CHAPITRE VIII. J
raconter leur surprenante fortune dans l'État de rillinois, il est bon de compléter Fhistoire de leurs souffrances dans le Missouri par quelques extraits de la pétition de Sydney Rigdon à l'État de Pensylvanie pour lui demander justice au nom des Mormons. Sydney Rigdon était né le 19 février 1793, dans la ville de Saint-Clair, comté d'Allegany, État de Pensylvanie , et c'est en partie sur cek qu'il se fonde pour s'adresser de préférence « au sénat et à la chambre des représentants de Pensylvanie, assemblés en leur capacité législative^.., -^^ Il insiste d'abord, avec beaucoup ^e raison, mr ce que les terres enlevées aux Mormons ont été achetées et payées par eux aux États-Unis, qui leur en doivent la garantie.
« Repoussé par les autorités du Missouri, à q«n s'adressera l'auteur de ce mémoire ? Il répond : Aux citoyens de son État natal , et , par leur entremise au gouvernement général. Où placerait-il mieux sa confiance que dans les patriotes de Pensylvanie, dans l'État où fut son berceau, où sont les sépulcres de ses pères ? Oui , j'ai dit dans mow cœur : Je raconterai mes justes griefs et ceux die mes frères à l'État de Pensylvanie. Je les pubMerai dans les rues , sur les grandes roules , et dans les hauts lieux de cet État, clef de voûte de l'Unfeïr; je m'adresse à votre honorable corps , aux fils de la Pensylvanie, et je leur demande, au nom de towt
ft^i LES MORMONS.
ce qu'il y a de patriotique , d'honorable et, de républicain dans leur cœur, de donner mandat à la délégation pensylvanienne , au congrès, pour qu'elle emploie tous les moyens légaux et constitutionnels , afin d'obtenir le redressement de nos griefs. Bien faibles , en vérité , sont nos institutions républicaines , bien méprisable notre autorité nationale , si des citoyens américains , après avoir acheté des terres du gouvernement et reçu de lui la promesse d'être protégés dans la. jouissance de ces terres , peuvent en être expulsés par la violence et la cruauté, sans que ce même gouvernement intervienne. Ne dites pas cela en Pensylvanie,
. ne publiez pas cela dans les rues de Harrisburgh , car sûrement les fils de l'État clef de voûte se
. sentiraient profondément insultés. En vérité , les nations de l'ancien monde ont bien le droit de tourner en dérision la faiblesse et l'impuissance de nos institutions libres. Un gouvernement incapable de protéger ses propres citoyens, un gouvernement qui n'a pas de remède aux plus flagrants abus qu'ait jamais connus le monde civilisé, un tel gouvernement ne peut manquer d'être fameux à sa manière dans les annales de l'histoire, et cité eh exemple au monde. Écoutez, peuples barbares ! écoutez , nations sauvages! hâtez-vous , oui , hâtezvous d'accourir en Amérique. C'est là qu'on peut se gorgei: de pillage et se baigner dans le sant^ de