CHAPITRE XVffl
Destinée probable du MormoDisme.
Avant de résumer cette narration historique d^une secte dont tout le monde parle maintenant et que si peu de gens connaissent, nous ferons connaître en peu de mots la tribu indienne qui a donné son nom au territoire immense qu'occupent aujourd'hui les Mormons.
Les Utahs composent une tribu divisée en plusieurs bandes indépendantes et dirigée par autant de chefs différents. Ces divers groupes de sauvages parlent le même langage, mais vivent en assez mauvais termes, quoique s'entremêlant souvent par les liens du mariage.
Dans Yhuah Valley, près de Sait Muntain,
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se trouve un précipice au fond duquel il y a une fontaine dont les eaux jaillissent à quelques pieds ayant de se perdre dans le sol spongieux de l'abîme. Cette fontaine est appelée Pun-gun par les Indiens. Ils croient qu'un enfant Thabite et yient à la surfac^ au coucher du soleil ; si quelqu'un en approche alors, il crie pour qu'on l'aide à sortir de ce précipice, faisant d'effrayante contorsions pour mieux provoquer la sympathie en sa faveur. Mais si on cède à son appel, l'enfant mystérieux ne manque jamais d'entraîner son bienfaiteur avec lui. Ce lieu est le séjour des revenants des sauvages ; les femmes n'ont besoin que d'en citer le nom aux enfants pour les rappeler à l'obéissance.
Près de ce gouffre se passa un drame qui peut donner une idée de la férocité de la religion de cette puissante tribu. Cette scène horrible est rapportée par un témoin oculaire avec une précision qui ne permet pas de douter de sa véracité. Ce témoin parcourait ces désertes et sauvages contrées dans le but d'y trafiquer avec les Indiens. Apercevant un jour un village non loin du sentier qu'il suivait, ce voyageur quitta son cheitiin pour aller tenter quelques trans* actions avec les gens de ce pays inconnu , et sa-p
tisfalfe en même temps sa curiosité. Comme il traversait ce village de huttes, il entendit de sourdes lamentations qui s* échappaient de Fune d'elles. Désirant connaître la cause de ce chagrin intérieur, il s'arrête devant cette loge de laquelle il vit sortir aussitôt, en sanglotant, un jeune Indien âgé d'environ quatorze ou quinze ans.
L'enfant s'assied par terre, se cache la figure dans Ses mains qu'il appuie sut ses genoux , et semble attendre avec résignation, dans cette piteuse attitude, l'issue d'un grand événetnent. Plusieurs Indiens se réunissent en ce lieu. Le silence qui règne parmi eux et l'expression de leur physionomie ne permettent pas à l'étranger de douter qu'il va être témoin de quelque chose de grave. Au même instant on entend dans la hutte un bruit qui vient confirmer les appréhensions qu'éprouve notre inconnu pour le sort de ce malheureux enfant : on y charge une arme à feu. Gè bruit avait à peine cessé dans la loge , qu'un robuste sauvage en sort, poussant tme exclamation de joie et tenant aux mains l'arme qu'il venait de charger. L'enfant ,' se résignant à son affreuse destinée , jetant un regard d'adieu éternel aux tapis de neiges couvrant les sommets des montagnes environnantes, pencbé h
tête sur sa poitrine , ferme les yeux à la lumière qui doit s'éteindre pour lui, et aussitôt l'impitoyable sauvage porte martialement son arme à son épaule, ajuste lentement sa victime; une détonation se fait entendre , et le pauvre enfant tombe percé d'une balle, la face dans la poussière , qui s'empourpre du sang de cette innocente victime.
L'étranger qui fut témoin de cette criminelle exécution en ayant deiiiandé la cause , voici ce qu'on lui répondit : Ce jeune Indien avait été fait prisonnier il y avait longtemps déjà dans une guerre avec une tribu voisine. Comme tel, il était devenu l'esclave du maître de la hutte de laquelle l'étranger l'avait vu sortir en pleurant. Ces sauvages ne conservent leurs prisonniers que pour les sacrifier ainsi lorsque leurs maîtres meurent, car ceux-ci doivent être suivis par quelqu'im dans le royaume du Grand-Esprit , pour s'y faire servir comme ils l'étaient dans ce bas monde. Lorsqu'un Indien de distinction peurt, s'il n'y a pas de captif à immoler, on prend le premier étranger qui séjourne dans le pays ; le droit sacré de l'hospitalité ne peut même pas le soustraire à cette meurtrière coutume.
Si un chef meurt, on brûle sa hutte ; on tue
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868 chevaux et ses chiens : ses annes et tous ses ustensiles de cuisine sont enterrés avec lui. Pour fieu de sépulture , ces sauvages rechei-chent les gorges des montagnes et les fentes des rochers. Us recoiiyrént ces tombes naturelles de branches, ne laissant qu^une petite ouverture par laquelle ils oCDrent des aUments au mort durant les dnq ou six semaines qui suivent ses funérailles. Parmi les Utahs, le rang de chef est héréditaire. U en est qui suiveM l'exemple des Mormons à Tendroit de la pluralité des compagnes intimes. Parmi ces indigènes, le rang de chef de tribu est héréditaire. Un de ces chefs, mort il y a peu d^années, avait fait ua si grand usage de la polygamie, qu'il laissa trente fils au nombre de sa postérité. En ce moment même , les Saints sont en guerre avec cette tribu, qui fait un dernier effort pour échapper à la civilisation, par laquelle ces malheureux sauvages sont cernés de toutes parts depuis la conquête de la Californie par les Américains.
Le 4ief actuel est ami de la secte. Un de ses frères s'est immortalisé et enrichi en volant des chevaux aux Mexicains. Il s'est fixé dernièrement dans la grande vallée ,• dans le seul but de s*y livrer à l'agriculture en l'apprenant de ses
inteUigents et laborieux voisins les sectaires. En récompense des lumières agricoles que ce riche Indien recueillera des Mormons, il leur promet d^accepter leur culte ainsi que tous les sauvages qui sont sous sa domination. Mais quel fond peut-on faire sur un homme qui , comme aventurier des montagnes, n'a jamais trouvé de gloire et de plaisir que dans la rapine et les combats qu'elle lui suscitait ? C'est une conquête dont les Saints doivent se défier.
Outre les Utahs , cette vaste région possède diverses autres tribus, qui, pour êlre peu nombreuses , n'y alimentent pas moins une guerre constante et implacable. A mesure que la civilisation s'approche de ces peoples primitifs, on dirait qu'ils veulent s'y soustraire en redoublant d'animosité les unes pour les autres, et s'entremassacrant. Dans ceoi ans d'ici, un Indien sera une rare et curieuse relique sur le sol de l'Amérique du Nord , qui en a vu naître tant de millions. Les sauvages de cette région composent un groupe de tribus. Il en est une qui est soumise à l'autoHté d'un chef dont le despotisme est d'une rigueur fort rare parmi ces peuples des forêts viciées. Ce sauvage despote a un conseil composé de dix personnes , chaînées de lui
rendre compt^ chaque soir de ce qui s'e§t passé d'important dans le cours de la journée. En même temps , le chef transmet à ces dix instruments dociles de sa tyrannique volonté les ordres qu'ils doivent accomplir le lendemain. Dans les excursions de cç potentat , personne ne peut sortir des rangs de sa suite sans le signal de la majesté indienne. Lorsqu'il s'agit de camper, le chef qui est toujours à deux bonnes portées de fusil en avant, s'arrête , jette bas le harnais de son cheval , et personne n'a le droit d'approcher de sa personne qu'à une distance prescrite, à moins d'en recevoir la formelle permission du tyran. Sa boitte est érigée par des femmes , €i d'autres plus privilégiées l'entourent avec Lous les égards qu'imposent l'esclavage. La nioiiidre (Icsohéi^sjnice .est punie de mort. Cet aiiimble clief einoie d^ détachements de ses guerriers piller les autres peuples voisiijs, et ceux (jui couiniandent ces pirîiites des forêts primîlîves ont il mit de vie et de mort sur tous leurs subordonnés.
Certes , l'homme fut créé pour Ja civilisation, puisqu'elle peut seule lui permettre de développer son intelligence et de remplir digneipent la mission qui lui est assignée en ce pfiopde. Ce-
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pendant y ovl ne peut nier non plus que cette vie de forêts, si libre géherali^Riiçnt, n^àit de puissants attraits pour l*esprit huiiiain. On trouve parmi les sauyages beaucoup 4%onimes civilisés qui ne reprendraient leur place dans la société ou ils ont été élevés pour aucun prix. La force les pourrait seule contraindre k quitter cette vagabonde et aventureuse existence pour celle de la civilîsation.' Les soyeuses fourrures qui nous viennent de T Amérique du Nord, et que nos élégantes mêlent à leurs toilettes d^hiver avec un goût si confortable, sont le fruit, pour la plupart, de l'adresse , de la ruse, des fatigues de cette classe d'hommes qui abandonnent Tétat social pour celui de la barbarie s^s contrôle. 11 est de ces individus-là dont rbisfoire offrirait un intérêt aussi varié quHnstpuc^f.
Les ingénieurs envoyés par te gouvernement fédéral' pour explorer le pays des Mormons par-* lent d'un de ces intrépides chasseurs et isauvages de profession, le major Bridger, comme d'un homiâe précieux pour ceux qui ont besoin de renseignements de* toute nature sur l'immense étendue de cette contrée déserte. Avec un morceau de craie et une peau de buffle, il fera la carte géographique de quelque portion qu^oi)
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TeiliUe connattre de cette vaste région , sans omettre une montagne, ni une vallée , ni même le moindre ruisseau. H y a trente ans que ce sauvage blanc parcourt en tous sens eette partie du Nouveau-Monde. U fit un récit aussi ronianes(|ue qu'enchanteur d'un lac qui forme la source de la rivière Yellow Stone. Cette description mérite de trouver place ici pour compléter les renseignements topographiques que nous avons donnés déjà sur la patrie des Utahs.
Ce lac, d'une étendue de vingt lieues, est dissimulé par un cercle de hautes montagnes escarpées. Du côté de l'ouest, une plaine de plusieurs milles de large se déroule en pente douce, offrant çà et là des groupes d*arbres majestueux et des bosquets touffus. Le sol y est ferme et résonne sous les pieds des chevaux. Des jets d*eau Jaillissent à soixante-dix pieds de haut à des intervalles réguliers en fendant l'air avec un fracas terrible. Plus loin, des chutes limpides et étincelantes mugissent en se précipitant dans de profonds abîmes, d'on elles s'échappent ensuite pour se réunir dans un vaste bassin.
La rivière que forme ce lac en sort en grondant comme la tempête en furie à travers une gorge perpendiculaire de cinq lieues de long. A
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l'issue de cette gorge impénétrable se trouve la Great Springs (grande fontaine), dont Teau est si chaude que la viande y cuit complètement.
Dans leur fuite, ces eaux brûlantes ofirent peu à peu des bains d'une tiédeur aussi délicieuse que confortable. Du côté opposé, se rencontre une autre fontaine acide qui bondit impétueusement pour s'aller jeter dans le torrent d'une rivière. Près de là, se voit une grotte oii se trouve abondamment du vermillon que les Indiens exjdoitent au profit de leurs tatouages fantastiques. L'ours, l'élan, le daim, le loup et le renard occupent le premier rang parmi le gibier de la contrée; la tribu volatile, par sa variété et sa succulence, ne laisse guère que l'embarras du choix au chasseur qui daigne lui faire hommage de la charge de son fusil.
Le même narrateur dit avoir parcouru une autre région, sifuée à l'ouest du del Norte et au nord de la Gila, la plus ravissante qu'il ait jamais visitée. Ce paradis terrestre fut habité par l'homme, puisqu'on y trouve des ruines gigantesques de maçonnerie que cet intrépide et obscur explorateur décrit, du reste, avec la précision d'un savant antiquaire. Des arbres magnir fiques, chargés de fruits délicieux, ombragent
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maintenant les débris de ces yilles. Ge pays fertile et enchanteur est assez vaste, dit le major Bridger y pour former trois grands Etats de rUnion américaine. Quel avenir de prospérité illimitée les États-Unis ne voieni-ils pas se dérouler pour eux d^s toutes les directions !
Mais revenons à notre sujet pour, voir la part que les Mormons obtiendront, connue secte, de ce brillant héritage offert par la Providence à la puissante république. Nous avons vu que depuis la formation de ce culte, les sectaires ont joui d'une prospérité merveilleuse partout où ils se sont fixés d'une manière plus ou moins permanente. On connaît les causes de Tinstabilité dont cette secte a fait preuve jusqu'ici ; c'est un sujet sur lequel nous n'avons pas besoin de reyenir. Mais lorsque les Saints, en 1848, arrivèrent sur les bords du grand Lac Salé^ qui eut dit , en les voyant dénués de tout^ décimés par les inaladies, pstr la fatigue et les privations, qu'ils jouiraient d*une prospérité sans égale deux ou trois ans plus tard, et qu'ils seraient assez nombreux, en 1853, pour former exclusivement un État de plus dans la confédération? Le prophète luimême n'eût pas osé peut-être faire une si miraculeuse prédiction.
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Cependant, ce iqiraçl^ n'p^t PQntçs1?il|l§ ppvir personne aujourd'hui, pui^qq'il s-est accompli. Mais, aipsi qu'on le peut yoir dans le cours de ce récit, le début de cette colonisation a été terrible pppr les sectaires ; car il ne s'agissait pas seulement pour ^M^ de s'imposer un labeur pénible poyr tirer parti 4vi sol> U i^ fallait ençori^ disputer aux sauvages qui Toccupaient. Si la perséçutioq et le fanatisi^e religieux peuvent •trouver l'oubli chez l'homme qui en est Tobjét, c'est parce qu'ils prodi^^sent souvent des résultais q\xi révèlent au plus ^laut degré la puissance et l'iptelligeqçe hun^aine, tant collective qu individiielle. ^'liomme d'énergie, laborieux et intelligent, pe peut se faire justement apprécier que d^stà Ff^versité.
3aps coplredit, le^ Mormons méritent d'être étudiés attentjivemept. Une chose des plus remarqMaWes dans le sysitènie social de ces sectaires, c'es^ qi^ leur fanatisme et leur superstition n'exr cjiu/ent pas chez eux le désir de s'instruire. Bien que maître absolu de la secte, son prophète ou président actuel, n'a pas perdu une minute à s'occuper de l'instruiction générale de ses adeptes, dès que la ngijisère a été vaincue dans la nouvelle i;Qlpme, et q^ le yq^in^ge des Indiens n'a plus
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nécessité une surveilliance armée. L'éducation arrivera jusqu'au plus obscur sectaire.
Partout des écoles gratuites seront, si elles ne le sont déjiiy instituées au profit de la secte en^ tière ; et d'y envoyer les enfants ne sera pas seulement un devoir maternel ou paternel, mais une impérieuse obligation civile et religieuse à la fois. Il y a des écoles pour tous les degrés d'instruction. On impose celle qui est indispensable au plus humble citoyen d'une nation civilisée ; mais chacun est libre d'acquérir 6es hautes connaissances qui demandent de longues années d'études sérieuses et une intelligence supérieure. Près du temple splendide qui s'élève dans la métropole des sectaires, se trouve aussi, en voie de construction, et peut-être terminé, car les choses marchent vite chez les Saints, un superbe édifice où se trouvera le siège de l'université mormone. Le site en est admirablement choisi; on y jouit d'un ravissant coup d'œil : le regard embrasse toute la ville et la campagne environnante.
On se propose de construire aussi, sur le même point, une arène destinée aux exercices gymnastiques, athlétiques et équestres. Pour compléter ce groupe de monuments, on y éii-
géra un observatoire national, auquel des professeurs seront atiacl\,és pour y faire gratuitement des cours publics.
Toutes les langues vivantes seront enseignées dans les hautes écoles, ainsi que toutes les sciences pratiques. L'agriculture y sera surtout l'objet d'une attention particulière. Au nombre de ces diverses écoles, il s'en trouve une qui mérite tine mention exceptionnelle, cystV école des parents. Comme l'indique clairement pe titre, oet établissement est destiné aux personnes d'un esprit mûr. Les Mormons veulent prouver, par cette innovation, que l'instruction s'acquiert à tous les âges, qu'on y doit consacrer sa vie entière lorsqu'on le peut. Le présidant a été le premier à donner l'exemple en cette circonstance mémorable, en se plaçant à la tête des élèves de cette éc(Àe , qu'on pourrait appeler le collège de la maturité intellectuelle.
Les Saints prétendent, qu'à l'avenir, il faudra s'adresser à eux pour se désaltérer à la source de la science générale. Les géologues et les chimistes seront tenus d'aller chez les Saints pour apprendre à lire dans le livre merveilleux que forment la terre et tous les éléments. Cette prescience des Mormons n'est due, disent-ils, qu'à
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la persévéFuiiee qu'il» ont 4â|)loyé^ ppw trpviver te chemin du ciel en obflemnt Jm préceptes du culte du grand prophète aye^ rigidité.
Un dfi^ plus profond)» mathématiciens de la secte, durant un séjpyr qi^'il fit en Apgleterre, publia unp brocbwp par laquelle il ^upprim»it d'un coup de plumP la tbéow du grand Newton sur la gravitation, l'attraction et la répulsion, Tous les efijels qui leur sont attribués prennent leur source, dit le savant n^P^mon, dans TinteW ligenca dont sont doués les éléni^nts.
Une seule branche de renseignement, tel qug l'admettent les Gentils pour con^plét^r le Mar ceau des c^naissanceg bun^ines, est biffée du programme d§ l'université mormone, c'^ft l'école médicale, ^dogme du culte bannit {Ifr eulape de la congrégation) pour le remplacer par le miracle. Popp c^lui qui possède la foi, l'inter«vention d'un membre du clei^é sufQt pour le guérir des maladies qui iui surviennent. Un témoin oculaire raconte à cet égard un fait qui mé^ rite d'être cité :
Un chien enragé se mit un jour à parcourir les rues de la ville, mordant tout ce qu'il rear contrait de vivant sur son chemin* Un petit garçon fut du nombje desi vietimet da ee diien« Ses
parents étaient plongés dans le plus profond désespoir en attendant Paflreuse mort à laqu^le ils croyaient leur enfant condamné.
Chaque jour l'horrible anxiété augmentait pour eux eh voyant succomber au moftel venin tous les animaux que le chien malade avait mordus dans sa rage. Les elders furent alei^s invités à se rendre près du fnalheureux enfant. Tbute la famille était en proie à la plus poignante douleur et s^abandonnait aux plps touchantes lamentations sur le sort qui la frappait dans la personne de la victime. Le chef des elders demande qu-on fasse silence^ et aussitôt une voix invoque le ciel par une fervente prière. Un vase, contenant de l'huile consacrée, est apporté; l'enfant est oint du sacré liquide, et ses affectionnés parents eurent la joie de le voir échapper à la faux implacable qui était suspendue sur sa tête. Une pareille cure ne put que répandre et consolider la confiance que le clergé cherche à inspirer aux sectaires pour les guérisons miraculeuses .
Selon les Mormons, les maladies de l'homme
' n'ont d'autre cause que la présence du démon en
lui. Chassez l'esprit malin, la cure est opérée. Les
médicaments sont défepdus aux fidèles par le pr(>-
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phëte. Ceux qui sont suspectés de n^ayoir qu^une foi superficielle peuvent se mettre à la diète et faire usage de tisanes rafraîchissantes. Il en est cependant qui osent appeler Thomme de Fart dans Tespoir de recouvrer plus promptement la santé; mais ils ne manquent jamais de justifier cette iufiratction aux ordres du prophète en s'accusant de manquer de foi pour mériter une cure miraculeuse. Le président est lui-mên^ accusé de déroger à sa propre défense, de recourir à Fart médical lorsqu'il s'agit de combattre certaines fièvres fort dangereuses et inhérentes au climat.
Cet écart du chef embarrasse bien un peu la logique dogmatique des fidèles ; mais pour aplanir cette difficulté, ils la mettent sur le compte de Satan, auquel ils accordent assez de pouvoir pour influencer les actions privées du prophète. Cette conclusion n'atteint néanmoins nullement ce chef suprême dans son caractère sacré ; il peut être tenté du diable, comme homme, sans cesser d'être inspiré du ciel comme prophète, ni de pouvoir rendre des révélations à ses adeptes. Les efiets surprenants du magnétisme sont admis conmie vrâis par les Saints, mais à la condition seulement qu'ils émanent aussi de Sa-
tan; Le fameux S'wedenborg n'était lui-même, selon les Saints, qu'un agent infernal chargé de combattre leè préceptes transmis à Joseph par son ange Moroni. ^
Le congrès des Etats-Unis, voulant s'associer autant que possible à l'expérience que tentent en ce moment les Mormons au profit de l'humanité, a doté la secte d'une riche bibliothèque, arsenal indispensable au développement de la civilisation. Également, des juges a^ient été donnés aux sectaires par le gouvernement fédéral en vertu du droit qu'il tenait de la constitution qui contrôle directement les parties de TUnion érigées en territoire. Ces juges, étant Gentils, ne pmivaient convenir aux Mormons, qui veulent se régir eux-mêmes et d'après leurs doctrines religieuses. Mais, pofur ne pas prôvocpier un conflit qui eût réclamé l'intervention de la force strictement appuyée de la i(ô^ le gouvernement fédérai a rappelé les juges de son choix pour abandonner leurs sièges à ceux que la secte préférait prendre parmi elle.
ESn Europe , la téméraire tentative de Joseph eût échoué pour deux motifs : le premier, c'est que le gouvernement serait intervenu contre elle ; le second , c'est que les ressources maté-
37Q LES MOEVONS*
rielles y eifsgpnt manqué. Le gpuTj^niement serait intervenu, lui, comme toujours, au nom de la morale publiijue , de Tordre , de la famille , de la société et de la religion. Mais, en admettant qu'çn jEurope le pouvoir constitué eût, comme cel^ se pourrait en Apgleterrp, par exemple j toléré cette tentative , elle eût succombé sou§ le poids de la misèf^ ; car elle n'eût pas eu à son service des tejreg incultes , qui ne dem^pdaient qu'à être effleurées pour produire une paerveilleuse abondance.
Si le gouvernement 4^ FUnion avait partagé les p^ssion^ {ndivid^eUes , le fanatisme religieux, la jalousie^ la calomnie, la timorité que provoquait le dogme 4e 1a nouvelle secte , il eût entravé sa marcbe et sçnx développemept. ]^a^ 4 toutes les craintes mal fondées, à tq^l^s les ip^ justes passipps tpi'on invoquait cqptre Ip^ ijor- VEfRn^i le gouvernement demandait qu'on lui indiquât en quoi ils avaient déjà violé cette égidç încqr^ruptible e^ prpteçtripp de la liberté de t^us les citoyens de la puissante et jeune république, fi?ttfi «gide epfin qp'pn appelle cg^igtitutioii fé^ 4ér9le.
Aipsi qq'on Ta y\i dans le cours de cette n^r~ ration, 1^^ persécutiop» dopt leg |^^4fes onf
été yictimes étaient la conséqu^pqe des dissensions de voisinage y de discordes loç^tles et industrielles suscitées tanjôj par les îSentils tan^t par les Mormons. Du reste, ces persécutions ne faisaient qup donner ipi nouvel essor au culte , en attirant la sympathie des personnes tolérante^ sur ces adeptes. La ruine qui résultait pouf ]^ secte des proscriptions qif'o^ lui infligeait d|ç guerre lass^, étejt plp§ qup compensée, par h force qif'elle donnait à ses liens fraternels et * l'essor à Vamoii]: du travail , dont chaque individu était possédé pac ohéissance ^u 4ogme et résistance à l'adversité.
Maintenant que cpttg §pçte cqnapte ses prosélytes par centaines 4^ mille , qu'elle possède unq immense régjqn auçsi s^ubre que fertile , qu'elle est à la veille de former i;n riphe et puissant Éb^t de pins daps 1^ Çôniedér^tion, qu'elle n'a rien à redouter de la persécution des Gentils , qu'elle se gouverne eHp-m^ïpe et d'après se3 propres doctrifle? rpUgî^pses, fmoiqnp contrôlées ep ^pp^rcpce par les jpstitulioijs pQlitiqi:^ef patipos^l^g, qui ^jipposerait que le mQrfnoiû^mç tquche à }a pli|s critique période de SQp temps d'épreuve? Qui croirait cela, eft effet, d'^prèf tous les avant^ggg m^téri(?ls do^ il jftHi^?
Cette assertion paradoxale est facile à prouver cependant. Dans un gouvernement de cette nature y basé comme il Test sur des institutions républicaines , il faut que le temporel se dégage du spirituel y ou que ce dernier principe absorbe complètement le premier. Cette dernière hypothèse nous semble improbable, sinon impossible , par la simple raison que le culte de Joseph est fondé sur une grossière imposture , enfantée dans un siècle éclairé , et qui, conséquemment , ne pourra jamais acquérir le prestige que donne la sanction d'une date obscure et éloignée.
Le mormonisme est perfectible , ainsi que le prouvent les révélation^fÇii en changent et reconstituent sans cesse le dogme. L'erreur ne peut donc manquer d'être éloignée et bannie d'un culte qui prend le progrès, c'est-à-dire la perfection pour juge. Or, comme le pouvoir absolu d'un seul individu sur ses semblables est plus qu'une erreur ambitieuse , que c'^t une insulte , une criminelle violation de la dignité humaine , de la justice divine et de la simple raison , les Mormons s'affranchiront un jour, et ce jour n'est pas loin , du joug avilissant de l'absolutisme que leur impose encore maintenant le chef suprême de l'Église , à l'aide du fanatisme ,
de rignorance y de là nécessité et du prestige de la supériorité personnelle.
Cet ordre de cbosea est si instable de sa nature , qu^il s'affaiblit à jmesure que Pinstruction se propage y que le travail grossit le bien-être général; car, de son côté, l'esprit d'indépendance prend du ressort, et se manifeste en proportion dp développement des sources qui le fé- .condent et le vivifient. Les sectaires, lorsque le temps sera arrivé pour eux de se soustraire à cette dégradante tutelle, le feront sans la moindre commotion révolutionnaire ; ils useront simplement des privilèges régénérateurs que leur accorde , à titre de citoyen, la constitution fédérale. C'est-à-dire qu'ils réformeront ou réviseront leur constitution locale pour en dégager le spirituel du temporel.
Une fois ce divorce opéré, chaque sectaire servira Dieu à sa manière; mais la grande majorité, sinon la totalité, délaissera le culte de Joseph , en lui e].npruntant toutesJes sages innovations sociales qui s'y trouveront confondues aux abus , à l'absurde.
« La polygaiïiie que Joseph a introduite furtivement dans son culte pour gratifier des passions criminelles , sera la première cause de lu déca-
S74 LES XORMONS.
denœ et de la destruction complète de son Église.
Telle qu'elle est pratiquée par les Saints, la polygamie ne peut s'enraciner dans leurs mœurs. Il faudrait d'abord asservir la femme , y créer des privilèges sociaux et fonder des sérails. Ces trois choses sont inadmissibles chez les Mormons; car les mœurs et les institutions politiques les repoussent ënergiquement.
La justice y disons-le à la louange de qui de droit , est bien mieux administrée chez les Mormons qu'en stucun pays civilisé de la terre.
Dans les cours inférieures , les témoins déposent raremefat sous serment. Les délais judiciaires y sont inconnus. Les Saints les abhorrent comme l'œuvre de Satan. En pareil cas, les délais ne servent, disent-ils^ qu'à provocjuer la ruine des parties au profit des gens de la justice , et à masquer la vérité en égarant la raison par l'ainimosité , les passions et la cupidité.
Us ont un coâê, cependant, intitulé : les tois du Seigneur. H est le fruit des révélations des prophètes de la secte. On attend, pour le promulguer, que l'éducation des adeptes soit plus complète, afin qu'ils sachent mieux apprécier la perfection de ce monument inspiré du ciel. Mais
les Mormons ^nt ëû fateitr de la peine de mort applicable à tous les crimes graves 'qui ébranlent les bases de la morale publique.
Lé travail est justement considéré cheÈ cette secte comme la source de toutes* les vertus humaines. Le paresseut y est maudit et rejeté comme une plante parasite et vénéneuse. Le moindre châtiment qu*on inflige à Toisif sans fortune, c'est de le laisser gémir ou succomber sous le poids de la misère. Par travail , les Saints s n'entendent pas seulement une occupation quelconque, soit physique, soit intellectuelle, mais un labeur productif. L'esprit ne suffit pas pour le travail, il faut, disent-ik^ que les mains participent à l'œuvre de chacpie jour. Joseph n'était lui-même dispensé ou excusé à Rartlarid du labeur manuel^ qu'en raison des soins excessifs qu'exigeait de lui les affaires administratives. La bureaucratie est exécrée chez les Mormons. Le président actuel donne l'exemple des devoirs qu'un bon citoyen doit remplir pour mériter la considération de ses âlemblables , en travaillant lui-^même de son état de charpentier, qu'il exerçait avant sa conversion au nouveau culte ^ à la tête duquel son mérite s^tll l'a placé. Ce haut personnage travaillé comme un simple ouvrier
aux moulins qu'il possède non loin de la métropole , où il réside.
Les sectaires ne paient pas d'autre impôt que la dîme de ce qu'ils obtiennent du fruit de leurs bras; et ce revenu est employé à faire face aux frais du culte et aux travaux les plus utiles à la communauté. En un mot, le travail est aussi sacré et impérieusement prescrit aux adeptes que la foi et la prière. Aussi, le clergé se fait-il ine gloire de savoir diriger la charrue ou Foutil de l'artisan y aussi bien que célébrer le service divin et faire retentir les vérités du ciel du haut de la chaire du temple. Ce système social produit d'excellents effets en mettant sans cess^ en contact tous les membres du clergé avec les fidèles. Ces rapports intimes leur permettent de se bien connaître , de s'apprécier et de s'estimer les uns les autres avec connaissance de cause ; car l'hypocrisie devient impraticable dans des relations journalières qui ont lieu sur le théâtre du travail et de la fraternité. De là l'influence extraordinaire que le prêtre mormon exerce sur les sectaires. Connaissant les besoins , le caractère , le degré d'instruction des fidèles, le prêtre ne fait jamais fausse route avec eux, aussi bien à Tintérieur du temple qu'à l'extérieur.
LES MOnMONS. 277
11 est facile de comprendre les avantages immenses que les missionnaires mormons retirent de cette camaraderie sociale. Les doctrines de leur culte ayant été si souvent calomniées par Tintolérance ou dénaturées par la jalousie , qu'ils avaient et ont encore de grands ménagements à prendre en cherchant à les faire adopter dans les pays où la conscience est contrôlée . Mais , à l'aide du métier qu'ils peuvent et savent exercer, ils s'introduisent facilement dans les maisons , les ateliers ; et, faisant peu à peu tomber la conversation sur le terrain où ils veulent l'attirer, ils expliquent avec une grande simplicité d'expression le dogme de la nouvelle Église, Tégalité, la fraternité qu'il impose à ceux qui le professent. Ils racontent avec détail le bonheur et la prospérité qui, d'après «ux, surgissent du culte des Saints; et ce tableau finit souvent par valpir à la secte de ncnnbreux et fidèles adeptes de plus.
On estime qu'il y a de trois à quatre cent mille prosélytes mormons en Angleterre, qui n'attendent que les mc^ns indispensables pour passer l'Océan et aller rejoindre le foyer du nouveau culte en Amérique.
On ne peut se figurer le zcle et F activité que
déploient ces missionnaires ouvriers dans Taccomplissement de la tâche difficile qui leur est accordée comme une insigne faveur par le chef de rÉglise. Ils ne rentrerït presque jamais dans leur pays que lorsque la fatigue et le délabrement de leur santé les y forcent. La vénération , l'estime générale, sont la récompense qui les attend et qu'ils' ambitionnent. Rien n'a plus de prix pour les conquérants de l'Eglise de Joseph, ni plus de charmes pour leurs oreilles, que de se voir, en passant dans la rue, désigner d'une manière particulière , et d'entendre dire : « Voilà un saint homme qui a épuisé ses forces et ravagé ses poumons en prêchant en plein air, à Londres ou ailleurs , les vérités du culte du Seigneur. »
Ces missionnaires sondent et observent d'un regard attentif les mœurs des peuples qu'ils visitent dans le but de les convertir au mormonisme. Aucune dépravation , aucun crime n'échappent à leur active pénétration. Ils en font un rapport fidèle au chef du culte , qui le place aux archives de l'Eglise , pour prouver aux sectaires que la main de Dieu s'appesantit de phîs en plus sur les Gentils , afin d'en délivrer la terre au profit des Saints des derniers jours.
La femme, aux États-Unis , loin d'être asser-
vie, y est, au contraire, plus puissante qu'en aucun pays du monde.
Sa personne y est l'objet d'une déférence qui va souvent jusqu'à la crainte ; sa volonté est une loi devant laquelljB l'homme s'incline, sinon toujours avep galanterie, plaisir et dévouement empressé, du moins avec ime docile résignation. Dans un pays où la femme exerce uqe telle influence personnelle, la polygamie y est impraticable, puisqu'en s'y soumettant , la femme se condamnerait volontairement à Fesclavage.
La femme libre, comme elle l'est «en Amérique , n'abdiquera jamais sa dignité , sa prépondérance sociale pour jouer le rôle de concubine ; elle préférera toujours un époux qui pourvoit à tous ses besoins, à un maître qui la force à travailler pour satisfaire les plus impérieuses exi* gences de la vie. '
La civilisation fait souvent usagô d'instruments étranges pour déblayer son chemin et marcher à son but. Cette secte, qui. menaçait de détruire, disaient les envieux et les peureux , la république des États-Unis, la religion et la famille , va produire une nation qui promet, au contraire, de raffermir et d'épurer tout ce qu'elle semblait vouloir anéantir dan^ le principe.
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Par son travail incessant, son intelligence collective et. sa bonne administration , cette secte a déjà transformé un immense désert sauTage et inaccessible en région fertile et hospitalière. Le glorieux étendard fédéral y flotte dans toutes les directions , pour y servir de guide et d'égide protectrice au voyageur qui parcourt ces récentes conquêtes du progrès et de la civilisation. Et, qu'on en soit bien convaincu, à Theure qu'il est, les institutions républicaines de la puissante confédération sont plus solidement implantées dans les cœurs des sectaires que le culte de Joseph.
Avant vingt ans d*ici , des chemins de fer sillonneront en tous sens ce vaste désert de l'ouest , perforeront les flancs rocheux des montagnes qui s'y groupent majestueusement, relieront les deux océans, offriront au commerce et à l'industrie de3 débouchés d*ane importance incalculable; et cette œuvre gigantesque , pour ne pas dire miraculeuse , sera due en grande partie à une nouvelle caste désignée par le nom de Jlformons. Car cette épithète est aussi sûre de rester aux descendants des adeptes de Joseph, que son culte est certain de rester enseveli dans les langes de son enfance. •
LES MOUMONS. 284
Nous ajouterons, en terminant, une autre remarque pour appuyer le peu de confiance que nous avons dans la durée de cette secte.
On a vu, dans le cours de cette histoire^ que Joseph av^it plusieurs fois tenté de fouler aux pieds de son ambition les institutions fédérales de son pays, oubliant que ces sages institutions assurent la liberté de tous et de chacun des citoyens de la puissante république. Ces coupables tentatives ont toujours été funestes à la nouvelle secte en la chassant du lieu qu'elle habitait, et en bannissant de son sein la prospérité pour la remplacer par une affreuse misère qui était accompagnée de maladies mortelles.
Cette folle tendance à se dfiettre aurdessus des lois de rUnion américaine s^est déjà manifestée dans la conduite du successeur du prophète.
Mais qu'il se garde bien d'aller trop loin dans cette voie usurpatrice, s'il ne veut exposer sa secte à une complète dispersion sur toute la vaste étendue de la confédération.
Le mormonisme est une religion que de pauvres gens adoptent pour trouver le chemin de la prospérité; mais dès qu'ils l'ont trouvé, ils se sentent bien plus disposés à résister à l'oppression théocratique qui les gouverne, que désireux
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d*d)éir ayeu^épipnt à des dQctriaeà religieuses qui blessent souvent la morale et qup la raison repousse toujours.
Si une lutte sérieuse s'engage jamais entre la république fédérale et le culte de J^oseph^4e triomphe ne peut laisser aucun doute ; car Tune prend sa source dans le progrès gouvernemental , et l'autre dans Timposture d'une ambition sacriljige.
FDf.