénalité de la colère divine, » etc., etc.

Depuis la première organisation de l'Église « des saints des derniers jours, »> l'attention de Joseph et de ses principaux disciples avait été dirigée sur Tutilité et la bonne politique dont il serait pour eux de fixer leur quartier général dans le Far- West ,

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