I. Michelet, Histoire de France au Xyp siècle, Paris
pagation du mal de son point dp départ aux régions du voisinage. Des documents de l'époque nous apprennent que c'était l'oreille gauche qui suppurait : cet écoulement, joint à l'obstruction de l'arrière-cavité des fosses nasales, devait apporter une entrave sérieuse à l'audition : le roi, en effet, était dur d'oreille *. On sait encore que François II parlait du nez '.
Or, nos sens sont éducateurs. Et s'il est vrai que : Nibil est in intelleciu,quod prius nonfuerii in sensu, nisi intellectus ipse », quelles immenses lacunes dans ce cerveau royal ^ !
11 était sournois, triste, méfiant, hypocondriaque: un malade dur d'oreille ne s'imagine-t-il pas, en effet, quand il voit l'entourage rire, que c'est à ses dépens? N'en arrive-t-il pas à se suggestionner insensiblement et à se persuader qu'une vaste conspiration s'organise contre lui: d'où parfois un délire des persécutions, qui ne reconnait pas d'autre cause... qu'une amygdale végétante.
Mais il y a chez le roi François II autre chose pour expliquer son infantilisme prolongé, c'est-àdire l'arrêt de développement que nous avons signalé. Ce jeune prince appartient à cette branche des Valois-Orléans-Angoulême où l'on ne compte plus les dégénérés, tant ils sont nom-