‹ Les Mormons (Saints des Derniers-Jours) et leurs ennemisChapitre 9 sur 32 · PRESENTAIT EN PERSONNE DEVANT LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

PRESENTAIT EN PERSONNE DEVANT LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS

et ses ministres , a Washington , pour demander justice et reparation des outrages subis par les Mormons1. Les archives de l'Union et les feuilles officielles de l'epoque sont la pour appuyer ce solennel dementi. De quel cote est l'imposture?

Et dans le cas ou les ecrivains auxquels nous repondons voudraient s'abriter derriere les noms d'autres auteurs cites par eux , nous les poursuivrons jusque dans ce dernier refuge , et nous leur prouverons qu'ils ont tous trois puise certains faits et certaines appreciations a une source suspecte, impure, indigne de gens honnetes. Cette source, qu'aucun d'eux n'a eu le triste courage de faire connaitre, parce qu'elle eut inspire une juste defiance envers eux et leurs oeuvres , nous la ferons connaitre plus loin.

Inutile , nous le pensons, d'en dire da vantage sur la fameuse accusation de vol et de banqueroute.

1 « Messieurs, leur repondit le president Martin Van Buren, votre » cause est juste, mais je ne peux rien faire pour vous. Si j'appuyais » vos interets, je perdrais mes suffrages dans le Missouri. »

A la page 38 de sa brochure, M. Favez emprunte au meme Bowes, deja mentionne, le recit d'une attaque a main arme"e , dirig6e par J. Smith et suivie du pillage d'un magasin , et a W. Harris celui d'une autre expedition ou les Mormons, toujours sous la conduite de J. Smith, tuerent deux cents pores , prirent quarante ou cinquante ruchers et detruisirent plusieurs champs de ble.

II resulte de tout cela , suivant lui, que J. Smith est un imposteur, et le mormonisme un tissu d'impostures.

Nous ignorons si, durant cette guerre, les Mormons tuerent des pores et prirent des ruchers , ni quel en fut le nombre. Mais ce que nous savons, e'est que les biens dont ils ont ete depouilles valent plus de deux millions de dollars.

Si Joseph est un imposteur parce que, au milieu des plus atroces persecutions , quelques-uns d'entre les Mormons ont tue les pores et pris les ruches de leurs ennemis fanatises , qui avaient ravage leurs proprietes , viole leurs femmes et leurs filles, que doit-on penser de Mo'ise en lisant les passages suivants :

« lis firent done la guerre a ceux de Madian, comme l'Eternel 1'avait commande a Mo'ise, et ils en tuerent tousles males. Ils tuerent aussi les rois de Madian, outre les autres qui y furent tues, savoir : Evi, Rekem, Tsur, Hur et Rebah, cinq rois de Madian ; ils firent aussi passer au fil de l'epee Balaam, fils de Behor.

» Et les enfants d'Israel emmenerent prisonnieres les femmes de Madian, avec leurs petits enfants ; et ils pillerent tout leur gros et menu betail, et tout ce qui etait en leur puissance. Et ils brulerent toutes leurs villes, avec leurs demeures, et tous leurs chateaux. Et ils prirent toutes les depouilles et tout le butin, tant des hommes que du betail. Puis ils amenerent les prisonniers, les depouilles et le butin a Eleazar le sacrificateur, etc.

» Et Mo'ise se mit fort en coiere contre les capitaines de Farmee.... Et il leur dit : N'avez-vous pas laisse vivre toutes les femmes?

Tuez done maintenant les males d'entre les petits enfants, et tuez toute femme qui aura eu compagnie d'homme ; mais vous laisserez vivre toutes les jeunesfilles qui n'ont point eu compagnie d'homme... ■» Et ce qui avait ete pille, e'est-a-dire ce qui etait reste du butin que le peuple qui etait alle a la guerre avait fait, etait de six cent soixante et quinze mille brebis, de soixante et douze mille boeufs, de soixante-un mille dnes. Et quant aux femmes qui n'avaient point connu d'hommes, elles faisaient en tout trente-deux mille &mes. » (Nombres, xxxi, 7-35.) »

Ivrogncrie.

Autre temoin. Dans un ouvrage intitule Three days at Nauvoo (Trois jours a Nauvoo), par M. Caswall, auquel M. Favez ne manque pas de faire un emprunt (page 36), il est dit que J. Smith « s'enivrait par Ibis. C'etait, disait- » il lui-meme, pour empecher ses disciples de l'adorer » comme un Dieu. »

Ceci est trop burlesque pour meriter une refutation serieuse ; nous aimons mieux apprendre a nos lecteurs quel est M. Caswall et quelle confiance meritent ses allegations. G'est encore un ministre de l'Eglise anglicane, qui, pour en imposer plus facilement au public, est alle en effet passer trois jours a Nauvoo. Cette tactique devait lui r6ussir, car on a en general une grande confiance dans ceux qui se disent temoins oculaires. Arrive dans le pays, M. Caswall prit un logement a Montrose , en face de Nauvoo , dans la maison d'un nomme Kilburn, ennemi violent et declare des Mormons. Telle est la source ou il a puise ses renseignements. En parlant des persecutions endurCes par les Saints dans le Missouri, nous aurons occasion de revenir sur le compte de ce M. Caswall, qui s'ecria un jour : « II faudrait que » J. Smith eut ete assassine ! » Aimable ministre !

lies Danites. — Assassinat.

On se rappelle que nos ennemis ont sou vent parle d'une certaine bande d'assassins et d'incendiaires nominee les Danites ou Anges destructeurs. Cette bande , en realite, n'a jamais existe. Eut-elle ete organisee, M. Pichot, a qui il echappe parfois des traits de franchise, ne nous en ferait pas un grand crime ; temoin ce passage de son livre (p. 1 52, !53) :*"

« Disons, en quelques mots, ce qu'elait cette troupe, epouvantail veritable ou suppose des anti-Mormons. — Les Mormons, depuis longlemps exposes a tous les outrages, dans un pays oil les lois claienl foulecs aux pieds par la populace, avaient du naturellement prendre des mesures defensives. lis se conformerent an conseil que le gouverneur de Missouri leur avait donne quelques annees auparavant, en organisant, sous le nom de bande des Danites, une espece de milice vengeresse qu'on appelait aussi les Anges destructeurs. Ce second titre parait assez menagant, et s'il fallait en croire les depositions de deux apostats * du mormonisme, ils auraient merite ce titre a tous egards

» L'existence de la societe secrete des Danites ne peut etre une fable; mais on ne pouvait citer contre elle aucdn fait positif. Les Mormons, voyant leurs adversaires violer lous les jours les lois qui auraient du les proteger, ne pouvaient avoir pour ces lois un bien grand respect. Dans tous les cas, les Anges destructeurs ne brulerent aucune ville. )J

1 L'un de ces deux hommes n'a pas tarde a se repentir amerement de la declaration qu'il avait signee dans le camp meme des ennemis, quand sa vie etait menacee. Des-lors sa conduite a constamment clementi ce que sa plume avait signe au milieu d'une horrible persecution, et lui a valu le respect et la confiance de tous. II est aujourd'hui l'un des plus hauts fonctionnaires de l'Eglise dans la Vallte du Grand Lac-Sale.

Nous prions le lecteur de faire attention aux passages imprimes en lettres italiques ; ils renferraent un aveu qui justifierait , s'il en etait besoin , tous les actes que Ton attribue aux Mormons. Ces aveux se trouvent dans tous les livres ecrits contre nous par des laiques, notamment dans Stansbury, Gunnison, Pichot, le Journal des Debats, le Moniteur, etc. Mais quant aux ouvrages ecrits par des ecclesiastiques, lisez-les d'un bout a l'autre, vous n'en trouverez pas un mot.

La troupe des Danites , contre laquelle M. Pichot convient qu'on ne peut citer aucun fait positif, ces incendiaires qu'il avoue n'avoir rien incendie, cette bande dont il dit que l'organisation avait et6 conseillee par le gouverneur du Missouri lui-meme, comme mesure defensive, n'a pas existe, nous le repetons. Mais il n'en est pas moins vrai qu'un nomme Sampson Avard, profitant de l'absence de J. Smith, qui 6tait alle faire face h la persecution sur divers points , avait tente de l'organiser a peu pres telle que nos ennemis l'ont representee. L'Eglise eut connaissance de ce projet, deja en voie de realisation, et Avard, convaincu de tentative coupable dans ce but, fut retranche et degrade. Des-lors il se rangea du cote des ennemis du Prophete ; le depit qu'alluma en lui cet acte de justice le poussa a des faits qui lui attirerent le mepris public. Ceci est tellement vrai, que le fameux John G. Bennett (dont nous parlerons tout-a-1'heure), quand vint aussi pour lui le moment d'etre retranche pour purifier l'Eglise, s'ecriait avec effroi : « On va me regarder comme un second Avard ! »

Eh bien , ce meme Avard est le Mormon desabuse' que M. Caswall prend a temoin de l'organisation des Danites, qu'il attribue a Joseph, quand c'est lui qui a ete retranche

par Joseph pour avoir tente de I'organiser. Geci est vraiment trop maladroit i. Mais ecoutons M. Caswall :

« Smith avait publiquement prophetise , en 1841, qu'en moins d'une annee son vieux ennemi Boggs, l'ex-gouverneur du Missouri, mourrait de morl violcnle. II offrit alors a quelques-uns des Danites une recompense de cinq cents dollars pour l'assassiner. Par suite de cette otfre, un soldat de cette terrible troupe entreprit un voyage de plus de 200 milles (70 lieues) jusqu'a Independance, ou demeu-

rait l'ex-gouverneur Au bout de deux ifaois, le Danite retourna a

Nauvoo, et, le jour suivant, on y publia l'assassinat du gouverneur. Le Danite, qui auparavant etait tres-pauvre, se montra alors possesseur d'une elegante voiture, de beaux chevaux, et la poclie remplie d'or. » (Frajmeu.s p. 41.)

A la lecture de cet extrait habilement decoupe , on ne peut pas douter de la mort violente du gouverneur Boggs , puisque le Danite a touche le prix de son forfait , et Ton doit bien s'etonner de ce que la justice laisse accomplir de tels crimes.

M. Guers deploie la meme habilete dans la citation qu'il donne (p. 68).

« Pour accomplir la prophetic, Smith avait offert une recompense de 500 dollars aux Danites qui tueraient le gouverneur. L'un d'eux revint du Missouri apres deux mois d'absence. Le lendemain de son retour, on proc\a.ma. I'accomplissement de la prophetie, et 1'assassijj, qui jusqu'alors avait ete dans la misere, parut dans les rues de Nauvoo les poches pleines d'argent. »

II est Evident , d'apres cet extrait, que Boggs a ete tue.

1 Les Mormons, sur le conseil du gouverneur, s'armerent en effet, non pour l'agression, mais pour leur defense; voila pourquoi on les a vus parfois sous les armes. Si Ton s'est etonne de rencontrer nos Elders dans cette position, on oubliait qu'aux Etats-Unis tous les hommes de 18 a 45 ans sont assujettis au service militaire, a moins d'exemptions legitimes. II faut bien se garder de confondre cette organisation militaire avec la bande Danite, qui a peri en germe.

Nos deux ministres l'affirment , non pas directement , eomme feraient des laiques, mais en coupant les textes cites de maniere a laisser croire au lecteur ce qu'ils n'osent pas exprimer , comme font en general nos adversaires ecclesiastiques.

Mais que Ton se rassure, Boggs n'a pas ete tue ; il est encore plein de vie aujourd'hui , douze ans apres que les ministres Font fait tomber sous le plomb d'un assassin, comme dit M. Guers. Nous ne saurions dire ce qu'il fait, mais nous affirmons qu'en 1 852 il etait membre de l'assembl^e legislative en Californie ; et, suivant nos dernieres nouvelles, il est citoyen de cet Etat.

Quant a la prophetie, un de nos ennemis (laique) va nous la faire connaitre telle qu'elle est ; celui-la a pris ses renseignements sur les lieux memes. L'extrait que nous allons donner de Gunnison (p. 74), expliquera en meme temps les jurements et les imprecations dont il a ete" question tout-a-1'heure :

« 1,'usage du nom de Dieu, chez les Mormons, est permis seulement dans les circonstances judiciaires, ou lorsqu'une malediction est lancee contre quelqu'un; comme, par exemple, lorsque Joseph en a fulmine une contre le gouverneur Boggs, accompagn£e de la prophetie qu'il deviendrait un vagabond, afflige d'une maladie qui le rendrait odieux a lui-meme et a ses anciens amis, el lui ferait desirer la mort pendant longtemps sans la trouver. »

II est vrai pourtant qu'un coup de pistolet fut tire dans la fenetre de Boggs. Que sa conscience lui ait alors rappele ses actes en vers Joseph et les Mormons ; que le remords de son ordre d' extermination , trop fidelement execute , lui ait fait soupconner que ce pistolet avait ete charge par la main d'une de ses victimes, personne ne s'en etonnera: il devait naturellement attribuer la vengeance a ceux qu'il avait decimes et mines par les plus odieux abus de pou-

voir. Mais il paralt que les Mormons n'etaient pas les seuls qui eussent a se plaindre de lui; car, le pretendu assassin dont parlent nos ennemis ayant ete arrets , et Joseph luiraeme s'etant constitue prisonnier a Springville ou Faffaire s'instruisit sur la plainte de Boggs, la justice reconnut qu il n'existait aucune apparence d'assassinat contre Fun , ni de complicity contre 1'autre , et tous deux furent mis en liberte ; ce qui n'empeche pas M. Guers (p. 69) et M. Favez (p. 44), d'affirmer que Joseph etait encore sous lepoids de cette accusation lorsqu'il fut assassine, dans la prison de Carthage, par une populace fanatisee, sans pouvoir, meme en prison, jouir de la protection des lois.

M. Pichot (la'ique) raconte ainsi les resultats de Faccusation de Boggs (p. 214).

« Peu de temps avant la publication officielle de sa candidature a la presidence, Joseph se trouvait en visite avec sa famille dans un endroit nomme Dixon, dans 1'Ulinois. Une action avait ete intentee anterieurement contre lui par quelquespersonnes de Jackson, dans le Missouri, sons prclexle de pertes eprouvees lors des troubles qui avaient precede 1'expulsion des Mormons. Dixon etant situe sur la frontiere du Missouri, deux officiers du sherif de cet Etat, les nommes Reynolds et Wilson, resolurent d'enlever le Prophete et de le trainer devant les tribunaux missouriens. Dans ce dessein, ils se deguiserent, et, frappant de nuit a la ferme ou residait momentanement Joseph, ils se donnerent pour deux Anciens Mormons arrivant de Nauvoo, et desirant de l'entretenir. On eut i'imprudence de leur ouvrir laporte, et ils se precipiterent sur Joseph, tenant chacun un pistolet charge a la main, et jurant de l'etendre raide mort s'il faisait la moindre resistance. Le Prophete leur ayant demande en vertu de quelle autorite ils l'arretaient : « Voila notre autorite, » repondirentils en montrant leurs pistolets. Non seulement ils ne lui permirent pas de rentrer dans la chambre pour dire adieu a sa famille, mais ils refuserent meme de lui laisser prendre son chapeau, et ils le firent monter de force dans la voiture, apres l'avoir frappe sur la tete et sur le dos avec la crosse de leurs pistolets. Retenu prisonnier pendant plusieurs semaines, le Prophete obtint enfin sa liberte en vertu

d'une ordonnance d'habeas corpus. Aussitot qu'il fut de retour en Illinois, il intenta une action contre Reynolds et "Wilson pour arrestion illegale, violences et mauvais traitements ; mais il n'obtint que des dommages-interets illusoires, quarante dollars, tandis que les depenses de cette affaire, depuis son debut jusqu'au denouement, s'elevaient pour lui a plus de trois mille cinq cents dollars 1. C'etait payer bien cher une justice si peu impartiale. — L'accUsation sans fondemeut et de pure vengeance portee contre lui par f ex-gouverneur Boggs devait avoir de bien plus graves resultats encore. »

Nos adversaires ecclesiastiques se gardent bien de reproduire de semblables extraits. Aucontraire, M. Guers lie adroitement cette calomnie de Boggs a la detention de Joseph , de son frere et de quelques autres dans la geole de Carthage, et continue ainsi :

« Pendant qu'ils attendaient leur jugement, la sentinelle exterieure de la prison ou ils etaient fut tuee; Smith et ses gens, qui s'etaient procure des armes, firent feu sur la garde interieure; puis, dans la confusion qui survint, Smith tenta de s'evader par une fenetre ; mais il tomba frappe mortellement, sans avoir eu le temps d'implorer la merci divine, et apres avoir annonce qu'il sortirait bientot de sa geole pour achever le Livre de Mormon. » (Guers, p. 69.)

Apres avoir retabli les faits dans leur verite , quant au pretendu assassinat de Boggs attests par John G. Bennett, et avant d'aborder le recit de la mort de Joseph, que nous appuierons sur des citations empruntees a des ennemis moins cyniques dans leur haine , nous devons , ainsi que nous l'avons promis plus haut , faire connaitre le fameux John G. Bennett, que Fun de nos adversaires appelle le bras droit du Prophete.

Voici d'abord une lettre tres-recente. Ayant fait dernierement la connaissance de M. John S. Fullmer, pasteur

1 La vie de Joseph Smith fut une suite contiuuelle de semblables accusations, jugements et pertes pecuniaires.

des conferences de Liverpool , Manchester et Preston , et snehant qu'il avait ete a Nauvoo pendant le sejour de Bennett, nous lui demandames des renseignements sur ce personnage. Voici sa reponse :

« 107, Finch Street, Liverpool, 19juin 1854. » Cher frere Stenhouse,

> Mon absence de cette ville a l'arrivee de votre bonne lettre du 13 courant, est, j'espere, une excuse suffisante du retard que j'ai mis a vous repondre. La conference trimestrielle de Liverpool a eu lieu hier; ce fut une belle journee : les freres Richards y ont assists. Le pen de temps qui me reste pour vous repondre, et les affaires urgentes que j'ai a terminer avant d'assister au Conseil des Elders qui doit avoir lieu a Londres le 26 courant, m'empechent de vous donner tous les details que j'aurais pu vous transmettre au sujet du qelebre John C. Bennett.

» En ce qui me concerne, il est bien vrai qu'en entrant dans FEglise j'ai sacrifie une perspective assez brillante dans les affaires du monde et l'amitie d'une famille nombreuse et bien placee. J'etais dans l'Eglise quand John C. Bennett s'est presente pour y etre admis, et je suis un des premiers qui ont fait sa connaissance. II n'est pas venu sans recommandations ; il avait ete professeur dans une ecole de m^decine a Ohio, et occupait un haut grade militaire dans l'Etat d'lllinois. Mais , comme on l'a su plus tard, sa consideration etait arrivee a son declin. Ses habitudes dereglees avaient ruine sa reputation et jete le trouble dans le sein de sa famille; sa feminc n'avait pas voulu vivreplus longlemps avec un libertin.

» II chercha a, regagner une position danslenouvel Etat d'lllinois, ou, par la fraternite des Magons, il a tache de conquerir un peu de popularity. II etait sur le point de la perdre encore; mais, etant un homme energique et d'une ambition demesuree, ses yeux se tournerent vers la brillante perspective des Saints des Derniers-jours. Bient6t apres ceux-ci l'ont elu maire de la ville de Nauvoo et major general de la legion de Nauvoo. C'est alors qu'il m'appela dans son etat-major comme tresorier de la legion, avec le grade de colonel de cavalerie, offices que j'ai exerces jusqu'a la dissolution de la legion en 1846.

» Pendant un certain temps, il s'est rendu tres-utile dans ses hautes fonctions ; mais bientdt ses vices se sont montres de nouveau, et le beau sexe de Sion ressentit tristement Feffet de son influence, dont il abusa pour seduire et prostituer les jeunes filles sans experience. II fut retranche solennellement de l'Eglise en 1842, pour ses seductions et debauches. Des-lors, il devint l'ennemi acharne de Joseph le Prophete, et n'eut aucun scrupule dans ses efforts pour le diffamer. Dans ce dessein, il a invente toutes sortes de mensonges contre lui, parmi lesquels figurent Paffaire du gouverneur Boggs a laquelle vous faites allusion, ainsi que la bande des Danites. Une telle bande n'exista jamais a Nauvoo; si elle eut existe, dans l'intimite ou je me trouvais avec J. Smith, je 1'aurais su; mais je n'ai rien appris de pared. Un miserable qui n'hesite pas a ruiner la vertu et l'innocence de jeunes filles sans defiance, est bien capable de fletrir un homme bon et grand pour assouvir sa vengeance.

» John C. Bennett est tomb6 depuis quelques annees sous le mepris public partout ou il est alle dans les Etats-Unis, a cause de ce qu'il a fait en faveur des, Saints et plus tard contre eux, et parce qu'il s'est montre un homme sans vertu ni religion. Toute personne qui le connaitra se gardera bien de titer ses ouvrages contre les Saints, de peur de compromeltre sa propre consideration.

» J'ai 1'honneur d'etre avec un profond respect, le v6tre,

s ( Signe :) John S. Fullmer. »

Reproduisons maintenant une declaration de John C. Bennett lui-meine ; la date de cet acte est remarquable , car il a et6 dicte par lui six jours apres avoir ete retranche de l'Eglise pour abus de confiance dans l'exercice de la medecine et tentatives de seduction et de prostitution.

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