V. aux Pièces justificatives la note A
En 1632, à Metz, pour la première fois on constate de la toux à la suite d'un excès de chasse ; le ventre est toujours tendu ; à Saint-Germain, pendant le carnaval, il a un embarras gastrique fébrile, probablement après de trop copieux repas ; puis, à Chantilly, goutte, hémorrhoïdes et toux.
En 1653, séjour à Forges, où il rend des gravieis.
En 1654, en Lorraine, encore de l'entérite, et des poussées de goutte ; puis, pendant trois ans, sa santé se raffermit : il y a une amélioration sensible. Le dauphin naît en 1638 et son père manifeste de nouveau son nervosisme : insomnie, goutte, fièvre tierce et sueurs.
En 1640, à Chantilly, rhumatisme au genou gauche.; à Montreuil, à Hesdin, il retombe malade. A Dijon, àNuits, diarrhée dysentériforme, sans qu'on signale plus de toux.
En 1641, à Chalon-sur-Saône/fièvre pendant huit jours avec embarras gastrique. '
Puis l'expédition du Roussillon se prépare, au commence- . ment de 1642 : avant Narbonne, il est pris par la goutte ; à Frontignan, entérite; puis à Narbonne, longues insomnies, quelque chose à l'anus, peut-être hémorrhoïdes, peut-être abcès, toujours diarrhée; au camp, fièvre avec violentes douleurs abdominales, membranes sanguinolentes dans les selles, et toujours pas de toux ; c'est alors seulement que les médecins commencent à s'inquiéter. Mais il y a encore une accalmie, sans guérison cependant, puisqu'en novembre de la même année on constate encore de la fièvre le matin.
Et nous arrivons à la dernière maladie (février 1 64 ?), où, s'il est vrai que dominent toujours les symptômes intestinaux, cependant la toux et à la fin l'oppression viennent s'ajouter au tableau : on nous dit que Bouvard, vers février, , avait diagnostiqué un abcès du poumon.
Les lésions cadavériques, nous le montrerons tout à l'heure, sont bien vraisemblablement tuberculeuses ; mais, nous le répétons, il est difficile de préciser le début de l'invasion, il nous semble cependant que les intestins ont dû être atteints avant les poumons. En effet, pas de toux signalée avant 1632; et encore disparait-elle très rapidement, pour ne revenir qu'à la période ultime; jamais d'hémoptysies ni d'hématémèses ; et au contraire, dés 1627, entérite qui, malgré des rémissions, n'a pas guéri, jusqu'à la mort.
Peut-être cette vie au grand air, de voyage et de chasse, le roi dormant les rideaux relevés dans des pièces mal closes, à peine vêtu le jour et sans souci des intempéries, était-elle hygiénique pour les poumons ; tandis que les excès de table, Tabus des mets épicés, et l'usage immodéré des remèdes absorbés « a posteriori », provoquant et entretenant l'inflammation des intestins, les avaient mis en état de réceptivité.
Le D' Guillon, en terminant cette observation, conclut en faveur d'une entérite tuberculeuse primitive.
Cette forme, dit-il, est plus rare, mais elle n'est pas exceptionnelle t. Les causes prédisposantes en sont peu connues : on attribue généralement une influence très grande aux irritations du tube digestif.
Voyons maintenant quels sont les signes classiques de Tentérite tuberculeuse.
Qu'elle soit primitive ou secondaire,c'est toujours la diarrhée qui débute comme symptôme. La tuberculose ulcéreuse de l'intestin est souvent précédée d'une entéralgie particulière ; les évacuations ont parfois un caractère pressant : notre malade en a présenté un exemple à Saint-Quentin. Au début, selles mi-liquides^ mi-solides ; dans la forme^ dite colite diphtéritique (Andral), des lambeaux de muqueuse sont évacués dans les selles, comme cela est arrivé au siège de Perpignan. Les selles sont blanchâtres ou grisâtres au début (Lyonnet dit : cendrées) ; puis elles se foncent, deviennent gris noirâtres et bientôt complètement noires; leur odeur est spéciale ; avec les ulcérations, la diarrhée prend une fétidité exagérée, presque gangreneuse (Dubois en a bien noté la puanteur.) Les symptômes généraux sont caractéristiques : peau terreuse et sèche, amaigrissement rapide, cachexie qui
1 . V. Courtois-Suffît, Maladies de Vintestin, dans le Traitide mideeine de Charcot et Bouchard. Paris, 1893.
augmente avec l'évolution successive de la diarrhée. La torme primitive de l'entérite tuberculeuse a une marche continue» progressive, mais qui peut être lente ; la diarrhée une fois installée ne cède plus, et la mort arrive presque sans signes pulmonaires.
D'après les symptômes cliniques Louis XIII était atteint d'une entérite tubeiCttUuse, vraisemblablement primitive.
M. Guillon examine ensuite ks symptômes delà dernière maladie du roi pour tâcher d'établir un diagnostic clinique encore plus précisa Nous arrivons de suite aux conclusions.
En résumé, conclut le D' Guillon; dans la dernière maladie de Louis XI IP, les manifestations intestinales dominent, et