‹ Les Mormons (Saints des Derniers-Jours) et leurs ennemisChapitre 25 sur 32 · FONDEMENT · texte numérisé non relu

FONDEMENT

Quand ce rapport fut publie , nos ennemis d'Amerique eurent recours a diverses manoeuvres pour tacher de decider l'honorable colonel Kane a retracter ou attenuer les eloges qu'il accorde aux Mormons. Ces indiscretes sollicitations lui inspirerent le post-scriptum suivant , publie avec la seconde edition de son rapport :

'< J'ai ete peine des commentaires que ce discours, ecrit a la hate, a fait surgir. De bienveillants amis sont alles jusqu'a m'inviter a attenuer les remarques qu'il renferme en faveur des Mormons, et cela dans le but de les faire accepter plus volontiers. Je ne puis que les repeter en termes plus formels. La verite doit etre respectee. Non seulement je n'entends pas revoquer en doute que les Mormons ne

tornbent en aucune facon au-dessous de notrepropre niveau sous le rapport de la moralite, mais je veux qu'il soit clairement compris que j'assigne a ceux de leurs membres avec lesquels j'ai ete en relation dans l'Est, une rectitude de conduite et une purete de caractere au-dessus du commun des societes ordinaires.

» Tout ce que je puis faire pour temperer mon temoignage, sera d'indiquer les causes auxquelles, moi qui crois aux compensations dans la nature, j'ai attribue cette moralite remarquable.

» Les Mormons ont ete, en realite, broyes et passes au crible par le malheur. Ceux d'entre leurs chefs dont le mobile etait l'intrigue les ontlaisses pour chercher ailleurs de plus brillantes perspectives. Ceux qui restent de la vieille souche sont les masses, toujsurs honnetes, prises en general, et sinceres meme dans l'erreur; et leurs guides sont un petit nombre d'hommes cboisis et loyaux, peu verses dans les intrigues des synagogues, et plus connus par les services qu'ils rendent que par les cadeaux qu'iis reqoivent. Voila les hommes que j'ai rencontres dans la prairie, prenantleur part d'affliction avec l'afflige, de pauvrete avec le pauvre. Leur chef a tous, homme d'un rare devouement, a la sage direction duquel ils doivent surtout leur prosperity presente, conduisait lui-meme son attelage de bceufs et portait sur ses bras son enfant malade.

» Le fait s'explique de lui-meme : c'est que ceux-la seulement voulurent entreprendre leur terrible pelerinage de penitence, que le sentiment religieux d'un devoir entraina a sacrifier le monde a leur religion. Les Mormons que j'ai connus prenaient tous, autant que j'en peux juger, part au sacrement, etaient des personnes de priereet de foi, et leur resignation, leur temperance, leur hero'isme, leurs efforts a poursuivre cet age d'or de la fraternite chretienne, ne furent que la manifestation de leur sentiment religieux , toujours present et se fortifiant sans cesse.

» Ce fut M. Brigham Young que les Mormons choisirent pour gouverneur du Deseret. Cet homme, ainsi que MM. Heber C. Kimball et Willard Richards, nommes par le meme peuple aux fonctions de lieutenant-gouverneur et de secretaire, ayant ete le point de mire de divers libelles, il est de toute justice que je constate que je les ai intimement connus. J'ai trouve dans M. Kimball un homme d'une generosite et d'une purete de caractere remarquables, et dans M. Kichards un gentleman sans affectation, un savant agreable, doue des connaissances les plus variees. La probite de ces trois hommes ne peut nullement etre mise en question. »

Le colonel Kane terraine ce post-scriptum en expliquant les calomnies qui ont precede 1' expulsion des Mormons de rillinois et du Missouri. Les biens dont ils ont ete depouilles sont generalement evalues a plus de vingt millions de dollars, et les auteurs et propagateurs de ces calomnies sont, comme on le suppose bien , ceux qui ont profite de la spoliation, et qui n'aimeraient pas a rendreles biens dont ils sont detenteurs. Ceux-la sont effrayes des progres des Mormons, de leur prochain espoir d'etre admis comme Etat de l'Union , parce qu'ils redoutent l'epoque ou ils pourront obtenir justice ou se la rendre par eux-memes, et cette crainte est la source des calomnies permanentes qu'ils dirigent contre eux , dans l'espoir de reculer indefiment le moment ou il faudra restituer ce qui leur a ete violemment enleve\

Le Moniteur et le colonel Kane nous ont presente les Mormons sortant des Etats-Unis et cherchant une patrie dans le desert : M. Stansbury va nous les depeindre dans leur nouvel etablissement, ou il a sejourne assez longtemps au milieu d'eux :

« La capitale est construite sur la plus vaste echelle ; elle a a peu pres quatre milles de longueur et trois de largeur. Les rues, qui se coupent a angles droits, auront une largeur de huit verges, soit cent trente-deux pieds anglais, avec des contre-allees de vingt pieds. Les differents quarters , chacun de quatre cents verges carrees (six cent soixante pieds de cote), sont divises en huit lots, et d'apres une ordonnance municipale , les maisons doivent etre alignees a vingt pieds en arriere de la limite du lot , de facon a laisser un large espace plante d'arbres et de bosquets.

» La position de la ville est magnifique. Batie au pied des monts Wahsatch qui l'environnent de leurs derniers mamelons, elle est baignee au nord par le cours du Jourdain, tandis qu'au midi s'etend une vaste plaine arrosee par de nombreux ruisseaux qui descendent des collines , apportant , avec la fraicheur de leurs eaux , la fertilite et la richesse. Dans la ville meme , un cours d'eau limpide , dirige par une canalisation ingenieuse aux deux cotes de la rue, se repand ensuite dans les jardins, ou il couvre d'une belle verdure ce qui n'etait que desert et aridite il y a bien peu d'annees. Au nord et au midi, les pentes adoucies des montagnes forment de spacieuses terrasses d'ou Ton peut contempler toute la vallee du Jourdain jusqu'aux sommets abruptes qui la terminent , en enfermant dans leurs rochers le gracieux lac d'Utah.

» A peu de distance au nord Ton voit sourdre du pied de la colline une source d'eau chaude , que des conduits amenent jusque dans un etablissement de bains aussi vaste que confortable ; non loin , une autre source d'une temperature si elevCe qu'il est impossible d'y tenir la main, sort a gros bouillons cl'un rocher perpend iculaire pour former un petit lac, ou viennent s'abattrc en hiver et en Cte d'innombrables poules d'eau attirees par la tiedcur de ses ondes. Au-dela du Jourdain , enfin , de nombreux troupeaux trouvent d'excellents paturages dans de vastes steppes couvertes d'une herbe tres-dure , mais tres-nourrissante, particuliere a ces regions, tandis que les terrains bas qu'arrose la riviere donnent chaquc annee une ample moisson de fourrages.

» La constitution nouvellement adoptee est maintenant en pleine vigueur , ainsi que les pouvoirs executif , legislatif et judiciaire qu'elle a crees. Dans les frontieres

du Deseret , la justice est 6quitablement rendue a tous , Elus ou Gentils, et j'ai pu moi-meme en faire l'experience personnelle en trouvant un beau matin une vingtaine de nos mules mises en fourriere pour quelques injures qu'elles s'elaient permises en vers le bl6 d'un elu. Pour en recouvrer la possession , il me fallut payer une amende fixee par le juge et un ample dedommagement au proprietaire pour le tort cause a sa recolte. Les troupes d' emigrants en passage soumettent continuellement leurs differends a ces tribunaux, tant ils sont certains d'en obtenir bonne et valable justice, car toute la colonie se leverait au besoin pour appuyer le pouvoir meconnu de ses magistrats, et jamais on n'a recours en vain a leur intervention. Je me souviens , en particulier , d'une expedition de deux cents hommes envoyes a la recherche de brigands qui avaient depouille des Emigrants en Californie. Les malfaiteurs furent poursuivis dans le desert et amends prisonniers avec tout leur butin, qui fut rendu a ses proprietaires legitimes.

» Quoique le gouvernement supreme ait tous les caracteres exterieurs d'une organisation civile, on ne peut cependant se dissimuler qu'il est intimement lie a l'administration spirituelle de l'Eglise. Le premier gouverneur civil de l'Etat , 61u en vertu de la constitution , a 6te Brigham Young, le chef de l'Egiise ; le lieutenant-gouverneur est son premier vicaire , le secretaire d'Etat le second, et a eux trois ils composent la prdsidence. Les evSques des differents quartiers , jouissant deja par leurs charges d'une juridiction temporelle et spirituelle , ont ete revetus des fonctions de juges de paix. Et ce double caractere , cette union in time de l'Eglise et de l'Etat , tendent a envahir toute la sphere de la vie publique : il est de

jour en jour plus difficile de determiner les limites respectives des deux pouvoirs.

« L'institution d'un gouvernement civil a ete, ainsi que nous l'avons deja dit , une necessite qu'il a fallu subir en raison de la population mixte que recevait la colonie dans son developpement ; mais il Ctait naturel aussi que la majority de ce peuple choisit pour le diriger les hommes en qui il avait foi, qui l'avaient guide dans le desert, qui avaient preside a ses premiers progres. G'est ainsi que peu a peu les deux autorites ont tendu a se confondre, et que Yevique, pretre pour les uns, n'est qu'un magistrat pour les autres ; mais reconnu et choisi par tous , il etaie sa juridiction tantot sur la loi religieuse, tantot sur la loi civile, selon que ses justiciables sont ou non ses ouailies.

» Le president est un homme d'un esprit clair , d'un jugement aussi sain que pro fond ; il sent la responsabiiite qui pese sur lui , et s'est devoue tout entier a la bonne renommee et a la prosperite de la nation singuliere qu'il dirige. Ressentant vivement tout ce qui pourrait tendre a la rabaisser ou a en denaturer le caractere, sans cesse il poursuit le progres de la moralite, de ^intelligence, de la richesse de son peuple. II en possede la confiance illimitee dans toutes les affaires publiques ou privees , et pour y repondre , lui et ses conseillers sont consacres tout entiers a son bonheur. Le choix qu'on a fait de cet homme, comme gouverneur du nouveau territoire, est un acte de haute convenance et de bonne politique. Resolu dans le danger, ferme et sage dans le conseil, prompt et energique dans l'occasion, il connait parfaitement le caractere, les besoms , les faiblesses de ceux dont il- a e"te le Mo'ise dans le desert, dont il est actuellement le magistrat et le Prophete. Pouvant disposer de la richesse de toute la colonie,

jamais son integrite personnelle n'a suscite le moindre soupcon l . Tout autre choix par le pouvoir central eut ete^ suspect ou odieux aux Mormons.

» La conduite des Mormons envers la foule de ceux qui traversent leur territoire a toujours ete droite et equitable; jamais ils n'ont profite de la situation de ces malheureux pour leur vend re les vivres plus chers qu'ils ne les achetent eux-memes ; les accusations contraires sont, je l'affirme, erronees ou calomnieuses.... En un mot, tout, au milieu de cc peuple, offre l'aspect d'une societe tranquille, industrieuse et aussi bien reglee qu'aucun des Etats de l'Union. Ils respectent la propriete et la liberte religieuse, et rien n'est aussi loin de leur foi et de leur pratique que cette doctrine du communisme dont on les accuse , avec tant d'injustice, d'adopter les errements.

» II est certain que la polygamic existe ouvertement

1 h'Jvenir, journal methodiste religieux de Geneve, a reproduit, dans son numero du mercredi 18 fevner 1852, une lettre originairement publiee par le Christian Times de Londres. Cette lettre, due a la plume de quelque ministre methodiste dont on n'ose pas donner le nom, repetee et commentee par les feuilles emanant de cette meme secte, renferme un long tissu d'impostures auxquelles nous n'avons pas juge a propos de repondre autrement que par un profond mepris pour la mauvaise foi de ses auteurs et editeurs. Nos ennemis, en effet, n'ignorent pas que Brigham Young est a la fois le chef de l'Eglise et le gquverneur civil du territoire d'Utah. Cela dit, qu'on nous permette de citer une seule phrase de cette lettre, et que Ton juge si l'auteur, le Chrislian Tunes, et apres lui V 4vehir de Geneve, se moquent suffisamment de leurs lecteurs :

« Le chef actuel de cette secte » (Brigham Young) « a du comparaitre devant le gouverneur de ce territoire » (qui est le meme Brigham Young) « pour le fait d'avoir vingt-six femmes; de plus, cet individu a ete recemment convaincu de soustraire au gouvernement l'argent qui lui passait entre les mains. »

Et cet indivtdu. qui a ete reelu parle president des Etats-Unis,est encore aujourd'hui ( septembre 1854) gouverneur du territoire! Est-ce assez d'impudence ?

parmi eux, et qu'il n'est pas besoin, pour s'en convaincre, d'un bien long examen ou de beaucoup de clairvoyance. Le president lui-meme proclame depuis la chaire qu'il lui est parfaitement permis de prendre mille femmes si cela lui convient, et je l'ai entendu defier ses auditeurs de lui montrer dans la Bible un seul passage ou un tel usage fut

defendu Cette union est consideree comme vertueuse

autant qu'honorable, et la dame garde toute l'estime de la sociCte ; son alliance meme , contracted sous les auspices de la seule veritable Eglise, est bien plus sacree qu'aucun manage des Gentils, parce que non seulement son caractere terrestre est evidemment releve , mais surtout parce qu'elle influe sur la vie a venir des conjoints. C'est , en effet, un dogme reconnu par l'Eglise que nulle femme ne peut parvenir a la gloire celeste sans mari ; que pour que l'homme puisse y aspirer, il lui faut au moins une femme, et que son rang plus ou moins eleve dans le Paradis sera proportionne au nombre de ses compagnes terrestres.

» Les Mormons repoussent avec indignation 1' idee que le mobile d'un pareil systeme pourrait bien n'etre qu'une sensualite purement humaine ; suivant eux , leur unique but est « d'elever au Seigneur une generation sainte » qui etablira son regne sur la terre. lis recommandent beaucoup la purete des moeurs dans les relations domestiques, et n'hesitent pas a declarer que lorsqu'ils auront le pouvoir de se donner des lois, apres leur annexion aux Etats- Unis, ils puniront des pcines les plus severes toute infraction aux regies de la chastete; la mort meme ne leur semble pas un chatiment trop rigoureux pour de semblables crimes.

» En fait, j'ai trouve les resultats de cette doctrine de la pluralite des femmes fort differents de ceux auxquels je

m'attendais. II est vrai qu'en ma qualite d'etranger et Gentil , je n'ai guere pu recueillir que des notions tressuperficielles. Mais la paix , l'harmonie et la gaite" paraissaient dorainer la ou des id6es pr^concues m'auraient fait croire a de petites jalousies , a des disputes , a des querelles. La confiance et l'amour fraternel regnaient dans l'interieur des families , et les bons rapports entre voisins, les fetes et les bals, qui s'echangeaient de maison en maison , constituaient une societe veritablement agreable. Le president , accompagne de sa nombreuse famille , honore souvent de sa visite ces reunions amicales ; il y est toujours un hote bien accueilli et fete ; sa presence y tempere la gaite trop bruyante de la jeunesse , et souvent il termine par la priere les rejouissances de la soiree.

» Les habitants de la ville du Grand Lac-Sale s'occupent avec ardeur de la creation d'une fabrique de drap, ou les troupeaux, qui paissent dans les admirables paturages des montagnes voisines , fourniront une matiere premiere remarquable par sa beaute. Une poterie, une coutellerie sont en pleine activite ; et bientot une raffinerie, qui commence a prosperer , va fournir tout le sucre de betterave necessaire a la consommation du pays.

» Au milieu de tous ces efforts pour le developpement de leur prosperity materielle, les Mormons n'ont point perdu de vue les progres de 1' intelligence. Des fonds considerables en terre et en argent ont ete consacres a la fondation d'une universite, dont l'emplacement a ete designe et entour^ de murs sur l'une des terrasses qui dominent la ville, et ceux qui aspirent a y enseigner un jour sont deja occupes a recevoir une instruction preparatoire.

» Chaque village a son ecole que frequentent enfants et

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vieillards ; rien , en un mot , n'est neglige pour repandre l'instruction et favoriser la vie intellectuelle dans le peuple. » Si Ton se souvient que cette contree prospere n'6tait, il y a quatre ans, qu'un desert aride et sauvage, ou le hurlement du loup et le cri de guerre du miserable Indien reveillaient seuls les echos de la montagne ; ou Tours , le daim et l'antilope parcouraient solitairement le rivage que couvre maintenant une cite populeuse ; si Ton se represente tous les obstacles qu'opposait la nature a l'occupation de ces lointaines regions, obstacles de decouragement et de terreur, comment ne pas etre rempli d'admiration? Pourquoi s'obstiner a meconnaitre d'aussi magnifiques resultats, qui ont jailli, en quelque sorte, des plus insignifiants debuts , et dont bien peu d'annees ont vu la naissance et le rapide developpement ? »

Nous voici au terme de notre tache. Elle etait tel lenient complexe, les attaques de nos ennemis etaient tellement diverses et multiples , que nous n'avons pu mettre dans cette discussion l'ordre et la precision qu'elle exigeait peut-etre. De plus, nous avons du negliger, pour ne pas trop grossir cet opuscule, une foule de documents propres a confirmer nos assertions et a confondre nos calomniateurs. Ce que nous pouvions prouver dix fois, nous nous somnies contente de le prouver une fois.

Ainsi que nous l'avions annonce, nous nous somnies abstenu de toute citation prise dans les nombreux ouvrages de l'Eglise. Tel etait l'avantage de notre position, que nous avons pu appuyer notre defense sur le temoignage d'ecrivains etrangers a nos doctrines, sou vent meme hostiles au Mormonisme et aux Mormons. Nos adversaires , au contraire, ne se sont pas bornes a reproduire contre nous des inventions que Ton n'ose plus repeter en Amerique, parce que le bon sens public en a fait justice depuis longtemps : ils les ont encore surchargees de tout ce qu'une malveillance evidente a pu leur suggerer.

Le lecteur a pu remarquer que, parmi nos ennemis, les ecclesiastiques se distinguent par la mauvaise foi, qu'ils poussent souvent jusqu'au cynisme, tout en nous accusant d' imposture.

Nous n'avons laisse debout aucune assertion defavorable aux hommes qui ont recu de Dieu la sublime mission de restaurer son Eglise ; mais nous nous sommes arrete la , sans faire le tableau des vertusdont ils ontlegue l'exemple: car ces lignes , comme nous l'avons dit en commencant , ne sont destinees ni a propager nos principes, ni a affermir nos freres dans la foi , ni a constater les progres de cette Eglise, mais uniquement a repousser l'accusation d'imposture et de fanatisme dirigee contre ces hommes. Sous ce rapport , nous croyons avoir largement atteint notre but.

Quand nos considerons les libelles de nos ennemis, nous sommes heureux d'appartenir a une religion contre laquelle nous n'avons lu encore aucune objection qui n'eutsa source dans 1' ignorance ou la mauvaise foi.

Oui, nous le proclamons hautement, le Mormonisme est I'oeuvre de Dieu ; Joseph Smith l'a inaugure a travers toutes les epreuves que peut subir la nature humaine, et a fini par le sceller de son sang. Brigham Young, le Prophete actuel, est le digne successeur de Joseph , investi comme lui des benedictions de notre Pere celeste. L'Eglise de Jesus-Christ des Saints des Derniers-jours renferme certainement des membres indignes , mais elle n'en est pas moins la derniere dispensation du Seigneur, administree et dirigee par des hommes choisis par Dieu, et qui meritent l'amour et la confiance de leurs semblablcs. Quoi qu'il arrive desormais par le fait de la mechancete humaine, rien ne saurait faire attribuer a l'Eglise les crreurs et les crimes des

hommes qui en font partie. Nous ne craignons rien pour 1'avenir , car c'est en parlant de ce royaume que le prophete Daniel a dit : « Le Dieu des cieux suscitera un » royaume qui ne sera jamais d^truit ; ce royaume ne » passera point a un autre peuple, mais il brisera et con- » sumera tous ces royaumes-la, et il sera 6tabli eternelle- » ment. (Dan. 11, 14.) Afin que le regne, et la domina- » tion, et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les » cieux soient doDnees au peuple des Saints du Souverain. » Son royaume est eternel , et tous les empires lui seront » assujettis et lui obeiront. » (Ibid., vii, 27.)

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