Cf. note A aux Pièces justificatives
5. Nous empruntons le récit de l'assasinat à M. Ed. Beaurepaire, qui s'est montré en la circonstance historien très scrupuleux et très exact, ainsi que nous avons pu nous en assurer en puisant aux sources. L'article de M. Beaurepaire Petit Bleu, du 8 juin 1899.
Au coucher du soleil d'une des premièies journées du mois de mai 1610, Ravaillac, ayant vainement cherché un gîte dans la ville, toute obstruée alors par la foule des étrangers qu'attiraient les fêtes du sacre de la reine, Ravaillac arriva vers la porte Saint-Honoré, à la hauteur du numéro 163 actuel.
Un peu avant les Quinze- Vingts, notre rue de Rohan, il S'arrêta et tentant un dernier effort, il entra dans une hôtellerie où l'on ne put le recevoir encore. Un couteau à lame large et pointue était sur une table ; il s'en saisit, au moment où la servante qui venait de lui parler se retournait, et il sortit.
Alors, pressant sous son vêtement l'arme dérobée, il franchit la porte et s'engagea dans le faubourg, tout peuplé de tavernes et de guinguettes s'accrochant au flanc de la butte, que l'ouverture de l'avenue de l'Opéra a fait disparaître.
11 n'alla pas loin; sur l'emplacement du numéro 197, faisant face à l'hôtel Gaillon que le portail de l'église Saint-Roch a remplacé, se trouvait un cabaret, d'apparence plutôt modeste : les Trois- Pigeons. Ravaillac y heurta et l'hôtelier le reçut. Le 14 mai au matin, il en sortait, et, à quatre heures un quart, rue de la Ferronnerie, exactement en face le numéro 8, il frappait mortellement le vainqueur d'Arqués et de Vitry *.
1. Bizarre coïncidence ! On sait que ce fut à la faveur d'un embarras de voitures, causé, comme toujours, par l'étroitesse de la rue, que le fanatique put approcher du carrosse du roi. Or, le 14 mai 1=554, cinquante-six ans avant, le même mois et le même jour, Henri 11 avait signé des lettres patentes ordon-
Ravaillac s'était glissé près du carrosse sans être vu * et avait frappé le roi de deux coups de couteau -. Lepremiercoup, porté entre la deuxième et la troisième côte, n'avait pds pénétré. Dans le second, l'arme, passant obliquement entre la cinquième et la septième côte, avait traversé le poumon gauche et coupé « le tronc de l'artère véneuse à y mettre le petit doigt un peu au dessous de l'oreille (oreillette) gauche du cœur-^ ».
L'assassin était âgé de trente ou trente-deux ans. Il n'était pas marié. II avait été successivement clerc et valet de chambre d'un conseiller nommé Rosière, et devint ensuite praticien^ sollicitateur de procès et maître d'école^. Comme Clément, c'était un halluciné*, qui prétendait avoir des visions •. Il ne paraît pas avoir obéi à des suggestions étrangères : c'était, comme nous dirions
nant Télargissenient de la rue de la Ferronnerie ! Ce n'est pas à dire assurément que Ravaillac n'eût point fait son coup ailleurs, si la rue eût été élargie; et cependant... qui sait ? (Ed. B.)
1. « Chose surprenante, dit Lestoile, nul des seigneurs qui étaient dans le carrosse n'a vu frapper le roi et si ce monstre d'enfer eut jeté son couteau, on n'eut su à qui s'en prendre ; mais il s'est tenu là comme pour se faire voir et pour se glorifier du plus grand des crimes. »
2. Cf. dans la Chronique médicale , i*' juin 1900, notre article sur les Poignards bisioriques.
5. V. aux Pièces justificatives le rapport de l'ouverture du corps de Henri IV (note B.)
4. Procès de Ravaillac (iùïo)^ brochure de notre recueil factice précité.
5. Cf. dans les Archives curieuses, etc., de Cimber et Danjou, t. XV, VHistoire de la mort déplorable de Henri /A^,.par P. Mathieu.
ô. Idem, pp. 115-6 et 128.
aujourd'hui, un solitaire*. Il y avait plusieurs jours déjà qu'il cherchait à se mettre sur le passage du roi pour l'assassiner; il a fallu un embarras de voitures, et un moment d'inattention du roi et des gentilshommes qui l'accompagnaient — le roi était en cet instant penché du côté du duc d'Epernon, le dos tourné à l'assassin — pour qu'il ait pu réussir son coup.
Henri IV devait, du reste, s'attendre à succomber sous le poignard d'un assassin : il avait été l'objet de pas moins de dix-huit tentatives d'assassinat -, sans compter les complots ''.
On a voulu attribuer à Ravaillac une foule de complices : la maison d'Autriche, le duc d'Eperon la marquise de Verneuil, Marie de Médicis, etc. La lecture des pièces du temps nous a permis de