‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 103 sur 277 · Jacoby, op. cit.f p · texte numérisé non relu

Jacoby, op. cit.f p

2. Histoire des guerres d* Italie y composée par M. François Guichardiftf gentilhomme florentin, et traduite d^ italien en

français par H, Chousedey, Parisien. Nouvelle édition diligemment reveue et corrigée, à laquelle ont esté adjoustées les Observations politiques, militaires et morales du sieur de La Noue, etc., etc., 1593, in-5'; citée par Le Roux de Lincy, yiede la Reine Anne de Bretagne, t. I, p. 95-7.

11 est certain que le Roy Charles, dès son enfance, fut de complexion fort délicatâj et de corps malsain, de petite stature * et de visage (si tu luy eusses osté la vigueur et dignité des yeux) fort laid, ayant les autres membres pro- * portionnez, en sorte qu'il ressembloit plustot à un monstre qu'à un homme.

Sans nous arrêter à ce que ce jugement a d'exagéré, retenons-en seulement cette indication : que le roi Charles était d'un tempérament débile, et demandant de grands ménagements.

S'il faut en croire cette mauvaise langue de Brantôme, il ne fut pas toujours raisonnable et malgré la laideur que lui prête le chroniqueur Florentin dont nous venons de reproduire le texte, il acquit une réputation de coureur de guilledou, qui n'est peut-être pas, hâtons-nous de le dire, tout à fait méritée.

Brantôme n'hésite pas cependant à affirmer que le roi mourut '« pour aymer trop les dames et s'y estre par trop adonné en sa débile complexion et faible habitude. » Un peu plus loin, il prétend qu'on attribua la mort du roi à une apoplexie et même qu'on parla de poison * .

Reportons-nous, pour en décider, au récit dé cette mort, tel que l'a résumé le biographe

i. C'était, ditComines, « un petit homme de corps. »

2. Cf. Œuvres de Brantôme y éd. Lalanne, t. 11, p. 33^ et suiv.

3. Brantôme dit : <c L'on parla fort diversement du genre de la mort de ce grand roy. Aucuns le disoient mort d'un catarrc ou apoplexie, à laquelle il ne pouvoit estre subject vu sa complexion débille et son naturel point y adonné : car il n'estoit gros, gras ny replet; et tels gens y sont subjects. Aucuns disoient qu'il avoit eu le boucou italianOf d'autant qu'il menaçoit fort l'Italie, et le craignoient. » T. 11, p. 21 des Œuvres complètes f in -8*.

d'Anne de Bretagne *, d'après les relations contemporaines. Nous verrons ensuite à l'interpréter.

Le samedi 7 avril, veille de Pâques fleuries, la cour se trouvait au château d'Amboise^ vers deux heures après midi. Charles Vlll quitta la chambre de la reine, et se dirigea avec elle vers les fossés du château pour assister à une partie de paume qui y était engagée; il fallait traverser une petite galerie qu'on appelait Galerie HacqueUbaCf du nom d'un de^ anciens gardiens ; c'était le plus sale endroit du château, car chacun y venait sans se gêner.

En y entrant, Charles Vlll, malgré sa petite taille, s$ heurta rudement U front à la porte \ il continua pourtant son chemin, resta quelque temps à regarder les joueurs, causant avec les uns et les autres. Au moment où il disait : f espère bien ne commettre aucun péché soit mortel, soit véniel.», il tomba pour ne plus se relever. Étendu sur une mauvaise paiîlasse, qu'on jeta en hâte à l'entrée de cette galerie, il expira vers onze heures du soir*, n'ayant pu dire que ce peu de mots, à trois reprises : « Mon Dieu, Vierge Marie, Monseigneur saint Claude, Monseigneur saint Biaise me soient en aidel »

11 était à peine âgé de vingt-huit ans.

Les circonstances de ce récit ont été empruntées à Philippe de Comines (liv. 8, ch. xxv), qui les tenait de Tévêque d'Angers, confesseur du roi ; mais le texte de l'historien de Louis XI ne nous a pas été rendu dans son intégrité par Le Roux de Lincy : « 11 marcha, dit Comines, quelque trois ou quatre pas en avant, puis il fut tout à coup atteint d'un catarrhe (?), qui lui tomba dans la

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