CHAPITRE XII
contigus, j'appuierais de toute l'influence de la suprême magistrature une si raisonnable requête^ pour qu'il puisse étendre les puissants efforts et les entreprises d'un peuple libre de l'Orient à l'Occident, et faire fleurir le désert comme une rose. Lorsque des pays voisins demanderaient à se joindre à l'Union des fils de la liberté , je leur dirais : Venez; oui, venez, Texas; venez, Mexique; venez, Canada ; venez, tout le monde, et soyons tous frères. Ne formons plus qu'une seule famille et qu'une paix universelle règne. Abolissez la cruelle coutume des prisons (excepté pour certains cas), des pénitentiaires et des cours martiales pour désertion. Laissez régner ia raison et l'amitié sur les ruines de l'ignorance et de la barbarie. Oui, comme l'ami du genre humain entier , je voudrais ouvrir toutes les prisons, ouvrir tous les yeux, ouvrir toutes les oreilles , ouvrir tous les cœurs pour donner à tous la vue et la jouissance de la liberté, d'une liberté pure; Dieu, qui balaya jadis, par un déluge, la violence de la surface de la terre. Dieu, dont le fils a donné sa vie pour le salut du monde , et qui a promis de revenir purifier le monde par le feu dans les derniers jours , recevrait mes constantes supplications pour le bien de tous les hommes. Je suis, avec la plus haute estime, un ami de la vertu et du peuple. « Joseph Smith. »»
Ce manifeste, où le prophète et le révélateur
s'efface en partie pour aspirer à un grand rôle politique, est daté de Nauvoo, Hlinois, 7 février 1844. Cependant Joseph Smith , nous l'avons déjà dit, s'il acceptait la candidature pour plaire à ses disciples, et parce que cette démonstration publique flattait son amour-propre, savait fort bien qu'il ne pouvait être élu. Aussi écrivait -il à M. Clay, qui lui semblait réunir le plus de chances , pour lui demander quelle serait sa conduite envers les Mormons , si iniquement spoliés , si cruellement persécutés p^r les habitants du Missouri, et qui n'avaient pu obtenir aucune espèce de justice ni des tribunaux ordinaires, ni des législations spéciales, ni du congrès lui-même.
M. Clay lui répondit poliment, mais d'une manière évasive. Très^reconnaissant, disait-il, des nombreuses et énergiques démonstrations du public en sa faveur comme candidat à la présidence , il ne se regardait néanmoins pas encore comme tel. Cela dépendrait des futurs événements. S'il se. décidait à accepter la candidature , il ne pouvait prendre aucune espèce d'engagements, ni faire aucune promesse à une fraction particulière du peuple des États-Unis. Il devait enirer en charge parfaitement libre et sans entraves, sans donner d'autres garanties que celles que l'on pouvait tirer de sa vie entière, de son caractère et de sa conduite. Sans coiv* tredire en rien, du reste, cette déclaration, M. Clay