‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 147 sur 277 · V. notre Cabinet secret de l'Histoire y 4* série · texte numérisé non relu

V. notre Cabinet secret de l'Histoire y 4* série

4. Ainsi Tatteste cette curieuse lettre, écrite par Henri IV à Marie de Médicis, et dont nous avons trouvé le texte dans un catalogue d'autographes de M. Noël Charavay : elle est datée de Château roux, 27 octobre (1605) :

« Mon cœur, je pansoy courre hyer un serf, venant ycy, mais je me treuvé sy mal que je n'exécuté point ce desayn. fay prins niêdecyne aujourd'hui, qui me mène comme yl faut. Je partiré demayn pour aller à Vatan et samedy à la Mesonfort. J'cnvoye ce porteur vysyter M' de Monpansyer et me réjouyr avec son mary et son oncle de leur fylle. Chaque jour que je passe me dure un syede. pour l'anvye que j'ai de vous voyr. Yl n'y a rien de nouveau. Bonjour mon cœur. Je te bese un mylyon defoys. »

Avant d'aller voir ses maîtresses, il prenait également médecine, témoin ce curieux billet, adressé par le Vert- Galant à sa Gabriel le :

«... Sy je me porte tant soyt peu bien je ne prandcré poynt médecine demayn pour vous voyr.

« Je vous donne encore un mylyon de besers. »

Ce billet a paru dans Mes voyages aux environs de Paris, par Delort, p. 227-228.

peu de goût pour les autres drogues ou remèdes. Il aimait pourtant à s'entourer de médecins, et en faisait parfois venir de très loin* ; il avait confiance en eux, sans cependant suivre rigoureusement leurs prescriptions.

D'après les médicaments qu'il consomma on peut présumer la nature des incommodités qui l'assaillirent. 11 souffrit de l'estomac, pour lequel on lui recommandait Tusage de Tabsinthe et de l'aloès. 11 croyait à la vertu des eaux thermales — voire même aux bains de mer-!

11 avait été blessé à Aumale-* et il se ressentit assez longtemps de cette blessure. Mais il se préoccupait moins des suites de cet accident, auquel il se savait exposé que de sa gravelle ou de sa goutte. Encore mettait-il une certaine coquetterie à ne pas laisser paraître au dehors que cette dernièreaffectionpûtle rendre perclusetimpotent*.

On ne saurait donc prétendre que Henri IV jouissait d'une excellente santé quand le poignard de Ravaillac vint brusquement interrompre le cours de sa vie.

On a pu ' reconstituer de façon très précise le drame dans ses moindres péripéties.

i.Cf. de Lagrèzc, Henri /K; Germain, Deux lettres inédites de Henri ly, concernant l'Ecole de Montpellier y etc. : V. aux Pièces justificatives la note A.

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