‹ Les morts fécondes \Chapitre 2 sur 3 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

M. Jacques Debout, étant infirmier militaire, un jour de l'année 1918, lut dans un journal que l'Académie française proposait comme thème de son concours de poésie *' Les Morts Fécondes *\ La nuit, comme il était de garde au milieu des blessés, ce grand sujet s'imposa à son esprit et un poème se forma, celui-là même qu'on va lire. La circonstance ajoute à la beauté de ces grands vers tragiques/

M. l'abbé Debout a été jadis professeur d'histoire à Meaux. Par la suite, il a fondé une université populaire à Paris dans le quartier du Marais. MM. Doumic, Fonsegrive et Chénon y prirent plusieurs fois la parole. Il paraît que les anarchistes y fréquentaient volontiers et entretenaient avec les organisateurs des rapports

courtois. M. Tabbé Debout, préoccupé de créer un ** théâtre chrétien", a composé deux mystères : Noël et La Miséricorde, et puis Les Voix de Jeanne d'Arc, qu'il fait jouer par des garçons et des jeunes filles des milieux populaires. 11 me dit qu'il a vu surgir ainsi des talents charmants. Ajoutons enfin que M.Jacques Debout dirige une revue religieuse Les Cahiers Catholiques, consacrés à rhagiographie, à l'apologétique, aux questions littéraires et patriotiques.

Comment ne pas aimer un indépendant, un solitaire de cette sorte, qui s'efforce tout naturellement d'enrichir des vies autour de lui et qui se développe en vue de fins supérieures, librement, sans se plier sur des modèles connus. En lisant '' Les Morts Fécondes ", en apprenant ce qu'est l'auteur, on applaudira deux fois le vote de l'Académie.

Maurice BARRÉS.

De M. Frédéric MASSON

de r Académie Française.

Au lendemain de la lecture du Poème " Les Morts Fécondes " faite en séance solennelle à l'Académie Française M. Frédéric Masson, « très heureux de pouvoir répandre les nobles idées contenues dans ces belles pages », écrivait le 1 6 décembre dans Le Gaulois ces quelques lignes :

« Nul, à TAcadémie, ne savait que Jacques Debout, qui avait

^ envoyé au concours ce poème, se nommât l'Abbé Roblot, bien

(( connu, paraît-il, par ses Lettres d'un Militant et bien d'autres ; car

« depuis 1872 qu'il est né à Saint-Sauveur-le- Vicomte, Jacques

<( Debout, fondateur de l'Université Populaire l'Espérance , a

(< publié près de dix volumes, parmi lesquels des poèmes ou des

^ drames : Le Soleil de Justice, Le Mystère de Noël, Le Mystère

(< de la Miséricorde, des études sociologiques et des conférences

« patriotiques. Mais il faut l'avouer, sa réputation paraît avoir été

(< cantonnée dans un milieu que nous connaissons mal, mais où 1 abbé

<ï exerce plus utilement son apostolat. Il en sort à quarante-sept ans

(( par ce poème lyrique et vigoureux dont M. Maurice Donnay a

<ï bien voulu se faire l'interprète.

<ï Couronné à l'unanimité par l'Académie, sans même une ombre « d'hésitation, parmi un nombre très considérable de concurrents, ce <ï beau poème a mérité le grand prix de poésie, le prix de l'Etat, « le PRIX DE LA FRANCE. »

Frédéric Masson.

Jacques "DEBOUT

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