‹ Les Mormons (Saints des Derniers-Jours) et leurs ennemisChapitre 13 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Source impure ou vont puiser MM. Guers et autres. — Ce que c'est que Spaulding d'apres un auteur cite par eux. — Declaration faussement attribuee a Mme Davidson. — Interpolation frauduleuse de M. Guers. — Suppression adroitement faite par M. Favez.

— Temoignage du professeur J.-B. Turner. — Lettre extraite du Quincy-Wliig, qui dement la pretendue declaration de Mme Davidson. — Dementi donne a M. Guers par la Presse. — Etranges assertions de M. Guers. — Elles sont dementies par le professeur Turner; par le docteur Hulbert lui-meme. — Autre extrait du professeur Turner. — Appreciation lumineuse du New-Yorker. — Fourberie de nos ennemis devoilee par M. Pichot. — M. Favez accuse le Livre de Mormon de manquer d'homogeneite. — Le contraire est prouve par Alexandre Campbell ; par la Revue d'Edimbourg. — Mensonge evident du docteur John Thomas.

— Pretendue cooperation de Sidney Rigdon au Livre de Mormon. — Preuves du contraire. — Extrait du Christain Messenger and Reformer. — Autre preuve tiree du professeur Turner. — Autre, tiree de Campbell, associe de Sidney Rigdon dans la fondation de la secte des Campbellistes. — Les erreurs de nos adversaires sont inexcusables.

Voyons maintenant comment nos ennemis prouvent l'imposture du Livre cle Mormon. Laissons parler M. Guers:

« Un pasteur americain, M. Salomon Spaulding, exergait son ministere a New-Salem, Etat d'Ohio. C'etait un homme d'une imagination vive, et passionne d'archeologie. L'affaiblissement de sa sante l'ayant force de renoncer a ses fonctions pastorales, il resolut de se livrer a des travaux litteraires. » (p. 62.)

Nous devons ici a nos lecteurs une revelation, et a MM. Guers etFavez une petite represaille. Pour nous liberer en vers chacun , nous dirons que la source impure ou nos adversaires ont puise une partie des calomnies qu'ils prodiguent a J. Smith et a ses freres, est un roman du capitaine Marryat, intitule : M. Violette, ou voyage d'un jeune d?7iigr4 frangais, etc. *

Dans une discussion qu'ils disent serieuse, des ecclesiastiques vont se renseigner la ! . . . Nous ne dirons rien de plus ; sinon que Bowes, autre predicateur, n'a pas fait autrement. Dieu leur pardonne a tous !

La represaille, la voici. A ce portrait du ministre Spaulding, trace par le ministre Guers avec tous les egards qu;on se doit entre confreres, nous opposons celui qu'on va lire ; mais nous avons la franchise d'avouer que nous prenons cette seule citation... au meme roman que ces messieurs n'ont pas craint de mettre souvent a. contribution :

« II y a nombre d'anndes, vivait un homme du Connecticut, nomme Salomon Spaulding, parent de l'inventeur des noix muscades

4 On peut juger de la valeur des assertions renfermees dans l'ou" vrage du capitaine Marryat par les lignes qui suivent :

« M. Combe, d'Edimbourg, dans l'introduction a des notes sur les Etats-Unis de l'Amerique du Nord , page xi, assure que miss Martineau et le capitaine Marryat ont ete abuses par les Americains pendant qu'ils recueillaient des materiaux pour leurs ouvrages. La personne qui a egare le capitaine s'en vante a ses amis et leur assure qu'elle lui a rempli (crammed) la tete des histoires les plus ridicules (Joe Millers], que le capitaine a prises au serieux et introduites dans ses ouvrages comme types des moeurs americaines. » (Logic of facts, p. 36. Holyoake, London.)

en bois. En le suivant dans sa carriere, le lecteur trouvera en lui un Yankee pur sang. On le voit d'abord etudiant en droit, puis predicateur, marcband et banqueroutier. Plus tard, il devient marecbal-ferrant dans un petit village, ensuite speeulateur en terre et maitre d'ecole du comte ; plus tard encore il est maitre de forges, fait banqueroute une autre fois, et finit par etre ecrivain et songe-creux. II mourut de misere quelque part dans la Pensylvanie. » (Tome III, page 124 de l'edition de Bruxelles. )

Assurement nous ne garantissons pas l'exactitude de ce precis biographique ; nous croyons meme que S. Spaulding fut un homme honorable. Mais nous le demandons serieusement a nos adversaires : Est-il honnete , dans une discussion religieuse, en face d'un public que Ton prend pour juge, d'invoquer de pareilles autorit^s?

Salomon Spaulding , disent-ils , a 6crit un roman religieux dont il a confie le manuscrit a MM. Patterson et Lambdin, imprimeurs a Pittsbourg. Geux-ci l'ont communique a Sidney Rigdon , lequel , avec ou sans l'aide de J. Smith, en a fait, en ajoutant des reflexions religieuses au recit de Spaulding, ce qui fut plus tard publie sous le titre de Livre de Mormon.

A l'appui de cette histoire , nos ennemis citent une declaration qu'ils attribuent a la veuve de Spaulding, devenue Madame Davidson; « declaration, dit M. Guers, » confirmee par deux pasteurs americains. »

On lit dans cette declaration que :

« Dans une reunion de la nouvelle secte, a laquelle assistait M. Jobn Spaulding, son beau-frere, bomme pieux, on avail III de larges portions d'un livre que celui-ci reconnut a l'instant meme, ainsi que ses amis presents, pour etre, dans ses parties bistoriques, l'ouvrage de M. Salomon Spaulding. Douloureusement surpris, comme on peut le croire, a l'ou'ie de telles cboses, et fondant en larmes, M. Jobn Spaulding exprima tout baut son indignation de voir le manuscrit de son frere employe dans un but si meprisable et si revoltant. ( IciM. Guers

ajoute de son cru, mais sans en donner aucune preuve, tout ce qui suit :) « On comparasur I'heure ie Livre de Mormon avec le manuscrit de M. Spaulding, et Von constala pleinement la fraude. Ce livre, en effet, d'un bout a I'autre, n'elait ni plus ni moms que le roman religieux de M. Spaulding, dans lequel une main hardie avail inlercale, etc. » (Page 63.)

M. Favez n'ose pas aujourd'hui en dire autant, mais il parait qu'il possede la premiere edition de la fameuse lettre , car il dit que les fragments du roman converti en Livre de Mormon furent lus dans une reunion par une femme predicateur ! En effet, les deux ministres am^ricains, qui n'ont pas confirm^ , mais fabrique la pr6tendue lettre de Madame Davidson , avaient imprime" d'abord cette monstruosite ; mais quand leurs amis virent l'effet produit par cet ignoble conte , ils firent disparaitre , dans une seconde edition , la femme predicateur. On peut juger de l'autkenticite" de la lettre , publie"e au long par M. Favez, et ou personne d'ailleurs ne reconnaltra le style d'une femme.

M. Favez , qui sait aussi bien que nous quels sont les auteurs de la fausse lettre, a eu le soin d'en retrancher un passage en forme de preambule ; il a compris que ce passage, que nous allons reproduire, decelait la main de ses hardis confreres. Que le lecteur juge si les lignes suivantes ont ete ecrites par une femme de 70 ans et infirme :

<i Pour tout esprit non perverti par les illusions les plus gros-

sieres, il est evident que les pretentions de cet ouvrage (le Livre de Mormon) a etre considere comme d'origine divine sont totalement denuees de fondement; et il est de toute impossibility qu'aucune personne raisonnable puisse le classer au-dessus de toute production de l'esprit humain. Cependant il est ainsi considere par des habitants de cette Nouvelle-Angleterre si eclairee, et meme par un certain nombre de personnes reconnues pour etre des Chretiens.

» Ayant appris recemment que le Mormonisme avait penetre dans une congregation du Massachussets, et que plusieurs membres de cette congregation en avaient accepte les doctrines et jusqu'a ses plus grossieres duperies, au point que I'excommunication etait devenue necessaire, je me suis determinee a arracher immediatement le masque a ce monstre de peche, et a mettre a decouvert cet abime d' abomination. »

Que pensez-vous de cette femme septuagenaire , qui declare que V excommunication e" tail devenue necessaire ? Voyez-vous la main des ministres !

Nous repondrons done tout d'abord : cette lettre est fausse. Jamais Madame Davidson n'a ecrit ni signe rien de semblable.

II ne faut pas croire , d'ailleurs , que Ton ose encore, en Amerique , parler de cette pretendue lettre de Mme Davidson ; l'imposture a ete trop bien demontree il y a vingt ans , et M. Clarke lui-meme , un de nos ennemis , affirme ( page 17), que e'est M. Storrs qui Fa envoyee au journal de Boston pour la publier , furieux qu'il etait d'avoir vu passer au mormonisme le diacre et plusieurs membres influents de sa congregation.

Cette lettre , en tous cas , sauf les faits qu'elle raconte, n'exprimerait jamais que l'opinion d'une vieille femme sur nos doctrines, dont elle ne connaissait pas un mot ; ce n'est done pas son appreciation, et encore moins celle des vrais auteurs, que nous voulons combattre. Mais comme les faits sont faussement exposes, nous voulons demasquer le mensonge.

Le professeur J.-B. Turner, Illinois College, Jacksonville, l'un des ecrivains les plus hostiles au mormonisme, et parfaitement place d'ailleurs pour obtenir tous les eclaircissements relatifs aux faits dont il s'agit, a publie un livre intitule Mormonism in all ages. Dans cet ouvrage, p. 207,

il rapporte ainsi le temoignage de John Spaulding , frere de Salomon, l'auteur du roman :

* Apres avoir preche pendant trois ou quatre annees, Salomon

abandonna le ministere et se livra aux affaires de commerce avec son frere Joseph, a Cherry- Valley ( New- York ) , ou il fit faillite ; et en 1809 il alia resider a Conneaut (Ohio). Je suis alle le visiter environ quatre ans plus tard , et je l'ai trouve crible de dettes. II me dit qu'il venait d'ecrire uo livre qu'il avait l'intention de faire imprimer, et qu'avec les benefices il esperait pouvoir payer ses dettes. Ce livre portait le titre de Manuscript found (le Manuscril trouve); il m'en lut de nombreux passages (many passages). »

Or les deux ministres, qui ignoraient que John habitait assez loin de Salomon pour rester quatre ans sans le visiter, attribuent a la plume de Mme Davidson cette phrase :

« M. Spaulding avait un frere, M. John Spaulding, qui alors residait dans le rneme lieu. Cet ouvrage lui etait parfailemenl connu; il en avait maintes fois entendu la lecture en entier.

Suivant John Spaulding , au contraire , c'est seulement en allant visiter son frere a Conneaut, ou lui-meme ne resident pas, qu'il appr it que celui-ci avait ecrit un ouvrage, et qu'il lui en fut lu un certain nombrede passages.

Voici une lettre qui a paru dans le Quincy Whig peu de temps apres que le ministre D. Austin, le docteur Ely, de Monson (Massachussets), et le ministre Storrs, de Holliston , avaient eu l'impudence de publier le factum mensonger dont on vient de lire un extrait. Cette lettre est adressee par M. John Haven, d'Holliston (Massachussets), a sa fille Elisabeth Haven, de Quincy ( Illinois ) .

« Votre frere Jesse a passe par Monson, ou il a vu Mme Davidson et sa fille , Mme M' Kinestry, et aussi le docteur Ely, et il a passe plusieurs heures avec eux. Pendant ce temps, il leur a fait les questions suivantes, savoir :

» Question. Avez-vous, madame Davidson, ecrit une lettre a John

Storrs, lui donnant un recit de l'origine du Livre de Mormon ? — Reponse. Je ne l'ai pas fait.

> Q. Avez-vous signe votre nom au bas de cette lettre '? — R. Je ne l'ai pas fait, et je n'ai pas vu non plus cette lettre avant qu'elle pariit dans le Recorder de Boston. Jamais cette lettre ne me fut presentee pour la signer.

» Q. En quoi avez-vous contribue a l'envoi de cette lettre a M. Storrs ? — R. M. Austin vint dans ma maison et me fit quelques questions ; il prit des notes sur du papier et s'en est servi pour la lettre.

» Q. Ce qu'il a ecrit dans cette lettre est-il vrai? — R. En general cela etait.

» Q. Avez-vous lu le Livre de Mormon? — R. J'en ai lu une partie ,

f> Q. Est-ce que le manuscrit de M. Spaulding et le Livre de Mormon se ressemblent? — R. Je crois que quelques-uns des noms sont semblables.

» Q. Le manuscrit parle-t-il d'un peuple idolatre, ou d'un peuple religieux '? — R. D'un peuple idolatre.

» Q. Ou est le manuscrit? — R. Le docteur P. Hulbert vint ici et le prit, disant qu'il voulait le faire imprimer et me donner la moitie du profit.

» Q. Le docteur Hulbert a-t-il fait imprimer le manuscrit? — R. J'ai regu de lui une lettre dans laquelle il me disait qu'il ne l'avait pas trouve tel qu'il s'y attendait, et qu'il ne le ferait pas imprimer.

» Q. Quelle est l'etendue du manuscrit de M. Spaulding? — R. Environ un tiers de celle du Livre de Mormon.

Questions adressees a Madame M'Kinestry.

» Q. Quel age aviez-vous quand votre pere ecrivit ce manuscrit? — R. Environ cinq ans.

» Q. Avez-vous jamais lu ce manuscrit? — R. Quand j'eus environ douze ans, j'y lus pour mon amusement.

» Q. Le manuscrit donnait-il l'histoire d'un peuple religieux, ou d'un peuple idolatre ? — R. D'un peuple idolatre.

» Q. Le manuscrit et le Livre de Mormon s'accordent-ils? — R. Je pense que quelques noms s'accordent.

» Q. Etes-vous certaine que quelques noms s'accordent? — R. Je ne le suis pas.

» Q. Avez-vous jamais lu dans le Livre de Mormon? — R. Non.

» Q. Etait-ce par votre ordre que votre nom etait sur la lettre envoyee a M. Storrs? — R. Je ne desirais pas qu'il sy trouvat.

» Vous voyez, par les questions et les reponses precedentes, que M. Austin, dans son grand zele pour detruire les Saints des Derniersjours, a interroge madame Davidson et a ensuile ecril a M. Slorrs dans son propre style. Je ne dis pas que les questions et les reponses furent litteralement donnees dans la forme que je reproduis , mais j'en donne exactement la substance. Madame Davidson est agee d'environ soixante-dix-ans, et passablement cassee. »

Nous lisons dans le feuilleton de la Presse, \ 2 aout 1 853, sous le titre Les Mormons , ce qui suit :

« ON SUPPOSE qu'a Pittsbourg ce manuscrit a ete laisse a ira imprimeur nomme Lambdin, et que celui-ci l'a du confier aux soins d'un nomme Sidney Rigdon, lequel fit rencontre duPropbete dans ces entrefaites, et que ce fut alors qu'ils se concerterent pour metamorphoser ce roman en Bible d'or. CETTE VERSION EST CON- TREDITE PAR DES EVENEMENTS POSTERIEURS.

» Lorsque le Livre de Mormon parut, et que ceux qui connaissaient le Manuscript found le retrouverent dans cette ceuvre divine, on voulut savoir ce qu'etait devenu le roman manuscrit de Salomon Spaulding. IL AVAIT DISPARU sans que ses fossesseurs pussent s'expliquer cette disparition, tant elle avait ete effectuee mysterieusement ; si bien que le manuscrit found (trouve) n'a cesse d'etre depuis lors le manuscrit lost (perdu). La malle qui le contenait fut visitee avec le plus grand soin; mais parmi son contenu on ne retrouva que la main de papier manuscrite formant YExode romain que 1'auteur avait adopte dansle planprimitifde son ouvrage. Comment et quand ce manuscrit a-t-il ete soustrait? Celle question n'a pu etre resolue jusqu'a ce jour, et ne le sera peut-etre jamais. »

Eh bien , ce manuscrit qui avait disparu , qu'on ne retrouva jamais , M. Guers affirme n^anmoins qu'on le compare, sur I'heure avec le Livre de Mormon, et que Von constata pleinement la fraude ! M. Favez l'avait deja dit en

1851 dans sa lettre sur les Mormons; il n'ose plus le repeter en 1854 ; mais sa lettre n'en est pas moins une autorite pour M. Guers.

Nous avons lu un grand nombre d'ouvrages publies contre le mormonisme, tant en Angleterre qu'en Amerique; mais nous certifions que personne avant eux, parmi ces auteurs , n'a pousse l'audace au point d'avancer un fait aussi evidemment faux , mais en meme temps aussi facile a dementir. lis ajoutent, avons-nous dit , de leur propre cru cette infidelite a celles de MM. Austin et Ely. A cet endroit surtout, M. Guers secoue tout scrupule ; temoin ce passage, dementi par la declaration deja citee de John Spaulding :

« A mesure qu*il composait son ouvrage, M. Salomon Spaulding » ( qui habitait alors a Conneaut, Ohio ) « le communiquait a son frere John Spaulding » (qui habitait le comte dc Crawford, Pensylvanie). (Page 62.)

On voit jusqu'ou mene le zele religieux !. . .

Les personnes qui resident en Amerique, qui ont pu

verifier les faits, se gardent bien d'affirmations aussi

hardies. Le professeur Turner, bien mieux place que

MM. Guers et Favez pour saisir la verite , s'exprime ainsi,

« M. Spaulding quitta Pittsbourg en 1814 et partit pour Amity, (comte de Washington), ou il mourut en 1816. S'il a emporte son

MANUSCRIT AVEC LUI, OU s'lL L*A LAISSE DANS L'iMPRLMERIE DE LAMBDIN, SA VEUVE , ACTUELLEMENT MADAME DAVIDSON , n'EN EST PAS POSITIVE-

ment certaine. Les Mormons ont affirme qu'elle avait raconte sur ce sujet des hisloires contradictoires, ce qui, vu son age et l'infirmite de sa memoire, est assez probable. »

Notons en passant que le grand age et Finfirmite de Madame Davidson, attestes par ce temoin et par beaucoup d'autres, sont soigneusement passes sous silence par les

deux ministres qui lui attribuent leur lettre mensongere, et que nos adversaires en Europe sont tout aussi discrets a cet egard que leurs confreres d' Amerique.

Le docteur Hulbert, le plus fougueux de nos ennemis en Amerique , l'instigateur de toutes les attaques dirigees contre nous *, a aussi publie un ouvrage intitule Mormonism unveiled (le Mormonisme devoiU) , ou il dit, en parlant du fameux manuscrit qu'il avait recu de la veuve de Salomon Spaulding :

« Ceci est un roman que 1'auteur donne comme traduit du latin et ayant ete trouve, en vingt-quatre rouleaux de parchemin, dans une cave, mais ecrit dans un style moderne. II raconte l'histoire fabuleuse d'unvaisseau faisant voile de Rome pour la Grande-Brelagne, et qui fut jete sur les cotes de 1' Amerique quelque temps avant l'ere chretienne, ce pays etant alors habite par des Indiens. »

Voila, avons-nous dit, le plus ardent de nos ennemis. II a eu le manuscrit en sa possession, il l'a lu, il le connait parfaitement. Esperant y trouver des analogies frappantes avec le Livre de Mormon, il avait promis a la veuve Spaulding de l'imprimer pour donner l'evidence du plagiat de J. Smith ; mais il s'est trouve que ce roman ne ressemblait en rien au Livre de Mormon , et il n'a plus voulu l'imprimer. N'est-il pas certain que s'il eut presente la possibility

1 Bien que le docteur Hulbert soit le premier qui ait voulu, dans un pamphlet, faire croire a l'identite du Livre de Mormon et du roman de Spaulding, l'idee premiere de cette confusion ne lui appartient pas, mais bien a un fermier nomine Henri Lake, vieillard incredule, nomme par M. Favez lui-meme (p. 19). Hulbert, alors membre de l'Eglise, a mainte fois combattu cette supposition, et il n'a feint d'y croire lui-meme qu'apres avoir ete retranche pour cause d'adultere. Le docteur etait tellement decrie dans le pays, que son pamphlet fie Mormonisme devoilej n'a pas ete publie sous son nom; nos ennemis lui ont offert une somme pour son travail, et la brochure parut sous le nom de l'imprimeur E. D. Howe. M. Favez avait sans doute besoin de ces petits eclaircissements.

de faire croire a un tel plagiat , nos ennemis , qui ont fait preuve d'un si grand zele contre le developpement de l'Eglise, n'auraient pas manque de le publier? Les uns ont menti en affirmant que les deux livres ont ete" compares et qu'on a reconnu la fraude; d'autres ont menti en disant que le manuscrit avait disparu mysUrieusement. La seule version vraie sur ce point est celle du docteur Hulbert, qui vous dit : Moije I'ai lu en 1834; il ne ressemble en rien au Livre de Mormon.

Ceci, d'ailleurs, est d'accord avec cette partie de la lettre attribute a Madame Davidson, publiee dans la brochure de M. Favez, p. 19 :

« Le manuscrit alors m'echut et fut soigneusement garde. II a ete frequemment examine par ma fille , madame M' Kinestry, de Monson (Massachussets), avec qui je demeure maintenant, et par d'autres amis. »

L'unique verite , dans tout ce fatras de mensonges contradictoires que Ton a publies au sujet du roman de Spaulding et du Livre de Mormon , c'est que lorsque ce Livre parut , la malveillance de nos ennemis voulut faire croire a une copie subrepticement obtenue du roman, qui aurait ete donne ensuite par Joseph comme un livre sacre ; mais que, lorsqu'on voulut verifier , le manuscrit de Spaulding fut remis au docteur Hulbert , qui , apres avoir compare les deux ouvrages, les trouva absolument sans aucun rapport , ni dans les faits, ni dans le style.

Ceci est d'autant plus vrai , que les deux « ministres americains » n'ont pas ose dire un seul mot dans le sens de l'allegation de M. Guers. Voici le passage de la lettre publiee sous le nom de Mme Davidson (Favez, p. 19):

« L'excitation dans New-Salem devint si grande, que les habitants eurent une assemblee et deputerent ici le docteur Pbilastus Hulbert,

l'un d'entr'eux , charge de me demander le manuscrit original de M. Spaulding, desirant le comparer avec la Bible des Mormons, pour satisfaire leur propre esprit et empecher leurs amis de tomber dans un piege aussi grossier. »

La lettre n'ajoute ni que le manuscrit fut remis au depute , ni qu'il etait egare ; il n'y a a cet egard que le temoignage du docteur Hulbert rapporte plus haut , et qui donne un eclatant dementi a toute cette histoire du roman de Spaulding converti en Livre de Mormon.

Ce que nous venons de dire touchant la difference qui existe entre le roman de Spaulding et le Livre de Mormon est confirme par le temoignage d'un auteur qui nous est amerement hostile , mais que ce sentiment n'emporte pas au-dela des limites qu'un honnete homme ne doit pas franchir. Citons done encore le professeur Turner (p. 243).

« Madame Davidson n'etant pas certaine que le Manuscrit trouve etait dans sa malle, on jugea convenable d'y chercher. Au lieu d'un certain nombre de manuscrits, on n'en trouva qu'un seul, qui etait un petit roman inaclieve, fixant I'origine des lndiens a Rome, d'ou Us avaient ete amenes sur les cotes de VAmerlque par un vaisseau qui faisait voile pour la Grande-Bretagne, avant l'ere chretienne. »

Or, le Livre de Mormon se compose de 519 pages d' impression tres-compacte ; il 6tait imprime et repandu a l'epoque de la declaration que les ministres americains ont publiee sous le nom de Madame Davidson. Comment pourrait-on pretendre qu'un livre aussi etendu « ri 'etait , d'un bout a V autre, ni plus ni moins que le roman religieux de S. Spaulding , » qui n'etait qu'un petit roman inachevi? Comment un homme raisonnable pourrait-il confondre ce petit roman , cette main de papier manuscrite dont parle un temoin, avec le Livre de Mormon, lequel, en supposant deux pages de manuscrit pour un page d'impression compacte, a du former une collection de 1000 a 1200 pages?

D'ailleurs, est-il croyable qu'un roman, roman religieux si Ton veut , ait 616 ecrit dans le style qui caracterise le Livre de Mormon ? Quel roman ressemble a celui-la ?

Citons ici une appreciation lumineuse publtee dans le « New-Yorker » sous le pseudonyme de Josephine. Cet article, evidemment ecrit par une personne etrangere a notre Eglise, a ete envoye au president J. Smith par M. A. G. Gano, Esqr. de Cincinnati (Ohio), et reproduit dans le Times and Seasons :

« Le style (du Livre de Mormon) est une imitation fidele des Eeritures, et il est remarquablement priv6 de toute allusion qui trahisse la connaissance de l'etat politique ou social de la societe actuelle. L'ecrivain vit de toute la force de son imagination dans l'age qu'il decrit. II est difficile d'imaginer une elaboration litteraire plus ardue que d'ecrire ce qui peut etre appele la continuation de l'Ecriture Sainte, et de le faire de maniere non seulement a eviter toute discordance avec les mots sacres et authentiques, mais encore a combler maintes lacunes qui semblent y exister, et a confirmer ainsi ces livres l'un par l'autre.

» Etablir la theorie vraisemblable et appuyee que les aborigenes de notre continent (l'Amerique,) sont des descendants d'Israel, sans se compromettre par aucune assertion ou dissertation qui la contre- Jise, denote un degre de talent et de science qui, chez un jeune homme sans education, est presque un miracle.

»Une copie des caracteres de plusieurs pages du Livre d'or fut communiquee a une personne de notre ville, laquelle naturellement fut incapable de les dechiffrer, quoiqu'ils presentassent une granite ressemblance avec les anciens caracleres egyplicns.

•» Si, en les comparant, ils resulte que ces caracteres sont semblables a ceux decouverts dans les ruines de l'Amerique centrale, qui ont naguere si vivement frappe l'attention, et qui decidement ressortent de l'architecture egyptienne, cela plaidera en faveur de Smith. Cela tendra a prouver que les plaques sont authentiques, si meme cela n'etablit pas la verite de son inspiration et la fidelite de sa traduction. »

Apres toute discussion sur le pretendu roman de Spaul-

ding et le Livre de Mormon, il reste vrai jusqu'a l'evidence qu'il n'existe pas plus de rapport entre ces deux ouvrages qu'il n'y en a entre la Bible et les Aventures de Telemaque. La fausse declaration des deux ministres americains est dementie par une foule d'auteurs respectables , au temoignage desquels nous allons aj outer celui de M. Pichot, notre ennemi bien connu (p. 69):

« Ce document isole, termine par une malediction, n'est pas absolument concluant. Mathilde Davidson peut fort bien n'avoir ete ellememe qu'un instrument de vengeance dans les mains du docteur Philastus Hulbert *, le delegue des habitants de Salem. Le docteur Philastus, dont nos lecteurs ne seront pas faches de connaitre les antecedents, avait cru lui-meme au Prophete Joseph Smith, et avait ete Fun des membres de la nouvelle Eglise. D'apres son dire, il se retira parce que ses yeux s'ouvrirent a l'imposture et a la fraude dont il avait ete Finnocente victime. D'apres la version des Mormons, au contraire, il fut expulse de leurs rangs pour adultere et pour d'autres actes d'immoralite »

Apres quelques details sur ce malheureux, M. Pichot ajoute :

« Si nous nous sommes arrete un instant a ces miseres, c'est qu'il y a, au fond des persecutions que Von va bientot voir essuyer aux Mormons, de fotjrbes et laches rivalites de sectaires trop souvent COUVERTES DU MANTEAU DE LA MORALE ET DE L'lNTERET PUBLIC.

Aitpres de certains predicants de denominations diverses et multiples, le Tartufe de Moliere n'est qu'un ecolier, el Joseph Smith lui-meme un maladroit, aumoins dans ses debuts. » (p. 72. )

1 Septieme fils d'une nombreuse famille, ses parents l'appelaient par plaisanterie le Docteur. Ce surnom est done un sobriquet, et non pas le titre d'une profession qu'il n'a jamais apprise. Du reste, la vengeance dont parleM. Pichot s'explique parcette circonstance que Philastus Hulbert, ayant menace la vie de Joseph, fut mene devant le tribunal de la ville de Painsville (Ohio), le 9avril 1834, condamne a fournir une caution pour la somme de 200 dollars comme garantie pecuniaire de sa conduite future envers le Prophete pendant six mois, et aux frais de 1'instance qui s'elevaient a 300 dollars environ.

Ce dernier membre de phrase ne laisse aucun doute suites dispositions de M. Pichot en vers J. Smith ; son ouvrage entier , d'ailleurs , imprime dans la Bibliotheque des chemins de fer, porte un cachet d'hostilite non equivoque. Le lecteur peut done admettre avec eonfiance les eclairs d'impartialit6 et de franchise qui jaillissent parfois de la plume de cet £crivain. Nous ajouterons : On dirait que M. Pichot a eu sous les yeux les brochures de MM. Guers et Favez.

M. Favez nous dit (p. 9) :

« Le livre de Mormon n'est pas homogene. En divers endroits du volume anglais sorti des mains de Smith, on decouvre des additions dont plusieurs sont marquees par des fautes de grammaire et

font avec le reste un contrasle evident D'ou, par consequent,

nait la pensee que ce livre doit avoir deux auteurs : 1'un qui ecrivait bien l'anglais, l'autre qui l'ecrivait mal. »

A ces observations faites, ou plutot copiCes parM. Guers, et adoptees par M. Favez , nous allons opposer d'autres appreciations emanees de personnes plus competentes, quoique aussi hostiles envers nous. Le lecteur jugera si l'avis de MM. Guers et Favez peut etre compare a ceux que nous reproduisons.

Ecoutons d'abord le professeur Alexandre Campbell , president of Bethany ColUge, U. S., dans son ouvrage intitule « Mormonism weighed in the balances and found wanting , (le Mormonisme pese" dans la balance et trouve1 leger), page 18 :

«. Ce livre (le Livre de Mormon) professe d'etre ecrit a divers intervalles et par differentes personnes pendant la longue periode de 1020 ans; et cependant, pour l'uniformite du style, il n'y cut jamais tin livre plus evidemment ecrit par la meme main, ni plus certainement cone ii par lememe cerveau, depuis le premier livre quia paru dans le langage humain, que ce meme livre. Autant je pour-

rais jurer que je reconnais sur la scene un acteur qui prend successivement divers costumes et joue des roles differents, aidant je. peux jurer qu'un seul homme a ecrit cc litre*. Et comme Joseph Smith estun homme tres-ignorant, et qu'il en est designe comme l'auteur, je ne peux pas douter un seul instant qu'il n'en soit le seul auteur et proprietaire. >>

Voila deja un dementi donne a MM. Guers et Favez ; en voici d'autres. La Revue d'Edimbourg (N° CCII, p. 321 , avril 1 854), 6crite par des gens qui connaissent sans doute l'anglais rnieux que ces deux messieurs , s'exprime ainsi :

« Ces fautes sont si uniformement repandues a travers 1'ouvrage, qu'elles doivent etre attributes a son auteur, et non, comme elles Font ete quelquefois, a un interpolateur poste.rieur. On a eu recours a cette hypothese, parce qu'on ne pouvait pas comprendre qu'un homme charge d'enseigner la religion ait pu commettre de telles fautes. Mais en Amerique les qualites litteraires requises pour l'ordination sont necessairement reduites au minimum. »

Considerant Salomon Spaulding comme un pauvre d' esprit, et lui attribuant le Livre de Mormon en totalite, sans exception, l'ecrivain ajoute :

« II n'est pas etonnant que S. Spaulding ait fait banqueroute en chaire comme derriere son comptoir. »

Comment concilier tous ces temoignages d'uniformite de style avec le temoignage de MM. Guers et Favez qui veulent absolument reconnaitre deux auteurs, l'un qui ecrivait bien l'anglais, Tautre qui l'ecrivait mal ?

D'alt^ration en alteration , nos ennemis ont fini par tomber quelquefois dans des mensonges tellement cyni-

1 A ceux qui s'etonneraient de cette uniformite dans un Livre ecrit par plusieurs auteurs et a de longs intervalles, nous rappellerons que les anciens Prophetes Americains ont ete abreges par Mormon, qui des-lors leur a imprime son propre style. Nous entrerons dans de plus amples explications a cet egard en repondant a M. le comte de Gasparin. (V. Livre de Mormon, p. 466.)

ques, tellement monstrueux, qu'ils se sont effrayes les uns les autres. Notamment, MM. Guers et Favez n'ont pas ose s'appuyer sur le temoignage du docteur John Thomas, president of the S. and E. medical college of Virginia, U. S. On n'aime pas a trouver son maitre. « Celui-la, ont- » ils dit, est encore plus hardi que nous. » M. Thomas, en effet , dans sa brochure imprimee a Londres , dit sans facon (p. 2 ) , qu'un predicateur presbyterien des Etats- Unis fit un roman qu'il intitula le Livre de Mormon. (This fiction he termed « the Book of Mormon.... »

II nous reste a dementir une allegation de nos ennemis , qui consiste a dire que J. Smith, trop ignorant pour approprier lui-meme le roman de Spaulding a l'usage qu'il voulait en faire, s'est associe dans ce travail Sidney Rigdon.

Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, nos adversaires se contredisent entre eux : c'est pour eux une fatalite. Ainsi, M. Favez, dans la lettre que les ministres d'Amerique ont fabriquee sous le nom de Mme Davidson, cite ce qui suit :

« Sidney Rigdon, qui a figure si grandement dans l'histoire des Mormons, etait a cette epoque en relation avec l'imprimerie de M. Patterson, et c'est une chose bien connue dans cette contree, — Rigdon lui-meme l'a souvent declare, — qu'il eut en mains le manuscrit de M. Spaulding el le copia. C'etait un fait notoire pour toutes les personnes en relation avec l'imprimerie. »

Cette lettre , comme l'annonce M. Favez , a paru dans le journal de Boston ; mais depuis elle a sans doute ete confirmee par les ministres, c'est-a-dire falsifiee; car, dans le journal de Boston, au lieu de : et la copia, — on lit : La, il eut amplement occasion de connaitre le manu-

SCrit ET DE LE COPIER s'lL A VOULU.

M. Guers encherit encore sur l'exageration de M. Fa-

vez ; il dit ( page 62 ) que Sidney Rigdon etait employe dans rimprimerie de M. Patterson. Un autre ecrivain dit qu'en 18 1 2 et 1814 il y etait charge" de preparer les manuscrits. — Voici la verity :

Sidney Rigdon est r\6 en 1793 ; en 1812 il etait done age de dix-neuf ans. A cette epoque il travaillait dans la ferme exploitee par son pere, et il y resta jusqu'au moment ou il alia a Pittsbourg comme etudiant, comme dit le professeur Turner, non pas en 1812, maisen1822. Or, la veuve de Salomon Spaulding declare qu'a la mort de son mari le roman lui e"chut, et qu'e//e le garda soigneusernent. Joignez a cela qu'elle l'avait encore a sa disposition, suivant M. Guers, quand, en 1833 ou 1834, on voulut comparer ce manuscrit avec le Livre de Mormon. Dites-nous done, Messieurs, a quelle Epoque vous pretendez que Sidney Rigdon a pu copier le roman de Spaulding.

Mais nous allons demontrer, par un temoignage non suspect, que les ehreliens d'Amerique, parmi lesquels se trouvait Sidney Rigdon en quality de ministre, n'ont jamais songe a l'accuser de complicity avec J. Smith dans la publication du Livre de Mormon.

Nous demontrerons, de plus, par la meme citation, que Sidney Rigdon n'a eu connaissance de ce Livre et n'est entre dans l'Eglise que quelque temps apres sa publication. L'autorite que nous invoquons est de celles devant lesquelles nos ennemis doivent s'incliner : e'est un de leurs organes en Angleterre fChristain Messenger and Reformer for April 1841 ).

« La Bible (Vor fut imprimee dans Vita de 1830 Etant plei-

nement prepares, Smith et Cowdery commencerent a accomplir leur mission, et s'etant baptises 1'un l'autre, ils reussirent bientut a en'convertir d'autres a leur imposture, les baptisant pour la remis-

sion des peches et les dons du Saint-Esprit dans tous ses pouvoirs miraculeux. Parmi leurs premiers disciples etait Parley P. Pratt, qui est actnellement en ce pays ( Angleterre), qui s'est joint au Propbete peu apres la publication de la Bible. Bienlot apres lui vint Sidney Rig don, qui elail auparavanl en communion avec nos freres en Amerique. »

Voila encore une preuve positive que Sidney Rigdon n'a pris aucune part au Livre de Mormon *. En voici une autre, emprunt^e au professeur Turner (page 21 1 ) :

« En 1812, Spaulding quitta Ohio et se rendit a Pittsbourg, ou il demeura environ deux ans, pendant lesquels on a suppose qu'il avait laisse son manuscrit a rimprimerie de Patterson et Lambdin, et que Sidney Rigdon l'y trouva en 1822. De cela, cependant, il n'x a aucune evidence, etje ne peux pas imaginer qu'un homme du talent de Sidney Rigdon, eloquent et connaissant parfaitement la Bible, ait jamais pu entasser les absurdites qui composent le Livre de Mormon. »

Une autre preuve, negative, il est vrai, c'est que le fameux Alexandre Campbell, auquel Sidney Rigdon etait alors associe pour la fondation de la secte des Campbellistes, qui le connait parfaitement et qui sait tres-bien la date de leur separation, Campbell, disons-nous, qui a beaucoup ecrit contre nous, ne songe pas le moins du monde a le regarder comme ayant pris une part quelconque a la publication du Livre de Mormon.

Nous croyons avoir traite cette question du Livre de Mormon ( au point de vue purement rationnel , ) avec

1 Sidney Rigdon, au moment ou cette lettre fut publiee, y a repondu et a demontre qu'il n'avait jamais eu rien de commun avec l'imprimerie Patterson ni avec le roman de Spaulding, dont il n'apprit l'existence que par les publications de l'apostat Hulbert. Parley P. Pratt, qui avait presents le Livre de Mormon a Sidney Rigdon six mois apres sa publication, a confirme les assertions de S. Rigdon. Du reste, l'imprimeur Patterson anie toute cette histoire du manuscrit de Spaulding, qu'il dit n'avoir jamais vu.

tous les developpements necessaires ; nous n'avous laisse debout aucune des imputations d'imposture faites par nos ennemis , et nous aimons a penser que le lecteur , quel qu'il soit, est maintenant convaincu, nous ne dirons pas de la divinite de ce Livre, — puisque nous n'avons pas aborde la discussion au point de vue religieux et que nous n'avons donne aucune preuve de ce genre, cet opuscule n'etant pas destine a l'exposition de nos doctrines, — mais au moins de l'honnetete de ces hommes sur lesquels on a accumule tant de calomnies. Nous n'avions pas d'autre but.

Page 1