CHAPITRE X
L'emigration au Grand Lac-Sale. — Plaintes mensongeres de quelques emigrants. — Renseignements donnes par le departement de l'emigration, a Liverpool. — Lettre d'un emigre du canton de Zurich.
Nos ennemis pretendent que les nombreux emigrants qui vont peupler la vallee du Grand Lac-Sale et le territoire d'Utah sont exploiters et maltraites en route par les chefs de l'Eglise, et ils citent des lettres ecrites par divers Emigrants, Mormons desabusds. Voyons si M. Favez, repousse sur tous les points , aura enfin trouv6 le defaut de la cuirasse.
L'emigration a la vallee du Grand Lac-Sale est la pierre de touche du mormonisme. C'est pendant ce long et penible trajet que les coeurs s'epurent au creuset de la souffrance; c'est la aussi que Satan redouble d'artifice pour faire tomber dans le decouragement et dans l'apostasie les hommes d'une foi peu assuree. S'il y reussit de
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temps a autre, qu'est-ce que cela prouve ? Est-ce quelque chose de nouveau ? Moise conduisait-il les Israelites pour les exploiter et les duper? Ouvrez la Bible, M. Favez , et lisez :
« Puis ils partirent de la montagne de Hor, tirant vers la nier Rouge, pour faire le tour du pays d'Edom; et le peuple perdit courage par le chemin. Le peuple done parla contre Dieu et contre Moise, et dit : Pourquoi nous as-tu fait monter hors d'Egypte pour mourir dans ce desert? » (Nombres, XXI, 4, 5. )
Lisez encore :
« Et toute l'assemblee des enfants d'Israel etant partie d'Elim, vint au desert de Sin, qui est entre Elim et Sinai, au quinzieme jour du second niois apres qu'ils furent sortis du pays d'Egypte. Et toute l'assemblee des enfants d'Israel murmura dansce desert contre Mo'ise et Aaron. Et les enfants d'Israel leur dirent : Ah ! que ne sommesnous morts par la main de l'Eternel au pays d'Egypte, quand nous etions assis pres des potees de chair, quand nous mangions notre saoul de pain! Car vous nous avez amenes dans ce desert pour faire mourir de faim toute cette assemblee ! i> (Exode, XVI, 1, 2, 3. )
Voici maintenant un extrait de la lettre publiee par M. Favez (p. 75) :
« Apres qu'ils (les chefs Mormons ) nous eurent mis a bord du vaisseau, ils nous laisserent presque mourir de faim. Mon garqon ne recevait par semaine que deux biscuits et une livre de farine ; nous, nous en avions le double, et vers la fin, nous ne recevions presque rien, de telle maniere que nous perissions de faim. »
Si les enfants d'Israel, conduits par Mo'ise sous la direction du Seigneur, teraoins des miracles qu'il accomplissait chaque jour pour pourvoir a leur nourriture, tomberent dans le decouragement apres six semaines de marche, faut-il done s'etonner des murmures de quelques Europeens pendant un penible voyage de six mois, lorsqu'ils ne trouvent pas , sur leur route , toutes les choses qui sont a
leur portee dans les vieux pays? Encore ceux-la sont-ils tres-peu nombreux , et pris parmi des gens qui , habitues a satisfaire tous leurs besoins materiels , ne s'6taient point prepares a une emigration qui exige une foi solide et le courage d'un vrai chretien.
M. Favez accueille toutes ces recriminations sans aucun controle, sans s'informer si les autres passagers ont et6 mieux traites, sans meme prevoir que de pareilles infamies sont tout ce qu'il y a de plus facile a dementir, car chaque navire tient un registre exact des circonstances de la traversee, et les provisions , en particulier, sont l'objet d'une surveillance speciale des agents de l'autorite. II suffit, d'ailleurs , de lire les lettres en question dans le liberie de M. Favez (p. 75 et suiv.) pour se faire une idee de la moralite et de la veracity de leurs auteurs. Get ecrivain a 6videmment lu, dans les Mormons illustres , le morceau suivant ; mais il n'a pas voulu faire un acte d'impartialite en citant , en regard des lettres en question , ce qui pouvait en demontrer la faussete. G'est done a nous d'opposer a ces temoignages mensongers des declarations authentiques.
Le chef du departement de 1' emigration a Liverpool, bureau des paquebots de la Nouvelle-Orleans , donne les renseignements suivants au sujet de Immigration des Mormons:
« Les provisions qui leur sont fournies par l'agent qu'ils ont ici sont de la meillcure qualile et toujours en abondance. En effet, aux quantites que la loi exige par chaque passager, le superieur des Mormons ujoule pour chaque espece de vivres vingt livres par tele, el wi supplement notable de beurre et de fromage. Les provisions non consommees pendant la traversee sont remises aux passagers a leur arrivee a la Nouvelle-Orleans, et distributes par le superieur a
chaque famille, selon le nombre de ses membres. » ( The Mormons, page 245. )
La loi exige deja, pour une traversee qui dure habituellement de quarante a soixante jours , des provisions pour soixante-dix jours ; le chef Mormon y ajoute encore un supplement , et la partie non consommee est distribute aux emigrants a leur arrivee. Ce document est officiel ; qu'avons-nous de plus a repondre. Si nous voulions publier des lettres qui attestent les soins affectueux et prevoyants, la vigilance paternelle de nos chefs, Fampleur des approvisionnements, verifies d'ailleurs par un commissaire et un medecin sp6ciaux nommes par le gouvernement, il faudrait des volumes. Nos adversaires seuls sont capables de produire des assertions aussi denuees de toute vraisemblance * .
Une chose qui echappe a l'esprit egare de M. Favez , c'est qu'en aucun pays civilise le pouvoir ne ferme les yeux sur la police des approvisionnements dans les voyages maritimes , et que la distribution des vivres est l'objet, pendant toute la traversee, d'un controle severe et quotidien exerce par des agents qui ne trahiraient pas leur mission au point de refuser justice a des plaintes de ce genre, si elles etaient legitimes.
M. Favez est tellement aveugle par la haine , qu'il repete dans sa brochure les reproches les plus ridicules. Ainsi (p. 76) , il fait un crime aux chefs Mormons de ce que les passagers, quand ils monterent en bateau a vapeur
1 En la presente annee, 216 personnes sont parties de l'Angleterre pour lavallee du Grand Lac-Sale, au moyen des fonds qui leur avaient ete envoyes de la Vallee par des parents ou amis emigres avant eux. De tels faits prouvent plus que toutes les appreciations de nos ennemis.
sur le Mississipi , furent mis avec des bceufs et des pores. Est-ce que par liasard les chefs Mormons peuvent s'opposer a ce que les bateaux du Mississipi transportent des bestiaux aussi bien que des voyageurs ?
« Apres etre debarques a Keokurk, continue l'auteur de la lettre, nous dumes loger dans nos tentes ou, pendant un orage epouvantable, nous souffrimes d'une pluie si forte que 1'eau courait au travers. Nos fournitures de lit etaient mouillees et degouttaient. Nous ne pumes trouver de soulagement; il fallut nous resigner a souffrir. >r (Page 75.)
Arrive-t-il un orage , les chefs Mormons en sont cause , comme on voit. Et n^anmoins ils partagent le sort de leurs compagnons ; eux aussi, en pareil cas, se resignent a souffrir. L'orage et ses suites n'en deviennent pas moins un crime de leur part. Concoit-on que M. Favez ose repeter de pareilles inepties?
Nous ne voulons pas, certainement , repondre a tous les paragraphes de ces lettres. Nous en avons releve la partie s^rieuse , celle des vivres , afin d'en montrer la faussete, en meme temps que le defaut absolu de jugement. et de critique qui caracterise nos adversaires. Nous laissons le reste. Ge qu'il y a de certain, e'est que si, par des circonstances que nous ne connaissons pas , il etait arrive que la distribution des vivres eut diminue, comme cela arrive lorsque le calme retient un navire en route au-dela du temps habituel i, les passagers , meme dans ce cas, n'auraient rien perdu a l'accomplissement de ces mesures, dictees par une sage prevoyance , puisque les provisions non consomm^es leur sont remises a leur arrived a la Nou-
1 Nous apprenons que le navire le Golconda, qui transportait l'auteur de la lettre publiee par M. Favez, a ete arrete environ quatorze jours par un banc de sable a l'embouchure du Mississipi.
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velle-Orleans. De ce cote encore, nos ennemis ne peuvent nous atteindre.
La lettre publiee par M. Favez renferme quelques noms qui nous sont connus, et sur lesquels nous avons des renseignements positifs et recents. Ainsi, M. Howels, que 1'auteur faitmourir dans son atelier, est mort a Kanesville, frontiere des Etats-Unis , au milieu des preparatifs qu'il faisait pour se rendre a la vallee du Grand Lac-Sale. G'etait un des premiers missionnaires de l'Eglise en France; precedemment il avait ete ministre baptiste dans le pays de Galles, sa patrie. Au moment ou la mort vint le frapper, il 6tait a la tete d'un commerce prospere. Sa veuve epousa un autre Mormon , avec lequel elle se rendit dans la vallee, ou leurs affaires sont aujourd'hui en bon etat.
Voici une calomnie contenue dans la lettre d'un emigrant, publiee par M. Favez (p. 77), et a laquelle nous voulons repondre en peu de mots, parce qu'elle est dirigee contre un homme dont l'amitie nous est chere et flatteuse. II est designe seulement sous l'initiale S., mais nous ne craignons pas de faire connaitre son nom : c'est M. Claudius V. Spencer, membre d'une des plus respectables families de l'Eglise, bien connue par sa fidelite et ses vertus.
« Maintenant, dit cet emigrant, ce qui m'indigne le plus, c'est S... Quand il venait a Buckenham, il ne pouvait pas seulement payer sa place; et maintenant il possede deux paires de bceufs, une chaise de poste, deux beaux chevaux , un cocber et un wagon charge des meilleures fournitures. »
Voici la verite. M. Spencer, envoye du Grand Lac-Sale en Angleterre , partit sans bourse ni baton , comme tous les missionnaires de notre Eglise. II fut nomme president de la conference de Norwich , et la il epousa MUe King ,
fille d'un riche fermier pres de Cambridge. QuandM. Spencer dut retourner en Amerique , son beau-pere l'accompagna avec sa famille, apres avoir vendu tout ce qu'il possedait en Angleterre , et ils firent le voyage ensemble. M. Spencer avait la direction des affaires et du materiel assez confortable appartenant a M. King ; c'est a ce titre qu'on l'a vu en possession des objets dont parle la lettre de Immigrant, lettre ecrite dans une intention facile a saisir.
Du reste, peut-on raisonnablement admettre V exploitation et Yoppression dont parlent nos adversaires, dans une nation qui se forme aujourd'hui au moyen de l'emigration , chez un peuple ou regne l'egalite , ou le vote populaire peut chaque jour renouveler ses chefs et mettre l'opprime a la place de l'oppresseur ?
Nous terminons sur ce sujet en empruntant au Journal des Debats (7 novembre 1850) quelques lignes d'un article ou il publie les renseignements donnes par le directeur de la maison Pilkington et Wilson , de Liverpool , bureau des navires a destination de la Nouvelle-Orleans :
« A ceux qui connaissent j>ar experience le desordre et la malproprete qui regnent sur les navires charges d'^migrants, la discipline des Mormons, pour tout ce qui regarde la decence et la moralite, est digne des plus grands eloges. La plupart des lits, sinon tous, sont entoures de rideaux qui permettent de s'habiller et de se deshabiller sans etre vu. Dans la distribution des logements, les
membres de chaque famille sont to uj ours reunis Le president
continue pendant la traversee a surveiller la conduite des passagers, la distribution de l'eau et des vivres, etc. A la mer, les commissaires font la police. Ils se partagent par moitie l'inspection des entreponts, ils veillent a ce que chacun soit dans son lit a huit heures et debout au point du jour, a ce que les lits soient faits, les ordures balayees, mises dans des bailies et jetees a la mer avant sept heures. L'obeissance des passagers a l'egard de ceux qu'ils ont elus est
vraiment merveilleuse ; le plus petit mot fait loi, est respecte et obei avec empressement; entr'eux ils s'appellent frere et sceur. D'apres 1'experienceque j'ai aujourd'huides navires d'emigrants,je peux dire en toute certitude qu'il ne serait pas seulement avantageux au bienetre et a la sante de leurs passagers d'imiter, s'il etait possible, la discipline que les Mormons s'imposent pour l'ordre, pour la proprete, etc., mais encore que 1'adoption d'un systeme analogue sauverait l'existence a une foule de malheureux qui meurent aujourd'hui de misere pendant les traversees. H
Void une lettre qui ne r£pond pas directement aux accusations d' exploitation que nos adversaires ont lancees contre les chefs de l'Eglise ; mais elle donne d'autres details que nous jugeons bon de publier, surtout parce que la lettre a ete ecrite par un citoyen Suisse etranger a notre Eglise.
« Springville, territoire d'Utah, le 30 septembre 1852 » Chere mere, chers freres et parents ,
s Par l'occasion qui se presente, je vous transmets quelques li-
gnes de mes nouvelles Je suis, Dieu merci, en bonne sante et de
joyeuse humeur. Je vis ici, dans l'ouest de l'Amerique septentrionale, aussi libre, tranquille et beureux que je le fus dans ma chere et belle patrie, que je n'oublie pas. Je resterai ici quelques annees; car, tandis qu'on ne voit dans presque toutes les parties du monde que guerres et dissensions, il regne ici, parmi ce peuple, un calme
1 Au mois de mai dernier, la Chambre des Communes, en Angl iterre, a nomme dans son sein un comite charge de recueillir des renseignements sur l'emigration. M. S. W. Richards, alors president de l'Eglise en Angleterre, a ete prie de s'y rendre. « Ses explications, dit le Cambridge Independent Press, ont revele des faits interessants relativement a cette secte. Sans nous y arreter ici, nous constaterons seulement que, dans l'opinion du comite, les Mormons peuvent enseigner aux agents chreiiens d emigration ta maniere de transporter un pauvre peuple a tracers I'Allanlique avec decence, a bon marche el avec tons les snins propres a entretenir la sante. » (Morning Advertise) of June 2, 1854.)
et une harmonie qu'on ne rencontre nulle part. Tous sont veritablement prevenants les uns envers les autres, de sorte que personne ne se trouve dans le besoin, pas meme ceux qui sont arrives dans ce pays denues de tout; en peu de temps on peut s'y acquerir une position independante et libre par un travail perseverant h
» Qui ne connait ces cberes et belles contrees de la Suisse et de l'ltalie, si ricbes et si beureuses, sauf les revolutions qui les tourmentent. Sous le meme climat que ces pays , il y a ici un grand nombre de vallees inbabitees, dont le sol est fecond et l'atmospbere tres-saine, ou le froment prospere aussi bien que sur les rives du Nil. Ayant voyage, comme vous savez, dans une grande partie du monde, je n'ai trouve nulle part des vallees d'une etendue aussi considerable, dont le magnifique climat, les eaux pures et salubres, les fleuves et les lacs extremement abondants en poissons, seraient propres a rendre beureux des millions d'bommes. II serait a desirer qu'on put aider ceux qui sont dans la misere en Europe, afin qu'ils pussent venir dans ce pays, ou ils trouveraient un asile beureux et tranquille.
» Les Montagnes-Rocbeuses, hautes et couvertes de neige, qu'on voit au loin elever leurs cimes dans les nues, donnent a cette contree quelque ressemblance avec la Suisse.
» Plusieurs de ces vallees sont depuis quelques annees habitees par une secte appelee les Mormons. Cette secte s'accroit d'une maniere extremement rapide ; presque tous les jours on annonce de nouvelles arrivees d'emigrants de toutes les parties du monde, et en ce moment meme il y a pres de onze mille personnes en route pour venir ici. C'est le rendez-vous de toutes les nations de la terre; blancs et noirs, Indiens et Cbinois vivent ici dans une barmonie qu'on trouve rarement parmi les membres d'une famille. Des centaines de cbefs de famille, bommes respectables et distingues, partent de temps en temps, quittant patrie, femmes et enfants, pour aller dans toutes les parties du globe precher les doctrines de leur religion.
» Malgre 1'aversion que vous me connaissez pour toute secte reli-
1 Un grand nombre de Mormons, arrives seuls dans la Vallee et sans autre ressource que leurs bras, ont pu, des l'annee suivante, envoyer en Angleterre les fonds necessaires pour le transport de leurs families qu'ils appelaient a venir les rejoindre. De pareils exemples sont tres-frequents.
gieuse, aversion que j'eprouvai egalement pour les Mormons avant de connaitre parfaitement leurs principes et les motifs de leur separation, je dois vous avouer mes dispositions favorables a l'egard de ce peuple et de leurs doctrines. Tous leurs dogmes sont fondes sur la Bible, et ce n'est qu'en frequentant ces hommes qu'on peut etre eclaire sur les principaux points de leur croyance. L'esprit de cette doctrine est tel, qu'il est facile a tout homme sincere d'entrer dans l'Eglise des Mormons, et c'est par elle que Ton parviendra a realiser dans peu de temps ce qu'on n'a pu faire jusqu'a present par la force des armes, c'est-a-dire delivrer le pauvre monde de l'esclavage et de la servitude sans etre force de verser le sang humain.
» Avant d'arriver dans ce pays, j'ai entendu les calomnies les plus odieuses dans les Etats-Unis sur ce peuple; mais depuis que je suis ici, je vois tout le contraire. Pour leur foi, ils ont abandonne tous leurs biens ; ils ont brave mille dangers, et meme la mort, pour chercher dans ces contrees un asile contre les persecutions. Mais Dieu les a benis; ils se trouvent maintenant dans une prosperity qu'on ne voit nulle part. Plusieurs villes ont ete elevees en peu d'annees, et le nombre en augmente rapidement. Dans une prochaine lettre je vous en dirai davantage sur ces choses, et avec plus de details.
» M. Jacob Houtz, qui vous portera eette lettre, est un de ces missionnaires dont je vous ai parle. Lui aussi a quitte ce qui lui etait cher, bravant les dangers, sans autre but que l'interet de ses semblables. II vous fera connaitre les doctrines de l'Eglise de J.-C. des Saints des Derniers-jours. Ayant deja travaille chez lui pendant un an, je travaillerai pour lui a tache jusqu'a son retour. C'est un homme qui merite la confiance de ses semblables; et quoique je ne sois pas encore enlre dans leur Eglise, il m'a toujours traite en ami. J'espere que vous accueillerez hospitalierement et amicalement cet homme et son compagnon de voyage *, et que, dans le cas ou ils seraient persecutes, vous les protegerez autant que cela dependra de vous, en leur donnant un asile. Connaissant vos sentiments d'hu-
1 M. Houtz, charge d'une mission a Berlin, n'est pas passe en Suisse et n'a pu remettre lui-meme cette lettre a la famille M*** ; il l'a adressee par la poste, et les parents nous l'ont communiquee. Nous ne donnerons que les initiales, cette famille etant etrangere a l'Eglise.
manite, et convaincu que vous repondrez a mes voeux, j'ajoute que tout ce que vous ferez a ces hommes, vous le ferez a moi-meme, et je vous en serai reconnaissant.
» En vous saluant, je vous recommande a la garde de notre Pere celeste.
» Votre fils, frere et ami.
» (Signe) Jean M...., de D.... (canton de Zurich.) *>
Gette lettre doit paraitre digne de confiance. Elle est d'une date assez recente , eii egard a la distance qu'elle a du franchir. La branche de Zurich en possede l'original, qui est ecrit en allemand; MM. Guers et autres peuvent s'y adresser pour constater l'authenticit£ de la lettre et le
caractere de l'auteur. De plus, M. M n'est pas encore
Mormon ; il eprouvait de l'aversion pour toutes les sectes religieuses, meme pour notre Eglise. Mais apres une annee d'examen de nos principes et de relations intimes avec nos freres , pendant laquelle il a pu reconnaitre les calomnies lanc6es contre nous, le voila qui va devenir Mormon. Comparez cette lettre, ecrite par un ouvrier simple et honnete, avec les documents passionnes des ministres americains, et dites de quel cote est l'expression sincere d'une opinion libre et eclair^e.
Le lecteur est maintenant edifie sur la valeur des assertions de nos ennemis. Pas plus dans l'accusation (Sexploitation que dans celles ft imposture , d 'immoralite , de vol, de rebellion envers le pouvoir central, ils n'ont rien pu prouver. Bien plus, leurs propres documents se sont tournes contre eux ; ils se sont dementis l'un par l'autre. Une seule chose reste demontree jusqu'a l'evidence : c'est que nos adversaires , dont quelques-uns , nous le disons avec peine, sont des ministres du Dieu de verity, ont eu recours
a toutes les formes que peut revetir le inensonge , dans le but d'appeler sur nous et sur nos doctrines le mepris de leurs lecteurs, et que , dans le paroxisme du zele religieux qui les tourmente, ils n'ont pas meme recule devant V alteration volontaire des textes , devant le faux.