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CHAPITRE Xm

Nouvelles attaques contre le prophète.

Peu de temps avant la publication officielle de sa candidature à la présidence, Joseph se trouvait en visite avec sa famille dans un endroit nommé Dixon, dans riUinois. Une action avait été intentée antérieurement contre lui par quelques personnes du comté de Jackson, dans le Missouri, sous prétexte de pertes éprouvées lors des troubles qui avaient précédé l'expulsion des Mormons. Dixon étant situé sur la frontière du Missouri, deux officiers du shérif de cet État , les nommés Reynolds et Wilson, résolurent d'enlever le prophète et de le traîner devant les tribunaux missouriens. Dans ce dessein, ils se déguisèrent, et, frappant de nuit à la ferme où résidait momentanément Joseph , ils se donnèrent pour deux anciens Mormons arrivant de Nauvoo, et désirant de l'entretenir. On eut l'imprudence de leur ouvrir la porte, et Us se précipitèrent sur Joseph, tenant chacun un pistolet chargé à la main et jurant de l'étendre roide mort.

s'il faisait la moindre résistance. Le prophète leur ayant demandé en vertu de quelle autorité ils l'arrêtaient : « Voilà notre autorité , »» répondirent-ils en montrant leurs pistolets. Non-seuleinent ils ne lui permirent pas de rentrer dans la chambre pour dire adieu à sa famille, mais ils refusèrent môme de lui laisser prendre son chapeau, et ils le firent monter de force dans la voiture, après l'avoir frappé sur la tête et sur le dos avec les crosses de leurs pistolets. Retenu prisonnier pendant plusieurs semaines, le prophète obtint enfin sa liberté en vertu d'une ordonnance d*habeas corpus. Aussitôt qu'il fut de retour dans l'IUinois, il intenta une action contre Reynolds et Wilson pour arrestation illégale, violence et mauvais traitements; mais il n'obtint que des dommages et intérêts illu-. soires, quarante dollars, tandis que les dépenses de cette affaire , depuis son début jusqu'au dénoûment, s'élevaient pour lui à plus de trois mille cinq cents dollars : c'était payer bien cher une justice si peu impartiale.

L'accusation sans fondement et de pure vengeance portée contre lui par l'ex-gouvemeur Bogs devait avoir de bien plus graves résultats encore. A l'instigation des gens du comté de Jackson, les autorités judiciaires et militaires du Missouri demandèrent que l'État d'Illinois leur livrât Joseph Smith pour être jugé devant un jury missourien. Une ré-

quisition en règle fut rédigée à cet effet. A la même époque parut dans les journaux de New-York une lettre d'un sieur J. Ârlington Bennet, avocat consultant, homonyme du général Bennet, « le bras droit » du Mahomet américain. M. Ârlington Bennet prenait le parti de Joseph Smith, et conseillait fortement aux autorités du Missouri de le laisser en paix, leur prédisant d'une manière vraiment remarquable les funestes conséquences d'une persécution prolongée contre le prophète et ses sectateurs ; la mort de Joseph, Taccroissement de la secte et -son établissement final dans im Etat libre et puissant qu'ils iraient fonder au delà des Montagnes Rocheuses. « Je ne crois pas , disait-il , que Joseph Smith ait rien fait pour nuire à Tex-gouverneur Bogs, du Missouri. Le gouverneur peut le soupçonner d'avoir comploté son assassinat; mais cette accusation ne s'appuie sur aucune preuve légale, sur rien qui puisse le faire condamner par un jury impartial. Envoyer cet homme dans le Missouri, ainsi qu'on le demande , serait un acte de criante injustice, car sa perte serait certaine. Quel homme, dans les circonstances où se trouve Joseph Smith, échapperait à la ruine, lorsqu'il est l'objet d'un violent préjugé religieux? Consultez l'histoire des siècles passés; voyez la puissance du fanatisme et de la superstition traînant au bûcher les plus vertueux des hommes. Jamais les persécuteurs n'ont man-

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