‹ Les mormonsChapitre 87 sur 126 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

pouvait ajouter, disait-il, qu'il avait vu avec un vif intérêt le progrès des saints des derniers jours et sympathisé avec leurs souffrances. Us lui paraissaient victimes d'une injustice, et ils devaient, à son avis, jouir, comme toutes les autres communautés religieuses, d'une sécurité parfaite, de la protection de la constitution et des lois.

La déclaration de M. Clay était bien loin de satisfaire Joseph Smith; mais il prit six mois de réflexion pour répondre, et, quand il répondit, il parut complètement oublier son apostolat évangélique. Passant en revue tous les actes du candidat à la présidence, il l'accuse de n'être qu'un joueur, un grec politique, qui veut tenir les cartes pour mieux tricher. Il rappelle ensuite en termes insultants le duel de M. Clay avec M. Randolph. « Un homme dit-il, qui accepte un cartel ou se bat en duel, n'est ni plus ni moins qu'un meurtrier ; or, TÉcriture déclare que celui qui verse le sang de l'homme, verra le sien versé par l'homme ; et lorsque, dans la ville renommée de Washington, le fameux Henry Clay descend de son siège élevé de sénateur à rinfirae niveau d'un spadassin pour tirer sur un Randolph, non-seulement il déshonore, son propre nom, sa famille, ses amis, mais il souille le Sanctum Sanctoruih de la gloire américaine ; et les plats valets de la monarchie dans le monde entier montrent du doigt du mépris l'asile tant

vanté des opprimés, sifflant à bon droit les hommes d*Ëtat américains, ces gentlemen vagabonds et meurtriers, qui tiennent d'une main l'olivier de la paix et u \ pistolet chargé de l'autre. C'est aux chefs de cette nation que le Seigneur pourrait bien dire : « Malheur à vous, scribes, pha- H risiejis, hypocrites! » Car le gouvernement et le congrès des États-Unis , à peu d'honorables exceptions près, ont suivi la voie de Caïn et doiveûl périr comme Korah, etc., etc. »

Arrivant aux griefs spéciaux des Mormons^ Joseph termine sa philippique par une péroraison tout aussi peu évangélique. « Depuis dix années durant lesquelles les saints des derniers jours ont vu leur sang couler, ont été volés et chassés de leurs terres , ont versé un océan d'argent dans le trésor, au profit de votre célèbre personne et de celle de vos collègues chargés de légiférer et de leur répartir des droits et des privilèges égaux à ceux de toutes les autres sectes religieuses, ils ont attendu en vain. La charité aveugle et la justice muette ne contribuent jamais beaucoup à alléger les besoins des nécessiteux ; mais une paille suffit pour montrer d'où le vent souffle. D'après la rumeur publique , votre dernière ressource pour les saints des derniers jours est de leur conseiller d'émigrer dans l'Orégon ou la CaUfornie. Une si cruelle humanité,, une si noble injustice, une si

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