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CHAPITRE VIII

Le manifeste des personnes. — Les Mormons expulsés du Missouri. — Mémoire de Sydney Rigdon.

Un manifeste, trop long pour être cité en entier, fut rédigé par les deux frères durant leur séjour en prison , signé par eux et par trois autres membres de TÉglise. Le courage indomptable de Smith au milieu de si grands périls (car ils pouvaient être tous massacrés à chaque instant par la populace et même par la milice), sa ferme confiance dans le triomphe définitif de sa doctrine, prouvent, comme nous l'avons déjà dit, qu'il avait fini par s'exalter jusqu'à se croire un apôtre. L'histoire du fanatisme religieux offre plus d'un exemple d'anomalies semblables. Voici le début de la pièce en question :

« Prison de Liberté, comté de Clay-Missouri.

« A l'évêque Partridge, à l'Église de Jésus-Christ, des saints des derniers jours, à Quincy, Illinois, et à ceux qui sont dispersés dans toutes les régions environnantes ; votre humble serviteur Joseph

Smith, junior, prisonnier pour la cause du Christ et des saints , pris et retenu par le pouvoir de la populace sous le règne exterminateur de Son Excellence le gouverneur Lilbum W. Bogs , ainsi que ses compagnons de captivité et ses bien-aimés frères, Caleb Baldwin, Lyman Wight, Hiram Smith et Alexandre Mac Raë, vous envoient leurs salutations. Puisse la grâce de Dieu le père et de notre Seigneur et Rédempteur Jésus-Christ reposer sur vous tous et demeurer avec vous à jamais, et puissent la foi , la vertu , la science , la tempérance , la patience, la piété, la fraternité, la charité, habiter et abonder en vous, pour que vous ne soyez pas stériles et sans fruits! Si les citoyens du Missouri n'avaient pas outragé les saints, et s'ils s'étaient montrés aussi désireux de la paix que nous, nous n'aurions eu jusqu'à ce jour que paix et quiétude ; nous ne serions pas dans ce misérable lieu , accablés du fardeau de la société de démons à face humaine, contraints de n'entendre que des malédictions et des blasphèmes, et d'être témoins de scènes d'ivrognerie et de débauche de toutes sortes. Les lamentations des orphelins et des veuves ne seraient pas montées vers Dieu, et le. sang des saints n'aurait pas trempé la terre et crié vengeance. Mais nous habitons parmi ceux qui détestent la paix et se plaisent dans la guerre. Leurs cœurs implacables , leurs penchants sanguinaires et meurtriers,

leurs actions cruelles révoltent rhumanité et défient toute description. C'est, en vérité, une histoire de douleur, de lamentation et de misère, un tableau trop pénible à contempler pour l'humanité. De pareils actes ne se commettent pas là où régnent les rois et les tyrans, ni parmi les sauvages des solitudes, ni parmi les bétes des forêts. Se peutil qu'on mutile par plaisir un homme après l'avoir cruellement tué? Se peut-il qu'on enlève à des femmes leur dernier morceau de pain , lorsque leurs enfants cramponnés autour d'elles le leur demandent à grands cris ? Se peut-il que les passions infernales de ces oppresseurs plus qu'inhumains ne s'arrêtent pas même devant le viol? Quoi de plus horrible ?

« Et ils commettent ces atrocités contre les saints, qui ne leur ont jamais fait de mal, contre un peupie iunocent et vertueux , contre un peuple qui a prouvé son amour pour Dieu en pardonnant et en endurant toute chose pour lui. Dieu tout-puissant,

créateur du ciel, de la terre, des mers et de tout ce qu'ils renferment, toi qui contrôles et tiens sous ta sujétion le démon et les ténébreux royaiunes de Satan , étends ta main , laisse ton œil percer , laisse enlever ton pavillon pour que le lieu de ta retraite ne soit plus caché , incline ton oreille , que ton cœur s'attendrisse et que tes entrailles soient émues de compassion pour ton peuple. Allume ta colère

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