‹ Les mormonsChapitre 45 sur 126 · CHAPITRE V. i\l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. i\l

si nous étions éveillés , ayant de forcer la porte. Je me trouvai donc dans les mains de la populace et hors de la maison avant d'avoir eu le temps de me reconnaître. Alors je luttai de toutes mes forces pour me débarrasser ; mais je ne parvins qu'à dégager une jambe et à lancer un coup de pied à un homme , qui tomba sur les marches de la porte. Immédiatement ils ressaisirent ma jambe, et jurèrent leurs grands dieux qu'ils me tueraient si je ne restais pas tranquille. Cette menace me contraignit à ne plus bouger. Tandis qu'ils tournaient la maison en m'emportant, l'individu à qui j'avais donné un coup de pied m'appliqua sur la figure sa main toute couverte de sang , car je l'avais, sans le savoir, frappé sur le nez : « Holà ho! >» dit-il avec un ricanement de triomphe, « je saurai « bien te faire rester en place. *•

« Ils me saisirent alors à la gorge, et me la serrèrent jusqu'à m'étouffer. Arrivé à trente verges environ de la maison, je vis l'Ancien Rigdon étendu à terre, et qu'on traînait par les pieds. Je crus qu'il était mort.

« Cependant je cherchais à les émouvoir : « Vous « ne serez pas sans pitié , leur dis-je , vous épargne- « rez au moins ma vie. » A quoi ils répondirent : « Goddem ! Implore l'aide de Dieu, si tu veux ; quant « à nous , nous n'aurons pas pitié de toi. » D'autres individus commençaient à se montrer dans toutes

i\S LES MORMONS.

les directions ; l'un sortit du verger avec une planche; je crus qu'ils allaient me tuer et emporter mon cadavre sur cette planche. Ils tournèrent ensuite à droite, et me portèrent trente verges environ plus loin , c'est-à-dire à peu près à soixante verges de la maison et à trente de l'endroit où j'avais vu l'Ancien Rigdon. Parvenus là, dans une prairie, ils s'arrêtèrent , et l'un^d'eux dit : « Sim- « monds', » Simmonds', s'adressant, je suppose, à Simmonds' Rider, « remets-lui ses caleçons, de peur « qu'il ne s'enrhume. » Un autre répliqua : « N'al- •• lez-vous pas le tuer? n'allez-vous pas le tuer? » Un groupe d'émeutiers se réunit un peu plus loin et cria : « Simmonds' ,' Simmonds' , viens ici. » Simmonds' recommanda alors à ceux qui me tenaient de m'empêcher de toucher la terre , comme ils Favaient fait jusqu'alors , de peur que je ne prisse mon élan contre eux. Ils tinrent donc conseil à une certaine distance. D'après les paroles que je pouvais saisir çà et là, je supposais qu'on délibérait pour savoir si on me tuerait. Au bout d'un certain temps, ils se rapprochèrent de moi , et j'appris qu'on avait résolu de ne pas me tuer, mais de me cribler de coups , de me dépouiller de mes vêtements , et de me laisser tout nu sur la terre glacée. Tout à coup l'un d'eux dit : « Simmonds' , « Simmonds', où est le baquet au goudron? — Je « ne sais pas, » répondit un autre, « où Elie Ta

Page 1