‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 156 sur 277 · RELATION INÉDITE DE \A DERNIÈRE MALADIE DE MARIE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

RELATION INÉDITE DE \A DERNIÈRE MALADIE DE MARIE DE MÉDICIS

La Royne s'estant bien portée deux mois et demi avec bon appétit et dormant assebien à son ordinaire son corps se remplissant peu à peu et son naturel du visage luy estant revenu le 14 du mois de juin, elle a commencé à faire moins d'urine qu'à l'ordinaire et avoit des sueurs les nuitées qui la contraignoient de changer de chemise et de linge à la teste, elle estoit dejour eschauffée et beuvoit à ses repas plus qu'à l'ordinaire démanche 23 elle eut un petit flux de ventre de«sérosités qui continua la nuit et le lundy 23 qui fut cause qu'on ne luy donna point son médicament qu'elle avoit accoustumée de prendre tous les 15 jours et au lieu elle eut deux lavements détersifs. Jeudy matin a6 à huit heures la fiebvre reprit avec des petits frissons de douleurs par tout le corps, elle fut de la sorte près de 3 heures avant que d'entrer dans le chaud et en toute Taprès dinée la fîebvre très forte et la nuit suivante eu la fiebvre, elle beut plus de 3 pintes à cause de la grande altération et rendu fort peu d'urine non obstant son breuvage fut limonade et ptisane avec cristal minéral, elle avoit durant l'accès la courte

1 . Ce manuscrit autographe n'est point signé, mais il est presque certain qu'il a été rédigé par un médecin ou écrit sous la dictée d*un homme de l'art, car il abonde en termes techniques.

haleine très grande; sur le matin dormit quatre heures de suite et autant vers les huit heures ; la fiebvre estant passée et voyant l'abondance de sérosités qui s'estoient jettees sur ses cuisses quelle faisoit peu d'urine et que les eaues arrestées pouvoient croupir vers les poulmons qui lui augmantoient la difficulté de respirer nous luy donnâmes un petit hydragogue pour évacuer les eaux elle n'en vuida qu'une pinte, la nature faisant un mouvement contraire sur les jambes : la nuit du vendredy au samedy elle se plaignit d'une douleur à la jambe gauche et la regardant nous trouvâmes une eresipèle qui fut esteinte en vingt quatre heures avec loxicrate et l'eau rose. Il luy revint une plus grose à la cuisse droite puis à la jambe jusques au pied qui a commencé dimanche au matin et s'est toujours augmentée; elle eut la fiebvre dimanche au soir avec estouffement à cause de leresipete laquelle se passa lundy matin par deux grandes sueurs, nous voulûmes saigner sa ma"* à cause dudy eresipèle et aussy pour soulager sa poitrine mais le chirurgien se trouvant malade avec la fiebvre ne peut la saigner : Mardy du grand matin luy prit un grand tremblement suivy 'de fiebvre et un petit poulx : On a tenté la saignée sur les 1 1 heures et n'est point venu de sang la vene n'estant pas bien ouverte à 1 heure du matin on a apperceu une petite noirceur à la jambe droite qui est fort accreue jusques à 10 heures; la regardant à deux heures après midy elle s'estoit estendue à la largeur d'un patacon avec pustules qui separoient lepiderme ce qui nous a fait appréhender la gangrène. La dessus sont arrives meseigneurs les nonces qui ont disposé sa majesté a se conféser et communier et cependant avons appelle les trois plus célèbres et expérimentez chirurgiens de la ville de Cologne pour consulter sur ces accidents qu'ils ne jugent pas estre dangereus arrivant assez souvent aux érésipèies de ce pais, on y a fait des remèdes pour cette nuit et avons trouvé le matin 2 juillet à 5 heures ï'épiderme emporté, la peau ulcérée et asses belle les forces meilleures et semble que la nature se relève qui estoit hier tout à fait abbatue et par ses selles nous voyons un commencement de bonne coction dans les heumeurs. Si nous

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