CHAPITRE VI
C'est ce que nous ignorons. Sydney raccompagnait dans ce voyage, où ils firent quelques prosélytes. Dans rintervalle, le gouverneur Dunklin écrivit une lettre pleine de sens et de conciliation en ré ponse à la pétition des Mormons; il déclora Fattaque dont ils avaient été l'objet illégale et injustifiable ; il leur conseillait de rester où ils étaient et de s'adresser pour le redressement de leurs griefs aux tribunaux ordinaires du pays. La lettre eut une grande publicité, et les Mormons, comptant sur la protection du gouverneur , résolurent de rester dans le Missouri, et « de bâtir Sion. » Ils intentèrent même une action contre les principaux meneurs de l'émeute et s'assurèrent, moyennant mille dollars, des meilleurs avocats pour plaider leur cause. La populace n'en courut pas moins de nouveau aux armes le 30 octobre pour les expulser. La toiture de dix des maisons des saints fut enlevée, et ces mêmes maisons en partie démolies, dans un endroit nommé Big-Bluc. Plusieurs autres maisons furent également saccagées quelques jours après à Indépendance. Les Mormons, dans certains cas, défendirent leurs propriétés, et il s'ensuivit un combat régulier entre une trentaine de saints armés de fusils et un beaucoup plus grand nombre de Missouriens également bien armés. Dans cette échauffourée , deux des anti-mormons furent tués. Les choses prirent un aspect si alarmant ,
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que Ton convoqua la milice sous le commandement du lieutenant-gouverneur Bogs. Malheureusement cette milice était, depuis son chef jusqu'au dernier homme, hostile aux Mormons , et les malheureux saints virent bien qu'ils n'avaient pas d'autre alternative que de combattre. Le sang versé avait excité une telle exaspération contre eux , qu'un Mormon ne pouvait se montrer seul dans les villes ou dans les villages. Les femmes prirent l'alarme les premières, et s'enfuirent avec leurs enfants au delà du Missouri.
* « Le jeudi 7 novembre, dit la relation du Times and SeasonSj le rivage commença à être bordé, des deux côtés du bac, d'hommes, de femmes, d'enfants, de voitures, de meubles, de coffres, de provisions, tandis que les bateliers s'employaient activement à les passer de Tautre côté. Quand la nuit s'étendit de nouveau sur les saints, les bords du Missouri avait pris l'aspect d'un camp. On voyait dans toutes les directions des centaines d'individus j lés uns sous des tentes, les autres en plein air, autour de leurs feux, tandis que la pluie tombait par torrents. Quelques-uns avaient eu le bonheur d'échapper avec leurs familles, leurs meubles et quelques provisions ; d'autres ignoraient le sort de leurs amis et avaient perdu tout ce qui leur appartenait. Cette scène indescriptible aurait attendri tous les cœurs, hors ceux de l'op-