INTRODUCTION XV
vénients qui pourraient résulter de nos investigations posthumes étant bien légers, en regard des avantages que l'histoire ne saurait manquer d'en retirer.
C'est un préjugé encore trop répandu que l'autopsie constitue un outrage à la dignité humaine. L'examen des viscères passe, à tort, pour être une marque d'irrespect, qui blesse les croyants dans leur foi et dans leurs sentiments les plus intimes. A cet égard, les rois nous ont donné un exemple que devrait bien méditer le vulgaire.
Cétaitunerègleàlaquelleiln'était presque jamais dérogé, de soumettre leurs corps à un examen post mortem, afin de préserver leur descendance des maladies qui la menaçaient. Quelle source précieuse d'informations ne posséderions-nous pas si ces prescriptions avaient été introduites dans le protocole des cours dès les premiers âges de la monarchie; si surtout chaque monarque avait eu le soin de faire tenir une sorte de compte-courant de ses moindres indispositions, à l'exemple du journal que nous a légué le brave Héroard sur l'enfance de Louis Xlll, ou du Journal de la Santé du grand Roi, rédigé par ses archiâtres !
Si nous déplorons cette lacune, ce n'est pas que nous ayions eu jamais le dessein d'asservir à l'état physique des personnages leurs déterminations morales; ni de tirer des inductions à longue portée des défaillances passagères de leur organisation physiologique. Mais on ne