‹ Les Mormons (Saints des Derniers-Jours) et leurs ennemisChapitre 8 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Joseph Smith. — Quels sont les ternoins de nos ennemis. — Crimes imputes a J. Smith. — Jurements et imprecations; le mimstre Bowes. — Vol et banqueroute; le rev. J.-H. Gray. — Attentats a main armee. — Ivrognerie; le ministre Caswall. — Assassinat ; incendie ; la bande des Danites. — Sampson Avard ; John C. Bennett; l'ex-gouverneur Boggs. — Opinion de M. Pichot sur 1'attentat contre Boggs. — Difference entre nos ennemis la'iques et ecclesiastiques. — Lettre de M. John S. Fullmer sur le fameux Bennett. — Documents officiels. — Immoralite de John C. Bennett. — Extrait d'un discours de l'honorable J.-S. Reed. — Mort de J. Smith. — Opinion de M. Pichot; de M. Guers. — Reflexions sur les calomnies dirigees contre J. Smith.

'ov

Nous voici arrives a la page 34 de la brochure de

M. Favez, ou il commence son requisitoire contre J. Smith

personnellement. lei encore nous allons voir briller l'im-

partialite et le tact exquis de cet ecrivain.

« Enfin, dit-il, J. Smith peut-il supporter une autre epreuve a laquelle la Bible soumet les prophetes? Car, en parlant d'eux, le Seigneur a dit : Fous les connailrez a leurs fruits. Quels fruits done trouvons-nous dans la vio de ce prophete? Ici les temoignages sont

nombreux; mais nous ne les demanderons pas ases sectateurx, qui ne voient en lui qu'un saint, un martyr de la verite. Joseph Smith a 6te bien connu, soit du public au milieu duquel il a vecu, soit de ses propres disciples, parmi lesquels plusieurs, apres avoir ete disabuses, nous ont fourni des renseignements. »

Le lecteur a compris. M. Favez repousse le temoignage de ceux qui ont le mieux connu J. Smith, par la raison que ceux-la le regardent a juste titre comme un saint , un martyr de la verite , ce qui ne fait pas le compte de notre ennemi, lequelapris la plume pour calomnier sa memoire. Semblable aux Pharisiens qui dirent a Jesus : « Tu rends » temoignage de toi-meme , ton temoignage n'est pas digne » de foi, » M. Favez repondrait a Nicodeme demandant si la loi condamne un homme sans s'etre informe de ce qu'il a fait : « Es-tu aussi Galileen? Informe-toi, et tu » verras qu'aucun prophete n'a ete suscite de Galilee. « Suivant lui, les freres de Joseph sont incapables de rendre un temoignage vrai, a moins qu'ils ne soient desabusds, c'est-a-dire apostats ou rotranches, ou, en d'autres termes, ennemis acharnes du Prophete. Alors il les juge sinceres et veridiques. Degrades de leurs fonctions ecclesiastiques ou civiles, froisses dans leur amour-propre, decus dans leur ambition, honteux de leurs bassesses publiquement devoilees, gonfles de haine envers l'homme droit et severe qui a voulu purger l'Eglise de Dieu de tout ce qu'elle renfermait d'impur, ces temoins-la apporteront a l'enquete ouverte devant le juge Favez tout ce que la rancune pent suggerer de mensonges et de calomnies a des hommes corrompus. A la bonne heure ! dit lejuge; voila les temoins dont j'ai besoin !

Avant d'entrer dans l'examen des temoignages que nos adversaires produisent a l'appui de leur accusation d'imposture , que le lecteur nous permette quelques reflexions.

D'abord , le merite de Joseph Smith et des autres chefs de l'Eglise est une question tres-secondaire. En effet, tous ces hommes, apres avoir inaugure la nouvelle dispensation du Seigneur, fussent-ils devenus des scelerats, l'Eglise des Saints des Derniers-jours n'en serait pas moins ce qu'elle est , l'Eglise de Jesus-Christ restauree dans sa purete primitive. Le reniement de Pierre, les fureurs de Paul, la trahison de Judas , les transgressions des disciples et des premiers Chretiens n'ont rien prouve contre l'oeuvre de Christ. Si done nous suivons nos adversaires sur ce terrain, ce n'est pas pour defendre ces hommes ; leur histoire, ecrite par des plumes plus veridiques, plus honnetes, sera connue un jour. Notre seul but est de demasquer encore ici la deloyaute de nos ennemis, et de justifier cette opinion emise par Fun d'entr'eux , que les rivalites de sectes et l'esprit de coterie religieuse sont la source des calomnies dirigees contre J. Smith et ses amis.

Si les Mormons etaient une colonie de quelques centaines d'individus livres a tous les vices, relegues dans un coin du globe ou ils mourraient de faim en cherchant de l'or * , une bande de fanatiques expiant dans les angoisses de la misere leur excessive confiance dans des chefs per-

1 M. Favez, des la premiere page de sa brochure, annonce effrontement que les Mormons sont une colonie elabiie dans la Californie, oil elle exploite de l'or au profit de ses chefs. Les Epilres generates de l'Eglise sont la pour les dementir. D'ailleurs, l'etourderie de cet ecrivain nous dispense de toute citation a ce sujet; car, oubliant qu'il a debute par cette honteuse assertion, il reproduit lui-meme ( page 62) un passage de l'ouvrage de M. Kelly, oil il est dit a propos d'un de nos predicateurs qu'il entendit dans la ville du Grand Lac- Sale : '< II parla sur l'or de la Californie , qu'il disait avoir ete decouvert par l'energie des Mormons, mais qu'ils abandonnaient librement a la cupidite des Americains , vu qu'ils (les Mormons) ne desiraicnt pas de tels agrandissements mondains. »

vers et spoliateurs , oh ! dans ce cas, M. Favez et ses acolytes n'eussent pas pris la plume pour nous diffamer. Mais l'un d'eux ( M. Guers , page 73 ) nous explique ce zele ardent :

« D'apres les nouvelles les plus recentes, V affaire des Mormons prend des proportions colossales. lis s'occupent a creer un etablissement intermediate entre leur colonie du Lac-Sale et l'Ocean Pacifique; et telle est leur activite, qu'ils baptisent, dit-on, cinq cents adultes par mois. »

Cet aveu revele dans notre Eglise un progres qui contraste singulierement avec Yetat de dissolution dans lequel git la chretiente de nos jours , au dire de M. Favez. Est-il done bien surprenant que les ministres de cette religion qui s'en va , qui se dissout , depensent leur eloquence , leur argent , et jusqu'a leur loyaute pour retarder quelque peu la desertion de leurs temples ? lis connaissent maintenant ce magnifique centre d'attraction situe au-dela des mers , ce climat sain , riche et fecond , ou Dieu offre a la vertu et au travail le hien-etre terrestre en attendant le bonheur eternel (Ps. cxii, \ , 2, 3). lis savent que le spiritualisme de leurs doctrines laisse un vide penible au coeur de l'homme, qui est intelligence et chair. lis ont la conscience du doute qui tourmente l'humanit^ ; que dis-je? ils doutent eux-memes. lis connaissent, ils partagent la tendance actuelle a un etat religieux plus vrai , plus compatible avec la raison , plus positif dans ses aspirations , aujourd'hui vagues et sans objet determine". Ils comprennent qu'une nation composee d'hommes qui , des quatre coins du globe , en ont accepte la constitution religieuse et civile, realise l'ideal du gouvernement et garantit la paix , la liberte et la richesse a tous ses membres laborieux et fideles. Temoins de nos progres et de leur decadence , les

voila qui cherchent a fa ire voir le malouest le bien, le vice o.u est la vertu, l'erreur ou est la verite , la misere ou est l'abonclance, les querelles intestines ou regne la plus douce fraternite.

Les voyez-vous se cramponner a leurs religions agonisantes? lis y tiennent comme le medecin tient aux maladies qui deciment l'humanite, comme l'avocat tient aux proces qui la ruinent! Qu'y a-t-il la de surprenant? Mais ce qui ne doit pas non plus les surprendre, c'est que leurs ouailles se desabusent aussi parfois et viennent s'assurer si cette doctrine dont ils disent tant de mal ne serait pas , par hasard , plus satisfaisante que leur myticisme. La est, en partie du moins , l'histoire des succes de notre Eglise , et nous pourrions constater que les Favez et les Guers de la Grande-Bretagne ont puissamment contribue au developpement du mormonisme dans cette contree. Nos adversaires sont souvent devenus , a leur grande surprise , nos meilleurs auxiliaires. M. Guers lui-meme nous a ete plus utile qu'il ne croit peut-etre , surtout lorsque , du haut de ia cliaire, il presenta le mormonisme comme une secte sortie des abimes de l'enfer ; car c'est apres ce discours que plusieurs de ses auditeurs sont venus nous demander des renseignements sur notre Eglise , et bientot apres le bapteme. Qu'il en recoive ici leurs remerciements.

Examinons maintenant quels sont les crimes imputes a

Joseph Smith , et voyons si le desinteressement et la mo-

ralite des temoins sont de nature a inspirer une entiere

confiance.

M. Bowes, souvent cit6 par nos adversaires, afllrme

que :

« J. Smith jurait parfois. Quand les Americains leverent la milice et investirent les Mormons a Far-West, le prophete entremela d'impreeations une harangue contre ses ennerms. » (Favez, page 36.)

II est bon de savoir que John Bowes est aussi un ministre, le primat d'une religion sui generis, qui lui est propre et personnelle , et naturellement hostile a toutes les autres sectes. On peut dire de lui comme autrefois d'Ismael : « Sa main sera contre tous, et la main de tous eontre lui. » (Gen., xvi, 12.) Sur quelle autorite s'appuie Bowes? Sur celle d'un apostat obscur, nomme Owens, qui serait reste parfaitement inconnu si cet auteur ne l'eut pas illustre.

« Mais qu'est-ce que cela, dit M. Favez, quand on a a constater, dans la vie du meme homme, le vol, l'impudicite, le meurtre! »

L'auteur des Fragments essaie de prouver le vol par une citation assez longue ou Ton raconte l'etablissement d'une banque a Kirtland , sous la raison Smith et Ge , etablissement qui bient6t fit banqueroute , apres quoi J. Smith esquiva les poursuites de la justice en s'enfuyant pendant la nuit au-dela des limites des Etats-Unis , et fut declare hors la loi. Transcrivons quelques passages de ce recit, et rappelons au lecteur qu'il est du, comme la plupart des calomnies lancees contre le Prophete , a un ministre anglican, le reverend J.-H. Gray, incumbent of St. -Barnabas, Douglas , Isle of Man , and late principal of the Church Missionary institution , Madras.

« Quand arriva 1'echeance des billets qu'ils avaient passes a leurs creanciers, ils emirent leurs propres billets en paiement. Mais comme on suspectait l'etat de leur caisse, plusieurs des creanciers demanderent a connaitre ou elle en etait. Smith l'avait prevu et s'etait fourni d'une centaine de boites toutes construites sur un meme modele, et avait imagine d'en remplir une d'un millier de dollars (5,420 francs). II remplit les autres de pierres, de plomb, de vieux fer, de debris, mais posa sur toutes une etiquette de mille dollars. Quand on vint aux informations, il ouvrit celle des boites qui contenait l'argent, montra les autreSj permit qu'on en appreciat le poids ,

et persuada a ses visitants que la maison avait en caisse une somme de cent mille dollars, lorsqu'en verite elle n'en avait guere plus de mille. II parvint ainsi a tromper la confiance et a augmenter largeinent le nombre des deposants a la banque Smith et Ce; il depouilla ainsi un grand nombre d'individus. » (Favez, page 37.)

Sans doute il est permis de s'appuyer des documents, mais seulement lorsqu'on les juge vrais et sinceres. Dans le cas contraire , la plus vulgaire probite interdit d'invoquer de telles autorites. Eh bien , le missionnaire Favez a considere le recit du ministre Gray comme tellement incroyable, qu'il a , de son propre mouvement , retranche deja la moitie de la somme , et qu'il a copie cent boites et cent mille dollars la ou Gray avait ecrit deux cents boites et 50,000 liv. sterl. ou deux cent mille dollars! 11 est devenu faussaire , cette fois , par depit d'avoir rencontre un ecrivain plus liardi que lui-meme ! (Voy. Gray's, Principles and Practices of Mormons , p. 54.) M. Pichot, bien entendu , repete cette monstruosite. Voila comment les ennemis du mormonisme ecrivent l'histoire ! Le mensonge de Gray est une mine tres feconde que nos adversaires exploitent a qui mieux. En est-ce assez pour ouvrir les yeux de leurs lecteurs?

Toutefois, cette accusation de vol, de banqueroute et de fuite nocturne doit etre repoussee plus categoriquement. Que Ton nous permette done d'entrer dans quelques details sur une question aussi delicate.

Une banque fut en effet etablie a Kirtland par les membres de l'Eglise et par actions de 50 dollars. Nous avons sous les yeux les statuts de cette societe , et si nous ne craignions pas de grossir cet ouvrage , nous les reproductions avec plaisir , car ils demontrent la droiture des hommes qui fonderent cette banque.

L'6tablissement portait le nom de Kir tland Safety society Bank. Le directeur et les autres fonctionnaires etaient nommes au scrutin par les actionnaires. Joseph fut elu president; mais loin de s'installer dans les bureaux, comme dit M. Favez , il continua a se livrer aux devoirs de sa mission.

« Tandis que lui-meme parcourait les differents Etats de l'Union pour repandre sa doctrine, quelques-uns de ses lieutenants dirigeaient l'exploitation agricole, d'autres administraient une banque, faisaient un journal et engageaient une violente polemique avec les Gentils, etc. » (Moniteur du 26 mars 1853.) »

Le 27juillet 1837, Joseph partit pour Toronto, dans le Haut-Canada , afin de visiter les Saints. G'est pendant son absence que les personnes chargees de la direction de la banque emirent des billets depassant le chiffre que Joseph leur avait conseill^ de ne pas atteindre. En meme temps Warren Parrish , caissier , effraye du retour du Prophete , prit la fuite , emportant avec lui , au dire du professeur Turner, une somme de 25,000 dollars. J. Smith demanda au magistrat F.-G. Williams l'autorisation de faire arreter le fugitif ; cette autorisation ayant ete refusee , le magistrat , qui etait membre de l'Eglise , fut immediatement destitue et plus tard retranche de l'Eglise, bien qu'il fut le second conseiller de Joseph.

Celui-ci , a son retour ; proposa des mesures propres a ramener l'etablissement dans une bonne voie ; mais , contrecarre par quelques-uns des directeurs qui voulurent persister dans la marche qu'ils avaient adoptee, il se retira de la presidence et publia l'article dont nous parlerons tout-a-1'heure. Sur sa proposition, ces directeurs furent retranches de l'Eglise.

Apres sa retraite, la banque continua de fonctionner

sous la direction des apostats qui la poussaient a sa ruine. Si elle a fait banqueroute , assurement ce n'est pas a Joseph qu'il faut l'imputer.

La soustraction de "Warren Parrish laissait l'etablissement dans des embarras serieux ; les billets n'etaient pas admis en paiement, decries qu'ils etaient par J. Smith luiineme, qui ne voulait pas que le public y attachat une valeur imaginaire. A ces deux ministres qui en imposent a leurs lecteurs, en presentant Joseph comme un escroc pratiquant d'infames manoeuvres pour extorquer l'argent et la confiance des capital istes , nous mettrons sous les yeux Particle suivant , publie dans le Messenger and Advocate de Kirtland, numero du mois d'aout 1837 :

Avertissement aux freres et aux amis de VEglise des Saints des Derniers-jours.

« J'eprouve le besoin de dire ici un mot concernant les billets de la Banquc d'assurance de Kirtland (Kirtland Safety society Bank). Je les invite, par le present, a se tenir en garde contre les speculateurs, renegats et tripoteurs qui dupent les hommes sans defiance, en cherchant a negocier ces billets, qui n'onl aucune valeur. Je blame et fletris de pareilles manoeuvres, aussi funestes a 1'interet du public qu'aux principes de la religion.

( Signe : ) J. Smith, junior.

Voila comment Joseph imaginait des boites et des etiquettes pour tromper ses creanciers. Et puisque nous par- Ions encore une fois de ces boites , a qui nos adversaires pensent-ils faire croire que des creanciers alarmes, quand ils venaient demander le paiement de billets echus , se servient contends de voir des boites et des etiquettes , ct d'en verifier le poids? Ces personnes demandaient le montant de leurs creances, et non a voir des boites etiquettes. Elles allaient verifier, dites-vous. Soit ; mais celui

qui veut verifier ouvre les boites et n'en laisse pas choisir une par le directeur de Fetablissement soupconne , se rapportant a 1' etiquette pour les autres. II faut supposer le lecteur bien niais pour lui conter de telles fables.

Dans les derniers jours de juillet 1 837 , J. Smith partit pour Toronto , dans le Haut-Canada , hors des limites des Etats-Unis, afin d'y visiter les Saints, comme nous l'avons dit plus haut. G'est probablement a ce voyage que nos ennemisfont allusion lorsqu'ils disent que le Prophete esquiva les poursuites de la justice ; mais Ferreur ( si e'en est une ) est facile a demontrer. J. Smith , en effet, etait de retour a Kirtland a la fin du mois d'aout ; son absence n'a pas dure plusd'un mois et trois jours. Le numero du Messenger and Advocate, publie au mois d'aout, contient, outre l'article que nous venons de citer, plusieurs autres avis signes de lui , notamment l'annonce d'un nouveau journal (Elders' Journal), qui devait paraitre et qui parut en effet dans le mois d'octobre, journal dont il etait Fediteur. Les proces-verbaux des conferences de l'Eglise prouvent qu'il a assiste a toutes les stances jusqu'au mois de Janvier de l'annee suivante.

Le 4 2 Janvier 1838, la persecution, fomentee par les apostats, ayant pris un caractere de cruaute et de violence inoui jusqu'alors, J. Smith dut s' eloigner de Kirtland. II se dirigea avec sa famille vers Far-West, Etat de Missouri (toujours dans les limites des Etats-Unis), ou il fut accueilli avec enthousiasme (1 4 mars). II y est reste jusqu'a F extermination ordonnee par le gouverneur Boggs.

Force de quitter Kirtland sans pouvoir regler ses affaires, il avait charge le colonel Olivier Granger d'y pourvoir dans les Etats de Fest. Celui-ci a rempli son mandat avec une telle loyaute, que les creanciers ont publie spontanement

di verses attestations propres a dementir les bruits facheux que les ennemis des Mormons avaient repandus. Nous citerons, entre beaucoup d'autres, les deux suivantes :

« Painsville, 19 octobre 1838.

» Nous soussignes, connaissant personnellement M. Olivier Granger, croyons fermement que les demarches qu'il a faites pour regler les affaires des habitants de Kirtland-Township (les Mormons expulses au commencement de 1838 ), lui font beaucoup d'honneur, ainsi qua ceux qui lui ont donne cette mission, et qu'il a procede d'une maniere egalement conforme aux interets deses mandants et a ceux des personnes qui etaient en rapport avec eux, ce qui prouve qu'ils n'ont eu aucune intention d'echapper a leurs creanciers.

(Signes :) Thomas Griffith, John S. Seymour. »

Autre attestation datee du meme lieu, 27 octobre 1 838 :

« Je certifie atous qu'il appartiendra, qu'ayant traite des affaires avec MM. Smith junior et Sidney Rigdon , ainsi qu'avec les membres de l'Eglise, pour une somme d' environ trois mille dollars, j'ai regu, au printemps de cette aunee, la somme entiere qui m'etait due, des mains du colonel Olivier Granger, a ma satisfaction.

» Je crois devoir ajouter ici que MM. Smith et Rigdon, et la Societe en general, ont toujours agi honorablement et loyalement envers moi, et que mes rapports avec eux ont ete aussi agreables qu'avec aucune autre societe de cette contree. Autant que j'ai pu me renseigner, et d'apres la connaissance que j'ai de leurs affaires commerciales, ils ont ete justes et bonorables, et ont fait tous leurs efforts pour regler leurs affaires et acquitter leurs engagements.

» Je dois ajouter encore que le colonel Granger, leur mandataire, a vraiment agi honnetement dans cette liquidation, et qu'il a accompli envers moi au-dela de ce que je pouvais raisonnablement esperer. Je me suis informe de la maniere dont il a regie avec d'autres personnes dans ce pays, et je sais- qu'il a liquide beaucoup d'affaires pour cette societe, et, je crois, a l'entiere satisfaction des personnes interessees.

(Signe :) John W.. Hawden. »

Telle fut la conduite de cet horame que MM. Gray , Fa-

vez et compagnie appellent voleur et banqueroutier ! •Voila cet escroc qui met les frontieres des Etats-Unis entre lui et la justice ! Ajoutons un fait , mais un de ces faits tellement authentiques et indeniables , que le sceau de l'erreur (sinon du mensonge) s'imprime a jamais sur le front de nos ad versa ires? Ecoutez ceci :

Le 29 novembre 1839, plus de deux ans apres l'epoque a laquelle, suivant eux, J. Smith, declare1 hors la hi, s'enfuyait pendant la nuit au-dela des limites des Etats-Unis pour echapper a la justice , ee meme J. Smith , accompagne d'Elias Higbee et autres sommites de l'Eglise, se

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