XVI INTRODUCTION
saurait donner une explication vraiment scientifique de la mort d'un sujet quelconque, qu'il habite un palais ou une chaumière, qu'après avoir étudié les phases de l'évolution morbide qui aboutit à sa déchéance finale. Même dans le cas où cette déchéance ne s'est pas manifestée pendant la vie par des signes révélateurs, la nécropsie nous fournit presque toujours des indications qui nous permettent de formuler des conclusions pli^s ou moins précises.
Ces conclusions ne vont pas, en effet, sans comporter parfois des réserves, et ceux-là seuls pourraient nous reprocher nos hésitations qui se croient en possession d'une méthode sûre, presque infaillible. C'est l'éternel conflit de la science et delà philosophie, et, comme Ta dit M. Brunetière, ce désaccord n'est pas moins nuisible au crédit de la philosophie qu'à la légitime autorité de la science*. Pourquoi, dès lors, ne pas reçter chacun dans son domaine propre ? Pourquoi ne pas nous contenter de poser les problèmes, d'apporter au besoin des éléments de discussion qui peuvent hâter leur solution, laissant aux sociologues et aux historiens la tâche d'en tirer les conséquences que nous leur faisons cependant entrevoir? C'est qu'il arrive souvent en histoire que les questions que l'on croyait les plus définitivement tranchées viennent à se poser de nouveau. Il suffit de la décou-
\,. La Revue politique et littéraire, 7 avril 1877.