‹ Les mormonsChapitre 47 sur 126 · CHAPITRE V. iîi · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. iîi

cacher sous le hangar. Bientôt le père Johnson retrouva assez de force pour regagner sa maison, où tout le mystère s'expliqua , et Poorman , apprenant sa méprise et le retour du père Johnson, sortit gaiement de sa cachette.

« Mes amis passèrent la nuit à gratter le goudron et à nettoyer mon corps ; en sorte que le matin je pus m'habiller comme d'habitude. C'était un jour de dimanche; on se réunit à l'heure accoutumée du meeting pour célébrei: le culte, et parmi ceux qui vinrent se trouvaient aussi les émeutiers, à savoir : Simmonds' Rider , prédicateur campbellite et meneur de la populace , un certain M. Clentie , fils d'un ministre campbeUite , M. Pelatiah Allen, qui avait donné à la même populace un baril de whiskey pour monter les tètes , et avec eux beaucoup d'autres. Malgré mon visage scarifié et défiguré, je n'en prêchai pas moins, comme à l'ordinaire, devant la congrégation, et, dans l'après-midi du même jour, je baptisai trois personnes.

« Le lendemain matin j'allai chez l'Ancien Rigdon; je le trouvai couché avec le délire d'une fièvre cérébrale , car ils l'avaient traîné par les pieds et en le tenant si loin de terre qu'il n'avait pu empêcher sa tête de porter sur la surface raboteuse et durcie par la glace, ce qui l'avait cruellement meurtrie et lacérée. Dès qu'il me vit , il pria sa femme de lui apporter son rasoir, et quand je lui demandai ce;

\±î ^ LES MORMONS.

qu'il en voulait faire, il répondit que c'était pour tuer sa femme. Pendant plusieurs jours il continua de délirer. La populace avait pris dans la maison môme de l'Ancien Rigdon les plumes dont elle s'était servie en cette circonstance. Après qu'ils l'eurent saisi et entraîné , un des bandits osa même revenir encore pour prendre d'autres oreillers; mais les femmes l'enfermèrent et le gardèrent quelque temps. »

Certes il fallait une forte dose de courage moral pour prêcher et baptiser le lendemain d'une pareille scène nocturne. Joseph Smith grandissait, on le voit , avec la persécution, et il ne se laissait pas détourner de son but. Cependant, après avoir fait tête à l'orage, il crut devoir s'absenter un peu, et, le 2 avril, il partit, en compagnie de quelques-uns de ses adhérents , pour le Missouri , « afin d'y accomplir la révélation. » Bien qu'il partit en secret, des persécuteurs, ayant eu avis de son départ, le traquèrent pendant plusieurs centaines de milles, jusqu'à son arrivée à Louisville , où il fut protégé par le capitaine d'un bateau à vapeur. Le 26 avril il arriva à la ville qu'il avait nommée « Sion »» ou « Indépendance. »» Reçu avec enthousiasme par une nombreuse congrégation de saints, il fut solennellement reconnu pour prophète et pour président de la haute hiérarchie de l'Église. En son absence , conformément à la révélation qu'il avait

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