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CHAPITRE V. il

Rigdon, tombé dans les mains d'une autre populace non moins acharnée, éprouva le même traitement. C'était le début d'une longue série d'outrages au milieu desquels, il faut le dire, Joseph Smith joue si bien son rôle qu'il semble s'élever à la constance et à la résignation des confesseurs de la vérité. Quoi que l'on pense de sa doctrine et des moyens auxquels il eut recours pour la fonder , il faut convenir que, sous ce rapport au moins, il était fidèle aux grandes traditions du christianisme. Il est curieux de l'entendre raconter lui-même ce triste épisode de sa vie , qui nous fera voir le degré de sécurité personnelle dont on jouit sous une république , dans certains État« au moins de l'Union américaine.

« D'après des calculs antérieurs, dit Joseph Smith, nous commencions à faire nos préparatifs pour rendre visite aux frères qui s'étaient fixés sur le territoire du Missouri. Avant d'aller à Hiram pour habiter avec le père Johnson, ma femme avait pris chez 'elle deux enfants jumeaux de John Murdock poui les «yever. Agés 'de neuf jours seulement lorsqu'on les lui avait confiés, ils avaient alors près de onze mois. Je crois bon de faire observer qu'il ne s'était passé rien d'important depuis notre séjour près du père Johnson, à Hiram. J'avais tenu des meetings les dimanches et dans les soirées , et j'avais baptisé un certain nombre de personnes. Le

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fils du père Johnson, Olmsled Johnson, vmt rendre à son père une visite^ duranl laquelle je lui dis que s'il n'obéissait pas à TÉvangile , Tesprtt dont il était le mènerait à sa destruction. Après cela, il partit, et quitta ^on père , qu'il ne devait plus revoir. Il alla dans les États du Sud et au Mexique, tomba malade à son retour, et mourut en Virginie. Outre l'apostat Booth, Simmond's Rider, Élie Johnson, Edward Johnson et John Johnson junior, avaient apostasie. « Le 25 mars, les jumeaux dont je viens de parler, qui avaient depuis quelque temps la rougeole , troublèrent notre sommeil en nous forçant à prendre soin d'eux, surtout ma femme. Le soir venu, je lui dis qu'elle ferait mieux d'aller se coucher près d'un des enfants , et que je me chargerais de veiller le plus malade. Dans la nuit cependant, elle me conseilla, de m'étendre au moins sur le lit de sangle pour faire un somme. Presque aussitôt je fus réveillé en l'entendant crier : « Au meurtre !» Je me trouvai au même instant entraîné hors de la maison par une demi-doiizaine d'hommes. Les uns me tenaient par les cheveux, les autres par la chemise,. les caleçons, les bras et les jambes. Le pied du lit, placé contre la porte, laissait seulement la place nécessaire pour l'ouvrir, Ma femme avait d'abord entendu tapoter sur les croisées; mais elle- n'avait pas pris garde à ce bruit, qui avait sans doute pour but de s'assurer

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