Cimber et Danjou, Inc. cit
présence de ceux de sa suite à quelques asnes qu'il rencontra en son chemin; encore les payoit-il à ceux auxquels ils appartenoient. 11 tuoit aussi des pourceaux, et sans épargner ses mains dans leur sang, leur arrachoit les entrailles, et les habilloit avec autant d'adresse qu'auroit fait un garçon charcuitier. Un jour qu'il voulut aussi tuer le mulet du sieur de Lanssac, l'un de ses plus favorys : « Quel différend, Roy très chrestien, luy dit-il, peut estre survenu entre vous et mon mulet? »
Ne voyez-vous pas se silhouetter déjà le sinistre et falot personnage, qui présidera aux massacres de la Saint-Barthélémy ; le cerveau faible et insensé, qui laissera tout au moins se consommer le monstrueux attentat sans rien faire pour Tempêcher? Encore, s'il faut en croire un de ses contemporains, aurait-il eu un rôle plus actif qu'on ne Ta dit dans cette tragédie : ne prit-il pas une grande arquebuse de chasse pour tirer <c tout plein de coups » sur les mécréants ? Et incessamment criait : « Tuez! tuez ! » *
N'alla-t-il pas repaître ses yeux du spectacle des débris sanglants de ceux qu'on avait,par sesordres, exterminés? N'insulta-t-il pas, avec un air d'odieuse forfanterie, aux restes de l'amiral Coligny? Mais tout cela, c'est de l'histoire connue.
Un de ceux qui observèrent le jeune roi en 1564, l'ambassadeur Marc-Antonio Barbaro, fait cette observation : que « son teint tourne au pâle, son corps est bien pris, quoique maigre un peu trop.
« Ses jambes sont grêles et sans proportion avec