Baschet, op. cii
a. Cimber et Danjou, Archives curUnses de VHisioire de Fratice, i" série, t. Vlll, p. 341 et suiv,
3. « Entre toutes les sciences il s'attacha d'affection à celle que le Roi son père chérissoit davantage, je veux dire la musique, en faveur de laquelle il fît estime de bons chantres, et entre tous d'un chastré nommé Leroy, leqiiel non seulement il ne se conteiitoit pas d'entendre, mais luy-mesme se mesloit dans le chœur des musiciens, pour chanter en partie ; il leur donnoit outre leurs gages, des bénéfices de grand revenu, et sçavoit bon gré à ceux de ce mestier qui se faisoient valoir. » Cimber et Danjou, hc. cit.
11 veut à tout prix la fatigue : il reste à cheval douze ou quatorze heures consécutives; it va ainsi, chassant et courant à travers bois la même bête, le cerf, jusqu'à des deux et trois jours, ne s'arrêtant que pour manger, ne se reposant qu'un instant dans la nuit. Aussi a-t-il des mains calleuses, rugueuses, pleines de coupures et d'ampoules.
«Lorsque Sa Majesté mourut, dit l'ambassadeur italien Cavalli, il ne lui manquait plus qu'un mois pour avoir accompli sa vingt-quatrième année; si elle n'eut point détruit sa complexion par les exercices dune violence inouïe auxquels elle se livrait, peut-être eût-elle vécu davantage. C'est une chose à ne point croire, que les insupportables fatigues qu'elle prenait à la chasse*, et quand elle n'y pouvait aller, — c'était d'ailleurs bien rare, — elle s'adonnait aux armes, à la paume. Bien plus, ce roi poussait la recherche des exercices violents jusqu'à battre une enclume trois et quatre heures durant, usant d'un marteau énorme, forgeant un corps de cuirasse ou toute autre arme solide, et rien ne le rendait plus glorieux que de lasser ses rivaux. Lorsque l'un d'eux renonçait à la lutte, Sa Majesté ressentait à cette défaite un plaisir merveilleux. »
I. « Dès sa jeunesse il s'adonna si fort à la chasse qu'on peut dire qu'il estoit fol de ce pénible exercice, qui le rcndoit efrant nuit et jour dans les forests, jusques à perdre le boire et le manger, aussi bien que le repos du sommeil, pouc satisfaire sa passion. On voit un livre qu'il composa des armes et des engins nécessaires à la vénerie, comme aussi des moyens de prendre les bestes et de les forcer dans leurs retraites, lequel il donna à traduire en latin à un sçavant de la Cour. . . » Cimber et Danjou, hc, cit.
Dans les derniers temps de sa vie, Charles IX s'occupait d'écrire un livre sur la chasse au cerf, chasse où il avait acquis une très grande expérience. On parlait beaucoup parmi les gentilshommes de cet ouvrage : l'ambassadeur Cavalli n'omet pas de le mentionner dans sa relation :
«Je ne veux pas omettre comme détail que la chasse étant son amusement favori, il avait composé un livre qui en traitait, et qui, d'après ce que j'ai su, était tel qu'on ne pouvait voir chose plus parfaite en cette matière ».
C'est le Livre du Roi Charles *, livre qui nous autorise à dire que Charles IX était plutôt chasseur que Roi *.
Si nous avons insisté sur ce goût singulier de Charles IX pour la chasse, c'est qu'il dénote, selon nous, des instincts de cruauté, qui avec l'âge ne feront que se développer.
Ce continuel acharnement après les bestes, écrit un chroniqueur ', le rendit sanguinaire, mais contre les seuls animaux; car on ne remarque point qu'il ait jamais tué personne de sa propre main, mais bien qu'il couppa le col en
1. M. Henri Chevreul a publié naguère l'intéressant Livre du Roi Charles, d'après le manuscrit de la Bibliothèque de rinstitut. Cette édition a été fort soignée, tant au point de vue littéraire qu'au point de vue typographique (Paris, chez Auguste Aubry, 1859. Imprimerie Bonaventure et Ducessois.)
2. Le Roi n-a pas fmi cette étude singulière, il n'a pu composer que vingt-neuf chapitres; son livre a été interrompu par cette maladie si violente qui, déclarée le 20 mai 1574 d'une manière inquiétante, en peu de jours lui ôta la vie.